OBSERVATIONS
Observation I. — M. Jan.
Il s’agit d'un malade âgé de 40 ans qui se présente à la consultation en décembre 1940, porteur d’une ulcération siégeant à la partie moyenne du bord gauche de la langue. La lésion mesure3 X 1,5 centimètres et reste très à distance de la ligne médiane. On ne trouve pas de ganglions.
Un examen histologique après biopsie montre qu’il s’agit d’un épithélioma malpighien spino-cellulaire à tendance kératinisante.
On pratique aussitôtune radiumpuncture : vingt millicuries détruits sont donnés en 5 jours et demi. En février, un évidement sous-maxillaire et carotidien gauche est décidé. Le chirurgien pratique la méthode habituelle : résection du sterno-cléido-mastoïdien et de la jugulaire interne. Il lie en outre, la carotide externe car la lésion linguale qui semble encore suspecte est fraitée par électrocoagulation. L'opération est pratiquée sous-anesthésie locale ; on doit simplement donner une légère bouffée de chloroforme à la fin. Les ganglions prélevés sont examinés histologiquement ce qui montre que trois d’entre eux appartenant à la chaîne carotidienne sont le siège de métastases.
Le malade est ensuite revu tous les mois. En juin, on pratique l’ablation de quelques séquestres maxillaires. Depuis on constate régulièrementtous les ans que la guérison est complète. En mars 1947, M. Jan se porte toujours très bien et sa langue présente une souplesse parfaite.
Cette observation montre bien notre impuissance à juger de l’intégrité ou non des ganglions ainsi que la possibilité de «reprendre » par électrocoagulation une lésion insuffisamment stérilisée par le
radium.
Observation II. — M. Ren.
Le malade âgé de 45 ans, présente une ulcération du bord gauche de la langue mesurant 3 x 2centimètres. Il n'existe pas de ganglions cliniquement perceptibles. L'examen histologique confirme le diagnostic d’épithélioma malpighien spino-cellulaire.
En décembre 1940, on pratique une radiumpunceture : 31 millicuries détruits en cinq jours trois quarts. En janvier, 1941 évidement sous-