‹ Cancer de la portion mobile de la langueChapitre 12 sur 22 · SAP · texte numérisé non relu

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Rayons X

Quand on veut traiter les ganglions d’un cancer de la langue par les rayons X ou le radium, il ne faut jamais faire l'irradiation en même temps que la radiumpuncture de la tumeur primitive. ‘On risquerait des ostéo-radionécroses du maxillaire soumis à -des doses massives par action des appareils les uns sur les autres.

La technique d'irradiation par les rayons X a été réglée par ‘Coutard à la Fondation Curie. On emploie une tension de 180 à 200 kilo volts filtés sur les deux millimètres de cuivre ou de zinc; la distance anticathode-peau varie entre cinquante et soixante centimètres. On tâchera d'éviter le plus possible les muqueuses grâce à l'orientation du faisceau. Habituellement on utilise deux portes d'entrée: champs latéraux cervicaux droit et gauche. La dose donnée sur chaque champ varie entre 3.000 et 4.500 r. selon l'étendue et le volume des lésions et sera étalée sur un mois environ. On surveillera de très près le malade pendant toute la durée du traitement mais il faut savoir que, tout au moins pour les adénopathies secondaires à un cancer de la portion mobile de la langue, les rayons X n'auront le pius souvent qu'un effet retardateur sur l’évolution des lésions. Actuellement, d’ailleurs, on ne réserve le traitement parles rayons X ou le radium qu'aux seuls cas où les ganglions sont fixés ; en effet, l'intervention chirurgicale donnerait alors de très mauvais résultats.

Radium

On peut, pour traiter des ganglions par le radium, employer trois méthodes: les appareils moulés, la radiumpuncture et la télécuriethérapie. Les indications sont les mêmes que celles des rayons À.

Les appareils moulés sont utilisés pour les adénopathies inopérables ou les ganglions restant après intervention chirurgicale incomplète. On commence par bien délimiter au craÿon dermographique l’ensemble de la région à.irradier. On modèle ensuite sur cette région une plaque de pâte Columbia ou de Nidrose. Il suffit de chauffer la pâte Columbia à 45° pour la rendre malléable ; on l’applique ensuite sur la région cervicale en appuyant modérément puis on la plonge dans l'eau froide pour la durcir. Des trous destinés au passage de lacets sont percés sur les bords de l'appareil ; de petits socles en liège destinés à porter les tubes

J. Clément 2

HE De sont placés dessus. L'appareil est maintenu en place au moyen de lacets et de bandes. La Nidrose présente l'avantage d'être beaucoup plus légère que la pâte Columbia donc plus facile à supporter par le patient, mais en revanche, elle n'est malléable: qu'à 90° ce qui rend très difficile fa prise des empreintes.

En cas d’adénopathies inopérables, c'est-à-dire volumineuses: et fixées, il importe de donner une forte dose. Comme le rayonnement doit agir profondément des foyers de 15 à 20 milligrammes de radium sont placés en quinconce, chacun sur un socle en liège de façon à ce que leur distance à la peau soit de sept centimètres environ. L'évaluation de la dose est difficile à apprécier car on provoque facilement des altérations du maxillaire ou du larynx. À l'Hôtel-Dieu cette dose qui est de trois cents. millicuries détruits pour un seul côté du cou et de quatre cent cinquante pour les deux est donnée en vingt jours environ. Ce traitement n'est plus employé qu'exceptionnellement car il provoque des réactions cutanées extrêmement brutales. Il est d'autre

part dangereux pour le malade et le personnel hospitalier car

de telles quantités de radium donnent un rayonnementinutile que l’on ne peut éviter. L'application très progressive de la dose cons- -titue le seul avantage de celte méthode.

Si au contraire, le malade a déjà subi un évidement et qu’on désire simplement traiter une zone suspecte ou un ganglion restant, la distance des tubes à la peau ne sera que de trois à quatre centimètres. Le nombre de millicuries détruits sera moindre que précédemment ; il dépendra de l'étendue et du volume de la lésion. On préfère d'ailleurs utiliser la radiumpuncture pour ces ganglions restant après intervention chirurgicale.

La radiumpuncture est difficile à pratiquer dans la région cervicale à cause de la présence du paquet vasculo-nerveux du cou. Quand il s’agit de ganglions inopérables le résultat ne peut être que palliatif, mais on peut ainsi faire diminuer de volume des masses qui provoquaient des troubles de compression. Beaucoup plus fréquemment l'implantation de radium est praliquée à ciel ouvert, c'est-à-dire dans le cas où le chirurgien n’a pas pu enlever la totalité des ganglions. Les aiguilles sont placées à la périphérie de la tumeur et à deux centimètres les unes des autres. La dose totale dépend essentiellement de l'étendue à traiter, mais on s'efforce de faire durer l'application environ six à huit jours ? Parfois on complète le traitement par l'application d'un appareil moulé ; dans ce cas la dose donnée avec l'appareil sera les deux tiers de celle employée quand on ne

fait pas de radiumpuncture. Ces procédés de radittnpunctaré des ganglions restent cependant des pee d' one que l'on tend de plus en plus à abandonner: :

La télécuriethérapie nécessite l'emploi dire quantité considérable de radium : deux à cinq grammes. La distance du foyer à la peau varie entre huit et douze centimètres. La filtration est au minimum d’un millimètre de platine. Ces différents facteurs permettent d'augmenter le rendement en profondeur ce qui constitue le principal avantage de la télécuriethérapie. Etant donné le prix élevé du radium tous les centres anticancéreux ne sont pas équipés avec ce dispositif ; la méthode n’est pas employée à l’'Hôtel-Dieu pour le traitement des ganglions néoplasiques.

Traitement des récidives

La cure d’une récidive, qu'eHe soit locale ou ganglionnaire, est plus difficile que celle d'une lésion primitive. 1H faut mettre à part le néoplasme survenant sur une langue déjà traitée, mais en un point différent de celui ou siégeait la première lésion; il s’agit le plus souvent de langues leucophasiques sur lesquelles plusieurs tumeurs peuvent se développer successivement et dont nous parlerons au chapitre de la prophylaxie. Bien entendu, il est inutile d’insister sur la nécessité absolue d'examiner très fréquemment et ensuite une fois par an tout malade ayant été traité pour un cancer de la langue.

S'il s'agit d’une récidive linguale après radiumpuncture nous avons alors l'indication majeure de lélectrocoagulation. Dans une statistique de quarante récidives traitées de cette façon. Tailhefer a obtenu 10 guérisons ce qui montre tout l'intérêt de la méthode ; encore faut-il signaler, que sur les trente échecs, dix fois la langue opérée était restée guérie et que la mort du malade s'était produite avant la cinquième année par métastase ganglionnaire ou par maladie intercurrente. C'est donc ici le seul cas où une réintervention puisse donner de bons résultats.

Si au contraige la tumeur a été primitivement traitée par électro-coagulation le traitement d'une récidive sera beaucoup plus aléatoire. On emploie dans ce cas la radiumpuncture, mais on agit sur un tissu cicatriciel qui est bien moins sensible aux radiations que normalement.Presque fatalement le résultat sera des plus mauvais. fe

Quant aux récidives ganglionnaires on n'aura rien à employer si ce n’est un traitement par radiumpuncture ou rayons X. Nous

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avons vu plus haut le mode d'application de ces deux agents thérapeutiques, mais nous répétons qu'il ne faut chercher là le plus souvent qu’un résultat palliatif car les récidives ganglionnaires se sont toujours montrées d’un pronostic extrêmement sombre. C’est pour cette raison que toute récidive linguale devra être traitée dans le plus bref délai possible afin d'éviter une invasion des ganglions lymphatiques, invasion qui est toujours plus grave que la lésion primitive elle-même.

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