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et les autres missionnaires du district de Saint-Laurent voulurent le mettre
432 REVUE FRANÇAISE ment. Ce n'est pas la lutte d’un petit peuple contre l'oppression qui s'engage. Ce n'est pas la lutte d'un peuple qui défend ses autels et ses foyers. C'est le combat de la sauvagerie contre la civilisation,
Si les troupes de Middleton étaient arrivées cinq jours plus tard, m'a dit un évêque du Nord-Ouest, tout le pays était mis à feu et à sang. Elles n'ont pu empêcher, cependant, le meurtre de beaucoup de blancs, de plusieurs agents du gouvernement, le pillage, l'incendie de beaucoup de maisons, la captivité, les traitements crueiïs, honteux de plusieurs femmes. Elles n'ont pu empêcher l'assassinat de deux saints missionnaires, de deux mernbres de la congrégation des Oblats, l’un Français et l'autre Canadienfrançais, le Père Fafard.
On a soulevé les sauvages contre nous,' quand nous ne leur voulons que du bien. Nous traitons les sauvages avec beaucoup plus d'humanité et de générosité que nos voisins. Nous ne les exterminons pas. C’est notre première guerre indienne, tandis qu'elle existe en permanence, aux Etats-Unis. Nous travaillons à résoudre le difficile problème &e la civilisation des sauvages. C'est nous qui les nourrissons, qui les vêtissons, qui leur donnons des armes pour la chasse, des filets pour la pêche; c'est nous qui fournissons des instruments aratoires et des grains de semence à ceux, trop peu nombreux, qui veulent cultiver. Chaque année nous augmentons leurs subventions. Plus d’un million de piastres y passe. Que l’on juge de notre libéralité par quelques chiffres. En 1872, nous dépensions $ 35,834, en 1875, #4 131,339, en 1878, $ 377,134, tandis que cette somme s'élevait en 1882 à $ 1,027,216, ce qui représente à peu près le chiffre actuel. Pour les aider à sortir de la sauvagerie, à la demande des évêques, des prêtres du Nord- Ouest, nous les avons dotés d'écoles agricoles et industrielles. Dans la dernière année du gouvernement libéral, on ne comptait que trois écoles parmi les tribus du Nord-Ouest, tandis que ce nombre est aujourd'hui jorté à 53, lesquelles coûtent 812,241 par an ou $ 210 par école. Pour les former à l’agriculture, nous avons dès 1882 établi 27 fermes agraires, qui entrainent une dépense de plus de 870,000 par an. Non contents de ces largesses, nous leur avons même conféré l'affranchissement politique, dans une certaine mesure, à la dernière session. On a donc eu tort de leur faire voir des ennemis dans un gouvernement qui voudrait les rendre à la civilisation.