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CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

les chances de succès ne leur sont pas sans doute, au Canada, aussi brillantes, aussi générales. Ils y rencontreront, dans leurs métiers, de la concurrence ; dans les premiers temps de leur séjour, peut-être ne sauront-ils trop où se procurer de l’ouvrage. Ils ne se trouvent point dans la situation du cultivateur : le Canada est, avant tout, un pays agricole ; la terre peut s’obtenir à bas prix des anciens propriétaires, le gouvernement la donne ou la vend à un prix nominal ; ainsi, l’émigrant agriculteur, s’il possède de quoi vivre jusqu’à la première moisson, on peut dire, généralement parlant, que son avenir est assuré.

Pour le simple artisan, s’il veut émigrer, le mieux pour lui est de passer en Amérique aux gages d’un fermier de ses connaissances, qui louera ses travaux une première, une seconde et une troisième année ; pendant ce temps de service, avec le produit de ses épargnes, il lui sera facile de se créer petit à petit un établissement. Cependant nous devons dire que bon nombre d'émigrants, qui n'avaient pas le sou, débarqués sur nos bords sans aucune protection, sont parvenus avant longtemps à se faire une position aisée et indépendante, tant il est vrai que, dans les pays nouveaux, il est plus facile de faire son chemin et de renverser les obstacles qui s'opposent à la fortune.

Enfin, et remarquez bien ceci, les hommes qui appartiennent aux carrières littéraires ou aux professions libérales : avocats, médecins, notaires, journalistes, ainsi que les commis de magasin et les clercs de bureau, doivent bien se garder de passer au Canada ; car ils courraient grand risque d’y végéter,. Dans notre pays, l’éducation supérieure est donnée avec une surabondance qui va jusqu’à la profusion. Les carrièies libérales y sont encombrées ; il ya plus d’aspirants que d’élus.

OU EMIGRER ?

LES émigrants du centre de l’Et rope, parlant le français et pratiquant la religion catholique, auxquels nous nous adressons surtout dans cette brochure, sans pourtant faire acception de personne, préfèreront sans doute :

1%—La Province de Québec, province française et catholique par excellence, où ils retrouveront leur langue, leur foi, leurs lois et leurs mœurs ;

29— Manitoba, qui leur offre, en sus des avantages ci-haut énumérés, une plus grande facilité de s'établir sur des terres déjà toutes prêtes à recevoir le soc de la charrue ;

3°—Le Vord-Ouest canadien, où l’on peut se tailler de vastes propriétés, soit pour la culture, soit pour l’élevage des bestiaux, à même l’immensité des Prairies.

4%—La Colombie Britannique, sur les côtes du Pacifique, laquelle, de toutes les provinces

canadiennes, possède un climat, avec hivers pluvieux et presque sans neige, se rapprochant le plus de celui de l’Europe centrale.

Enfin, les portes de toutes les Provinces sont grandes ouvertes ; quelques-uns, pour des raisons personnelles, peuvent préférer la riche province d’Ontario, surtout le comté d’Essex et ses environs, où se dirige depuis quelques années un assez fort courant d’émigration française ; d’autres porteront leur préférence sur le Vouveau-Brunswick, la Nouvelle- Ecosse ou l'Ze du Prince-EÉdouard, toutes provinces, du reste, qui renferment, et en assez grand nombre, leurs groupes français.

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