ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les tumeurs malignes de nature épithéliale qu'on observe chez les jeunes n'ont pas, au point de vue anatomo-pathologique, une forme el une structure bien spéciales. Leur seule caractéristique semble résider dans ce fait, à savoir une moindre participation du fissu conjoncthf opposée à la prédominance plus marquée de l'élément épithéhal.
Le seul cas d'épithéliome de la face que nous ayons rencontré répond justement à la forme la plus commune, comme aussi la plus rapide d'allures : c'est un cancroide vulgaire, développé chez une jeune femme de 22 ans el siégeant un peu au-dessous de l'angle interne de Fœil. Au microscope, on en a du reste retrouvé les lésions tvpiques, celles qui caractérisent l'épithéliome pavimenteux à globes épidermiques.
De même, à la langue, c'est l'épithélioma classique, celui qui se développe aux dépens des couches profondes de Pépithélium de la muqueuse. La manifestation première en esl variabie : c'est par une pelite tumeur située dans l'épaisseur même de la muqueuse que se fait le début, où encore par une crevasse, une fente, une hvpertrophie papillaire limitée à la surface. Au cours du développement de la tumeur, son sommet s'ulcère, et l'ulcération revêt la forme d’une excavation de plus
ou moins grande étendue, fongueuse parlois et à bords ren-
vérsés au dehors. Parfois aussi l'ulcération est plate, lémoim le cas observé par M. le professeur Forgue et que nous rapportons plus loin. À sa surface, on note à la fois des bourgeons el des points anfractueux. Les bords en sont irréguliers, durs à la palpation. Le plancher buccal ne tarde pas à participer à la lésion : la région sous-maxillaire se tuméfie, les ganglions s'engorgent, se ramollissent et à leur niveau la peau s’aminecit en même temps qu'elle prend une teinte rouge caractéristique. Il convient cependant de faire remarquer que dans l'observalion publiée par Variot, le 26 avril 1894, dans le Journal de clinique et de thérapeutique infantile, la muqueuse buccale est toujours restée saine et qu'on n’a jamais noté de luméfaction du côté des ganglions sous-maxillaires. Ajoutons enfin que la lésion est généralement unilatérale et qu'elle se développe sur le côté de l'organe qui semble le plus prédisposé, sans qu'on puisse dire pourquoi, sur le côté gauche. Du côté de l'ulérus, il nous faut examiner successivement les altéralions anatomiques-qu'on observe dans sa portion corporelle et celles de la portion cervicale, et bien entendu nous ne nous oceuperons ici que des seules lésions de la muqueuse. Au corps, la lumeur se présente dans la plupart des cas sous forme d'une masse villeuse, diffuse, ou encore elle revêt l'aspect d’un longus plus où moins circonscrit, offrant quelque ressemblance avec cerlains polypes muqueux. A l'examen macroscopique, le col est indemne et le néoplasme s'arrête à l’orifice interne du canal cervical. L'utérus est augmenté de volume, plutôt en largeur qu'en hauteur ; c’est l'utérus venru, qui rappelle la matrice au 4° ou au 5° mois de la gestation. Ses dimensions sont variables, de la grosseur du poing à celle d’une têle de fœtus, et parfois même peuvent devenir quatre lois plus grandes que les dimensions normales, Sa consistance est lerme, résistante. La forme diffuse, en nappe, celle qui envahit en surface la plus grande partie de la muqueuse,