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Observation XI.—M., Pou.
En mars 1934, ce malade de 73 ans présente un épithélioma du bord gauche de la langue, sans adénopathie perceptible. En raison de son âge on pratique simplement une électrocoagulation de la lésion ainsi qu'un évidement sous-maxillaire et carotidien gauche sans ligature de la carotide externe. Les ganglions ne sont pas envahis.
Jamais la plus petite complication ne survint. Le malade meurt en 1944, alors âgé de 83 ans, d’une affection ne présentant aucun rapport avec son néoplasme.
Observation XII. — M. Leb.
Il s’agit d'un malade de 59 ans, présentant un épithélioma du bord gauche de la langue, sans ganglions cliniquement perceptibles. Il est traité en 1935 par radiumpuncture : 17,2 millicuries détruits en 7 jours, et par évidement ganglionnaire gauche. Le laboratoire répond que les ganglions ne sont pas envahis.
Le malade ne revient jamais à la consultation. En février 1947, on recherche sa trace et on apprend qu'il vient d’être hospitalisé pour un syndrome rappelant un phlegmon périnéphrétique et qui a guéri par la pénicilline ; sa langue est dans un état parfait.
Observation XIII. — M. Gau.
Le malade, âgé de 64 ans, est porteur d’un épithélioma du bord droit de la langue. Pas de ganglions perceptibles.
En juin 1937, on applique un appareil moulé endo-buccal:35 millicuries détruits en 7 jours.
Il ne survient aucune modification ce qui fait décider une radiumpuncture : 11,77 millicuries détruits en 7 jours. Deux mois plus tard, on pratique un évidement sous-maxillaire et carotidien droit. Un
seul ganglion carotidien est envahi. Le malade dont on obtient des.
nouvelles en mars 1947 se porte toujours bien.
Observation XIV. — M. Via.
Malade âgé de 34 ans qui présente en avril 1936 un gros épithélioma ulcéré envahissant tout le bord droit de la langue. Cliniquement, on ne trouve pas l’adénopathie.
Il est traité d’abord par appareil moulé : 583 millicuries détruits en 27 jours puis par radiumpuncture : 15, 12millicuriesdétruitsen7 jours.
Comme la lésion ne semble pas entièrement siérilisée on en fait l’électro-coagulation après fente de Jœger; on pratique en même temps un évidement sous-maxillaire et carotidien bilatéral. L’histologie montre que les ganglions ne sont pas envahis.
En 1938 présence sur laluette d’une formation papillomateuse que l’on enlève par électro-coagulation; le laboratoire répond qu'il s’agit là d’une formation tuberculeuse.
Le malade revu régulièrement ne présente aucun signe de récidive, mais présente en 1944, une tuberculose pulmonaire en pleine évolution.
En 1945, il meurt de sa bacillose.
Observation XV. — M. Glo.
Le malade est porteur depuis plus de 20 ans, d’uneleucoplasie du dos de la langue. Il vientalors âgé de63 ans, consulter en janvier 1941 pour un épithélioma du bord gauche. La lésion est très peu infiltrante: on ne trouve pas de ganglions à la palpation.
On pratique en une seule séance une électro-coagulation de la lésion linguale suivie d'un évidement sous-maxillaire et carotidien gauche et d'une ligature de la carotide externe. Les ganglions ne sont pas atteints. Dans les six mois, on constate l’état parfait du malade et la partie semble gagnée lorsqu’en septembre 1942 une nouvelle leucoplasie apparaît. Celle-ci reste très localisée pendant l’année 1943. Ce n'est qu’en juillet 1944 que le malade revient porteur d’un nouvel épithélioma siégeant à la pointe et ayant envahi les.
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ganglions des deux côtés du cou. Cet état fait décider l’abstention et
Conseiller des injections de morphine.
Ici encore apparaît le rôle extrêmement néfaste de la leucoplasie qui a causé la mort du malade par un second cancer alors que la Première lésion semblait définitivement guérie, ;
Observation XVI. — M. Mic., 67 ans.
Là encore, il s'agit d’un épithélioma du bord droit survenu sur une leucoplasie qui occupe tout le dos de la langue. La tumeur qui mesure 3 X 2 centimètres est à peine exulcérée. On sent des ganglions à droite.
En décembre 1941, on pratique une radiumpuncture : 32 millicuries détruits en sept jours, suivie d’un évidement sous-maxillaire et carotidien droit ; les ganglions sont envahis.
En février 1932 : disparition de la lésion linguale, mais tout le bord droit reste induré de façon diffuse. Pendant un an il ne se prouit aucune complication, mais-en janvier 1943 : apparition d’une tuméfaction carotidienne gauche du volume d’un œuf. L'opération ‘est impossible ; on fait donc une radiumpuncture : 27 millicuries ; détruits en huit jours, puis un traitement par rayons X : 4.000 r. en vingt séances, une tous les cinq jours en radiothérapie profonde, ce qui amène une diminution nette de l’adénopathie.
Le malade va bien ensuite ; en décembre 1943 de nouvelles adénopathies apparaissent à droite, la déglutition devient impossible ; des syncopes se produisent fréquemment. On décide de s'abstenir de tout traitement.
Observation XVII. — M. Don, 72 ans.
Le malade ne revient consulter qu’un an après le début de son affection. Elle s'était manifestée à ce moment par une ulcération infra-linguale. Actuellement (mars 1941) toute la portion mobile est envahie ; la tumeur atteint le rebord alvéolaire. On note des adénopathies bilatérales, sous-mentales, sous-maxillaires et carotidiennes. Abstention.
Observation XVIII. M. Ire, 66 ans.
Le malade présente une ulcération de tout le bord gauche depuis la pointe jusqu'à l'arrière du V lingual. L'infiltration dépasse la ligne médiane à la partie moyenne, mais pas en avant ni en arrière. Toutefois la protraction est presque normale. Le plancher est œdématié, mais souple. Il n’y a pas d’adénopathies perceptibles.
On pratique en février 1942, une radiumpuncture : 32 millicuries détruits en cinq jours, puis un évidement sous-mental, sous-maxillaire et carotidien gauche ; on lie la carotide externe afin de pouvoir
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électrocoaguler un point suspect sur la langue. Les ganglions sonb
envahis.
En août 1942: apparition d'une adénopathie inférieure carotidiennedroite. On pratique le même traitement qu'à gauche : évidement sous-mental, sous-maxillaire et carotidien. Le laboratoire montre que ce ganglion est envahi.
Malade en très bon état jusqu’en juin 1944 où apparaît une récidive sous-maxillaire droite de trois centimètre de diamètre et présentant une ulcération superficielle. Abstention et Bufox.
Observation XIX.— M. Pol..., 46 ans.
En octobre 1941, ce malade présente un, épithélioma de la langue sous la forme d’une tumeur infiltrante de deux centimètres de dia-mètre, ulcérée reposant sur la face inférieure. La langue reste parfaitement mobile. On note une adénopathie carotidienne supérieure droite de trois centimètres de diamètre bien limitée et non adhérenteà la peau.
On fait une radiumpuncture de l’adénopathie : 40,5 millicuries. détruits en cinq jours et une électro-coagulation de la lésion linguale.
Le mois suivant la langue est guérie, mais l’adénopathie n’a pas. régressé ; on fait alors dessus des rayons X : 1500 r à 200 r par séance, mais le résultat est loin d’être parfait.
La tumeur cervicale ne guérit jamais ; en mars 1942 elle est dure et fixée ; le malade se plaint d’otalgie continue et même d’hémicranalgie.
Observation XX. — Cou.…., 68 ans.
Malade atteint d’un épithélioma de la langue. L’ulcération de trois. centimètres de diamètre siège sur le bord gauche et présente une base indurée ; elle est survenue sur une plaque de leucoplasie. Pas de ganglions perceptibles.
On pratique en novembre 1937 une radiumpuncture : 17,82 millicuries détruits en cinq jours un quart ; ensuite on fait un évidement Sous-maxillaire et carotidien gauche. Les ganglions ne sont pas envahis.
Le malade va bien jusqu’en décembre 1944 : à cette date apparaît une nouvelle leucoplasie en voie de dégénérescence que l’on traite par électro-coagulation.
En 1945, le malade va bien. En 1946, il « meurt de son mal » déclarent les personnes interrogées à son sujet ; en réalité il semble plutôt qu'il se soit produit un nouvel épithélioma. De toute façon cette observation nous montre la nécessité d'examiner régulièrement iout malade ayant présenté un cancer même lorsqu'il est guéri depuis plus de cinq ans. |
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| Observation XXI. — M. Des..., 56 ans.
Ce malade est traité en juin 1936, par radiumpuncture par évidement sous-maxillaire et carotidien droit pour un épithélioma du bord droit de la langue. Il meurt en février 1938 de métastase hépatique.
Cette observation montre que le cancer de la langue peut parfois être métastatique bien qu'il ne soit pas réputé comme tel. Nous citons d’ailleurs quelques autres observations de métastases éloignées. F
Observation XXII. — Mine Sab..., 60 ans.
La malade est traitée par radiumpuncture et par évidement pour. épithélioma lingual en 1933. En 1937, elle présente une volumineuse métastase hépatique qui entraîne la mort.
Observation XXIII. — M. Cir.…., 66 ans.
Traité en 1935 pour un épithélioma de la langue. Le malade présente trois mois après des métastases de la paroi abdominale et du crâne ; on fait l’exérèse chirurgicale de ces tumeurs. En 1942, on apprend la mort du patient sans que la date de cette dernière puisse être précisée. / :
É Observation XIV. MC Aar 07 ans:
Il s’agit d’un syphilitique que l’on traite en septembre 1938 pour un épithélioma du dos de la langue : radiumpuncture et évidement bila-. téral. En janvier 1939 : mort à la suite d’une métastase pulmonaire gauche.
Observation XXV. — M. Cho.…, 21 ans.
Le malade est porteur d’un épithélioma marginal postérieur gauche: survenu en face d’une dent malade. On trouve simplement une adénopathie carotidienne supérieure gauche.
En octobre 1944, on pratique une radiumpuncture : 24,30 millicuries détruits, puis un évidement sous-maxillaire et carotidien gauche. L'examen histologique montre qu'il existe des métastases ganglionnaires.
En janvier 1935, le malade présente de la dysphagie ; on pratique un examen radiologique qui ne décèle aucune lésion de l’æœsophage. En mars 1945, un nouvel examen est demandé parce que l’alimentation solide est devenue impossible : on constate alors une volumineuse métastase siégeant dans la partie basse de l’œsophage. Le malade meurt en novembre 1945.
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Cet exemple nous montre combien il faut pratiquer de fréquents examens radiologiques chez un malade cancéreux qui présente une dysphagie : à trois mois d'intervalle une lésion invisible est devenue extrêmement étendue.
Observation XXVI. — Mme Car...
Cette malade, âgée de 53 ans et demi, présente en octobre 1940 un gros épithélioma de tout le bord gauche de la langue. On trouve cliniquement une adénopathie carotidienne supérieure gauche.
On fait aussitôt une radiumpuncture : 30,6 millicuries détruits ainsi qu'un évidement sous-maxillaire et carotidien gauche. L'histologie montre que les ganglions sont envahis. Deux mois plus tard on pratique le même évidement à droite ; là encore le laboratoire montre qu'il existe des métastases au niveau des ganglions.
En 1944 : récidive carotidienne supérieure gauche sur laqueile on fait une radiumpuncture : 17 millicuries détruits. En avant de l'épiglotte on découvre une induration que l’histologie montre ne pas être néoplasique, mais dont on fait néammoins l’exérèse par électrocoagulation.
Au début de 1945 : apparition d’une ulcération sous-mastoïdienne gauche ; l’examen histologique confirme sa nature néoplasique. On décide de faire l'électrocoagulation de cette ulcération, mais entre temps, la malade présente une hémorragie secondaire dans cette région et meurt.
Observation XXVII. — M. Lég.…,
On constate en novembre 1940 un épithélioma de la partie postérieure du bord droit de la langue. Adénopathie carotidienne supérieure droite. On pratique uneradiumpuncture : 24 millicuries détruits, suivie d’un évidement sous-maxillaire et carotidien droit.
En 1941: présence dans la région sous-maxillaire droite d’une fistule qui fait décider l'abstention. Or, cette fistule se forme spontanément et le malade paraît guéri. Les réactions pour la syphilis sont toutes positives.
En mai 1944 : récidive sur la partie droite de la langue ; électrocoagulation de la lésion sans ligature de la carotide externe et évidement sous-maxillaire et carotidien gauche. Très bon état après l’opération.
En juillet 1945 : apparilion d’une tuméfaction dans la région sterno-claviculaire droite. On demande une radio qui montre une atteinte de l'articulation. On décide de faire des rayons X (1.200 r) sur cette tumeur, mais au bout de trois séances de 200 r chacune le malade désire repartir en province.
Il meurt en octobre 1945 dans des souffrances atroces ; le malheu-
feux ne pouvait plus parler et présentait une très grosse perte de substance à la base du cou.
Observation XXVIII. — Mme Brou..., 62 ans.
Malade syphilitique qui en juillet 1942 présente un épithélioma du bord gauche de la langue. Excision au bistouri de la tumeur, puis électrocoagulation, évidement sous-maxillaire et carotidien SRE les ganglions ne sont pas envahis.
En 1943 : présence d’un bourgeon charnu qui survient sur l’ancienne cicatrice ; on fait une biopsie suivie d’une électrocoagulation : ilne s'agissait pas d’une formation néoplasique ?
En avril 1945, on électrocoagule à nouveau une formation suspecte.
En juillet 1945, apparition d'un ganglion dans la chaîne carotidienne droite et inférieure, on le traite par les rayons X : 4000 ren vingt séances.
La malade meurt en septembre 1945 par extension du néoplasme aux autres ganglions.
Observation XXIV. — M. Cer.…, 47 ans.
Vaste épithélioma envahissant toute l’hémilangue gauche. Le côté droit est également à surveiller. Le sillon maxillaire lingual gauche est envahi. On trouve seulement un petit ganglion sous- Use gauche.
On pratique une radiumpuncture : 28 millicuries détruits. Trois mois après récidive. On fait alors une électrocoagulation avec fente de Jœger gauche et évidement sous-maxillaire et carotidien bilatéral. L'examen histologique montre que les ganglions sont envahis des deux côtés.
En 1943 : grosse poussée ganglionnaire qui fait opter pour l’abstention. La mort survient en mars 1944.
Observation XXV. — M. Dau...,
Malade âgé de 66 ans qui est porteur d’une ulcération de la partie droite et inférieure de la langue. Il existe une adénopathie droitesousmaxillaire, mais rien dans la chaîne carotidienne.
L'histologie confirme le diagnostic d’épithélioma et fait entreprendre en octobre 1943 une radiumpuncture : 19,2 millicuries détruits en huit jours, suivie d’un évidement sous-maxillaire etcarotidien droit; un ganglion paraît envahi dans la région sous-mentale : on fait une destruction de toute cette région par électrocoagulation.
En mai 1944, le malade se plaint surtout d’une grosse gêne fonctionnelle du membre inférieur droit. Il existe dans le bord droit de la langue un noyau suspect que l’on décide de surveiller.
J. Clément