‹ Cancer du corps du pancréas: à forme aortique, pseudo-anévrismaleChapitre 13 sur 16 · ASS · texte numérisé non relu

ASS

pation de la tête nous explique une partie de ces anomalies. Dans les autopsies il est soigneusement noté que les voies biliaires et, en particulier , le canal cholédoque ne sont en aucun point intéressés. On peut facilement cathétériser ces voies qui ont conservé leur perméabilité el n'ont pas subi de compression ; la bile continue à se déverser dans le duodénum, dout la muqueuse est vivement imprégnée en jaune, 1l n'y a pas de rétention. et par suite pas de distension de la vésicule biliaire. L’ictère ne fait donc pas partie de la symptomatologie de cette forme, il n’a été noté dans aucune de nos observations.

Le siège de la tumeur nous explique aussi que les symptômes pseudo-pyloriques aient pu manquer. Ces symptômes pseudo-pyloriques consistent dans des phénomènes de sténose, se traduisant par de la rétention el de la distension gastrique. Or, dans l'observation de MM. Pic et Tolot, 1l est noté que l'estomac ne présente pas de clapotage. Nous n'avons rien trouvé de semblable non plus chez notre malade, et l’autopsie nous a montré que la tumeur facilement isolable n'avait aucun rapport immédial, n1 avec la portion pylorique de l’estomac, n1 avec l'intestin.

Notre malade, ni ceux dont nous rapportons l’his- Loire n'ont jamais présenté de troubles urinaires en parücuber de glycosurie. Pendant les quatre mois, durant lesquels nous avons pu suivre notre cas, jamais nous n avons conslalé n1 polyurie, ni albuminurie, ni glycosurle.

Le fait de la glycosurie dans le cancer du pancréas s'explique par la disparition de la glande qui est habi-

tuelle dans la forme classique ou du moins par son anmhilation fonctionnelle. Or, en tant que le pancréas Joue un rôle régulateur important dans la glycosurie hépatique, le désaccord existe seul dans l’interprétatiou de ce rôle. Lépine admet que le pancréas sécrète un ferment glycolitique qui favorise la consommation du sucre par les tissus; Chauveau et Kauffmann croient que le pancréas possède une action phrénatrice directe sur la fonction glycogénique.

Dans un cas comme dans l’autre la suppression du pancréas provoque la glycosurie.

Dans nos observations, précisément, le pancréas n'est pas supprimé, 1l continue à fonctionner d’une façon suffisante pour que la glycosurie ne se présente pas.

En effet, quelle est la portion la plus importante du pancréas, c’est évidemment la tête qui constitue à elle seule plus des deux tiers de la glande. C’est justement la partie restée saine. Dans notre autopsie notamment on fait remarquer que toute celte portion de la tête est constituée par un {issu très souple el remarquablement sain.

Donc, d’une part la localisation de la tumeur et, d'autre part, son peu d’étendue nous expliquent l'absence de certains symptômes. Comment faut-l expliquer maintenant ceux qui existent:

Les douleurs.

Les symptômes pseudo-anévrismaux.

L'éréthisme cardio-vasculaire.

Les phénomènes douloureux ne sont pas particuliers à la forme que nous étudions. La douleur ne manque dans aucun cas de cancer du pancréas, sauf peut-être dans les

formes latentes. Chez certains malades elle devient tout à fait prédominante au point qu'on a décrit des formes douloureuses, des formes hépatalgiques. L’explication de ces phénomènes douloureux a déjà été donnée par nombre d'auteurs. Elle est tirée de la richesse des connexions nerveuses du pancréas.

La glande pancréatique est très riche en terminaisons nerveuses vaso-motrices, excito-sécrétoires. Mais aussi en terminaisons sensitives. Ces dernières se font dans des corpuscules de Pacini, elles ont été bien étudiées par Krause et Sokoloff. D'autre part, le pancréas est situé au voisinage immédiat du plexus solaire et du plexus cæliaque qui sont toujours intéressés dans une certaine mesure par les tumeurs de cet organe. Le pneumogasirique joue sans doute un rôle important dans ces troubles sensitifs assez intenses, parfois, pour provoquer la mort subite comme dans un cas de Lancereaux. Mais ces plexus sont formés aussi en grande parte par le sympathique dont on connaît aujourd’hui le rôle dans la genèse des névralgies. Les tentatives chirurgicales sur le sympathique äans les névralgies rebelles, semblent avoir donné entre les mains de Jaboulay des résultats confirmatifs de ces idées. Il semble donc que le sympathique, par l'intermédiaire de ces plexus, joue un rôle considérable dans la production de ces crises douloureuses profondes, lancinantes, intermiltentes avec exacerbations et périodes d’accalmie qui en font de véritables accès de névralgie pancréatique.

Il se produit sans doute sous l'influence de l'irritation provoquée par la tumeur, une véritable névrite sympathique, c’est la période des crises douloureuses.

EL

Au bout de quelque temps, les filels nerveux sont complètement dégénérés, c’est ce qui explique que la douleur s’atténue et qu'elle puisse même arriver à disparaitre.

Nous sommes là, bien entendu, dans le domaine des hypothèses, nous concluons ici d’après ce qui a été

observé ailleurs, car nous n'avons fait en l'espèce aucune recherche personnelle qui nous permette d’affirmer quoique ce soit.

Les symptômes pseudo-anévrismaux sont aussi jusqu’à un certain point explhicables. La tumeur est profondément située, elle siège immédiatement en avant de l'aorte et du tronc cœliaque qu'elle comprime. Cette compression gêne la diastole artérielle. La tumeur est soulevée par chaque ondée sanguine qui lui communique des battements. Cette tumeur est très vasculaire, elle intéresse parfois les branches issues du tronc cœliaque. Une telle disposition explique l'expansion plus où moins marquée, qui se communique à la tumeur et accompagne chaque battement.

Enfin le souffle s'explique aussi par la compression de l'aorte ; la tumeur par son poids crée un véritable point rétréci, qui provoque la formation d’une veine fluide dans la portion, relativement dilatée, qui lui succède. Il y a là la réalisation de toutes les conditions exigées par Chauveau pour la production d’un souffle.

L'éréthisme cardio-vasculaire que nous avons observé aussi, ne fait que rendre plus évidents et plus intenses ces symptômes pseudo-anévrysmaux.

Comment peut-on expliquer cel éréthisme? La encore

Page 1