‹ Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 209 · IV.—LE SOL · texte numérisé non relu

IV.—LE SOL

La question du sol doit toujours être importante pour l’émigrant, plus particulièrement lorsqu'il est invité à s'établir dans un pays dont les principaux avantages sont ceux qu'il ofñe au point de vue de l’agriculture. Le sol du Canada est la source de sa plus grande richesse et de sa force. Les terres couvertes de forêts, ses fermes souriantes, ses prairies riches et onduleuses sont les attractions qu’il offre à l’agriculteur. Ceci est vrai non seulement pour cette partie de son vaste territoire qui n’est pas encore colonisée, mais aussi pour toutes ses Provinces.

Comme le Manitoba et le territoire du Nord-Ouest ont été ouverts à l’émigratiOon plus récemment que les autres Provinces, il devient à propos de parler plus particulièrement du sol de ces districts, dans le chapitre qui se trouve inséré sous la rubrique provinciale. En attendant, disons que la grande fertilité du sol dans le Nord-Ouest est due à trois causes : en premier lieu, aux excréments des oiseaux et des animaux sauvages déposés sur les plaines ; en second lieu, aux cendres laissées par les feux qui, tous les ans, brûlent les prairies ; et en troisième lieu, à l'accumulation constante de matières végétales en état de décomposition. Et si l'on considère que d'immenses troupeaux de buffles et d’autres animaux ont pendant des générations erré sur les prairies ; que les oiseaux sauvages existent encore partout en grand nombre et que les feux ont pendant bien des siècles sévi dans le Nord-Ouest, il faut admettre que cette théorie est bien plausible.

Quelque soit la cause de la grande richesse du sol, en Canada, il y a un fait qui est d’une grande importance, c’est la profondeur du sol fertile des prairies, au Nord-Ouest, comme dans les autres Provinces. L'on a souvent dit, en parlant du Nord-Ouest surtout, que la profondeur de terre noire varie de un à quatre pieds, et quelquefois plus, mais l’on a eu des doutes sur la vérité de cette assertion. Le témoignage @es cultivateurs demeurant dans plus de cent cinquante localités du Manitoba, démontre que la profondeur moyenne de la terre noire est au-delà de trois pieds.

M. Stephen Macadam, professeur de chimie à Edingburg, après avoir donné une analyse du sol de Manitoba, ajoute qu’il est très riche en matières organiques et possède toutes les proportions de matières salives et fertilisantes que l’on trouve dans tous les bons sols,

Page 1