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OPINION DE LA PRESSE

Pour soulever le sentiment catholique contre le gouvernement, on a dit, que la mort de Riel avait été arrachée, décrétée par les orangistes. Où est la preuve? On se sert des orangistes comme d'un épouvantail. Ce qui est

nt (mai 86.) — N° 17, 28

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vrai, c'est que la presse anglaise, à de rares exceptions près, demandait que la sentence fût exécutée. Le Globe, le Free Press d'Ottawa et le Free Press de Winnipeg — trois des principaux organes du parti libéral — ont réclamé à grands cris la tête de Riel. Depuis mars jusqu'à octobre 1885, le Globe n'a cessé d'écrire que Riel méritait richement la mort. Avant sa capture, il demandait que le gouvernement mit sa tête à prix. Une fois pris, il déclara que le peuple tiendrait le gouvernement responsable de tout déni de justice, que l'on ne pouvait sauver Riel par le plaidoyer d'insanité, et que si on le déclarait fou, il faudrait agrandir considérablement nos asiles d’aliénés.

Le Free Press de Winnipeg écrivait que le gouvernement ne pouvait pes faire autrement que de pendre Riël, et que son exécution, jointe à celle des chefs sauvages, aurait un effet salutaire.

Le Free Press d'Ottawa paraît avoir changé d'avis, suivant les intérêts de parti, mais voici le langage qu'il tenait avant l'exécutin de Riel : « Louis » Riel connaissait bien la nature du sauvage et savait que son mode de » guerre répugne à nos idées de civilisation. Quand Riel conspira avec les » sauvages, il ouvrit les portes de la rapine et du meurtre, et pour cette » offense, il méritait le plus sévère châtiment. » Le Port Hope Guide s'écriait : » Si le chef rebelle n'est pas pendu, c'est parce que sir John Macdonald » n'osera pas se mettre en travers des Français de Québec. » Et je pourrais citer des douzaines d'autres journaux du parti libéral. Tous ont voulu du sang de Riel, tant qu’ils ont cru que le gouvernement ne laisserait pas la justice suivre son cours. Aussi, si le chef des métis n’avait pas été exécuté, ces mêmes journaux dénonceraient aujourd’hui le gouvernement comme ayant cédé de nouveau à l'influence des bleus, — ces terribles bleus de la province de Québec, — qui ont fait souche un peu partout, depuis l’Acadie jusqu’à Vancouver.

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