‹ Cancer de la portion mobile de la langueChapitre 10 sur 22 · LEE · texte numérisé non relu

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foyers multiples démontables de un milligramme de radium par centimètre de longueur d’aiguille ; ces dernières permettent d'irradier une région profonde tout en respectant des couches plus superficielles. On sait d'autre part qu'un foyer de 1 milligramme trente-trois correspond à 0,24 millicurie détruit par vingt-quatre heures. À l’aide de pinces spéciales on introduit les aiguilles à un centimètre et demi l’une de l’autre de façon à cerner la lésion tout en restant un peu à distance d’elle. On en ajoutera ensuite quelques-unes à l'intérieur de la tumeur pour réaliser une irradiation homogène et pour que la dose totale qui dépend du volume de l’épithélioma, mais varie entre quinze et trente millicuries détruits soit donnée dans un délai de cinq à huit jours. Les foyers situés à la périphérie de la lésion sont d’ailleurs de beaucoup les plus importants. Les aiguilles, munies de deux fils, sont réunies deux à deux ou fixées à la muqueuse à l’aide du fil le plus fin alors que tous les plus gros fils sortent de la bouche et sont fixés derrière l'oreille au moyen d’un morceau d’adhésif. On pourra les passer dans un petit tube de caoutchouc afin qu’ils ne blessent pas la commissure labiale. Les fils ne seront pas tendus afin de permettre les mouvements de la langue. Il est d’autre part souvent commode. au cours de l’intervention, d’aspirer la salive,du malade au moyen d’une poire de dentiste.

On remarque que, dans les cas d’une radiumpuncture, la guérison de la lésion est certes obtenue par action radio-active, mais aussi par action caustique. Si, en effet, on donnait le même nombre de millicuries détruits à l’aide d'un appareil de télécuriethérapie les résultats seraient très inférieurs.

Pendant la durée de l'irradiation le malade reste au repos en évitant de parler et de faire des mouvements de déglutition trop violents ; d’ailleurs seule l’alimentation liquide ou semi-liquide est possible. On procède à de fréquents rinçages de bouche et la température est prise régulièrement. Une fois la dose désirée administrée on retire les aiguilles en prenant bien soin de couper le fil le plus mince et non celui qui sert à la traction. On observe parfois à ce moment une hémorragie d'abondance variable ; le plus souvent un simple tamponnementavec des compresses imbibées d’hémostatique suffit à la faire céder et ce n’est que tout à fait exceptionnellement que l'on doit recourir à une ligature de la carotide externe.

Somme toute, nous pouvons dire que la radiumpuncture est une méthode très peu choquante, ne nécessitant pas l’anesthésie

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générale, méthode dont les effets curatifs sont des plus intéressants, mais qui présente toutefois l'inconvénient d’être pénible: à supporter.

Rayons X

Quand il s’agit de traiter un cancer de la langue les rayons X constituent une méthode rarement employée et, le plus souvent, dans un but purement palliatif. |

On emploie à l’'Hôtel-Dieu le radiothérapie sous deux cent kilovolts avec des filtres d’un millimètre de cuivre et de trois. dixièmes de millimètre d'aluminium. On utilise trois portes d’entrée: deux champs angulo-maxillaires droit et gauche et un champ postérieur direct facultatif. La dose est de 200 à 250 r par séance à raison de trois par semaine, un champ se trouvant irradié chaque fois. La dose totale sera environ de 3.000 à 4.000 r pour chaque champ.

La radiothérapie sous cent kilovolts en application intra-buccale et la radiothérapie de contact ne sont pas actuellement employées à l'Hôtel-Dieu.

Chirurgie et électrocoagulation

Il se présente parfois certains cas où la radiumpuncture ne peut pas être employée pour guérir un cancer de la langue: âge du malade, dents en excellent état et que l'on désire conserver, langue ayant déjà été traitée par les radiations... On emploie dans ce cas la chirurgie ou plutôt l'électrocoagulation.

Le traitement chirurgical a tout d’abord consisté dans une excision de la tumeur au bistouri ordinaire. Cette méthode est actuellement abandonnée au profit de l’électro-chirurgie. Les effets de coagulation sont obtenus à l’aide de courants de haute fréquence (un million de périodes par seconde), mais ces effets sont très différents. suivant l’appareillage employé.

L'appareil à lampe triode fournit un courant à ondes entretenues qui réalise une section parfaite, mais une coagulation nulle. Il s’agit là du bistouri électrique qui constitue un instrument coupant parfaitement et toujours stérile, mais ne présentant aucun intérêt pour la chirurgie du cancer. il

L'appareil constitué par un circuit oscillant (condensateur, self et éclateur) donne un courant très amorti, par conséquent des trains d'ondes successifs. Le résultat en sera en effet coagu-

On utilise ant des te générateurs pu courants semi-entretenus, coupant et coagulant. Il s’agit également de générateurs à éclateur, mais au lieu de prendre le courant d’utilisation aux bornes de la self on le prend par induction ou par dérivation dans un deuxième circuit oscillant ne comprenant pas

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