LEUR FERTILITÉ
Les grandes prairies de l'Ouest du Canada qui s'étendent depuis Win nipeg jusqu'aux Montagnes Rocheuses, renferment plus de 250 millions d'acres (cent millions d'hectares) de bonne terre arable. Il ven a de deux sortes : la prairie haute propre à la cul.ure du blé, et la prairie basse où le foin atteint de grandes proportions, bonne surtout pour l'élevage. C'est dans ce territoire magnifique, sans égal au monde, que
Le premier labour dans la prairie.
viennent, chaque année, chercher l'aisance et le bonheur, des milliers de cultivateurs d'Europe. C’est là que se trouve le futur grenier d'abondance: qui doit fournir à l'Europe la plus grande partie du blé qui lui manque.
Figurez-vous les grandes plaines de la Beauce, en France, couvertes de hautes herbes, entrecoupées çà et là des rivières et de bouquets de bois, se déroulant sur une étendue de plusieurs milliers de lieues, et vous aurez une faible idée de ce que sont lesprairies canadiennes.
Un sol noir comme de l'encre, d’une richesse extraordinaire. deux pieds d’humus, de terreau, de fumier pourri, reposant sur un fonds d’arile marneuse, telle est la composition de cette terre merveilleuse.
La profondeur de cette couche de terre noire d'ailuvion varie de un à quatre pieds; en quelques endroits, on à meme trouvé qu'elle attei-
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;gnait douze à quatorze pieds (3 mètres 60 à 4 mètres), et des analyses
chimiques ont établi que la terre des prairies est une des plus riches du monde et la plus propice à la culture du blé.
Cette grande richesse s'explique facilement par le fait que les ExCTÉments des oiseaux et des animaux, les cendres provenant des incendies des herbes sèches et la décomposition des végétaux se sont accumulés depuis des siècles et ont ététrecueillis sur un sol imperméable à la base d'argile, ancien lit d'une mer. Aucune partie du Canada ou de la France, à l'exception de quelques terrains d'alluvion, ne peut donner une idée de la valeur et de la qualité de cette terre.
Pendant 30 ans, on a vu des cultivateurs semer du blé à la même place et pendant ce temps, la récolte à toujours été la même, variant entre 15 et 40 minots à l'acre (15 à 35 hectolitres à l'hectare). Jamais on n’emploie de fumier, quelques cultivateurs prétendent même qu'il est nuisible. C'est sur ce territoire incomparable que le Gouvernement du Canada invite à s'établir les colons d'Europe, en les engageant à venir préndre leur part de ce riche patrimoine et en leur offrant gratuitement 64 hectares de bonne terre (160 acres).