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CHAPITRE II

CONSIDERATIONS ETIOLOGIQUES

Il est facile de comprendre combien il serait important, pour établir le rôle exact de l'âge dans l'apparition du cancer, d’être fixé d'une façon certaine sur la nature même de la maladie ou tout au moins sur l’ensemble des conditions qui en favorisent l'éclosion. Malheureusement, dans l’état actuel de nos connaissances, la solution de ces problèmes passionnants à plus d'un litre nous est totalement inconnue, et nous sommes Îforcés de nous en (énir aux hypothèses dont le nombre prouve l'incertitude.

Cependant il ne nous paraît pas inutile d'envisager quel rôle est donné à l’âge dans les diverses théories les plus en honneur. L'on sait que ces théories donnent au cancer une origine : hérédilaire, traumatlique, congénitale ou infectieuse.

Il semblerait peut-être, à un examen superficiel, qu'hérédité el congénitalité ne peuvent S'accorder avec l'apparition des tumeurs à un âge avancé. Un peu de réflexion nous montrera qu'il y a là une erreur grossière.

Nous connaissons rombie le maladies dans l’étiologie desquelles lhérédité joue un rôle bien établi et qui cependant se révèlent lardivement: la goutte, la gravelle, toutes les maladies par ralenlissement de la nulrilion sont des maladies de l’âge adulte. Aussi bien nous savons qu'un certain nombre d’auteurs, frappés du rôle de la diathèse dans l'étiologie du cân-

fe cer, ont cherché à le faire entrer dans la grande famille de l'arthritisine.

Le premier signe d'une lésion congénitale peut également n'atirer l'attention que bien après la naissance : les kystes dermoïdes de l'ovaire pour lesquels celte pathogénie est neltenent et universellement reconnue, ne sont pas uniquement maladies de Jeunes femmes. Ainsi donc faire du cancer une alfection héréditaire, comme le veut Hallopeau, ou une lésion congénitale, comme le prétendait Conhein, ne préjuge en rien de l'âge auquel il apparaît de préférence.

Bien plus, l'âge avancé serait pour Le Gendre la cause occasionnelle qui déterminerait l'éclosion des tumeurs préparée par l'hérédité ou l'inclusion fœtale. À ce moment de la vie, en effet, « l'équilibre de nutrition entre les éléments cellulaires des différents tissus constitutifs d’un organe, qui est maintenu physiologiquement par l'action trophique du système nerveux, est rompu au profit des germes cancéreux inclus, parce que le système nerveux mal irrigué (athérome) n'accomplit plus son rôle régulateur. » (Le Gendre, L'Hérédilé el la Pathologie générale, in Path. gén. de Bouchard, p. 329.)

A lencontre de celte opinion nous rapporterons celle qui veut que dans les cas où le cancer à une origine héréditaire le néoplasme soit souvent plus précoce. C’est amsi que dans la statistique de Moore, cité par Reclus, sur 101 faits, le cancer héréditaire s’est montré 79 fois chez des enfants qui n'avaient pas encore Cinq ans.

Le traumatisme aussi est souvent relevé par les malades plus encore que par les médecins à l'origme des tumeurs mais jamais il n'a élé considéré comme la cause efficiente du cancer, ce qui rendrait la plus grande fréquence à un âge avancé absolument incompréhensible. Tous le considèrent seulement comme la causé déterminante, [ « insulte », pour employer l'expression de Le Gendre, qui déclanche le processus

MON b'isre carcinomateux dans un terrain préparé par tout autre facteur.

Enfin aujourd'hui la nature infectieuse du cancer est de toutes les théories celle qui est regardée avec le plus de bienveillance. I suifit de se rappeler, pour en êlre convaincu, avec quel enthousiasme furent accueillies les communications de Doyen sur le micrococcus neoformans, qui peu après sa découverte allait rejoindre les innombrables microorganismes soi-disant pathogènes du cancer. Quels que soient les arguments que l’on fasse valoir pour établir celte origine, 1l ne pourra être question de savoir le rôle exact de l’âge dans l’étiologie du cancer qu'au moment où l'on aura isolé, cultivé, moculé le microorganisme spécifique. Ce jour est encore loin, si, comme le soutient dans l'Ecole de Montpellier depuis 1898 M. le professeur Bosc, l'agent pathogène du cancer est un sporozoaire.

Quoi qu'il en soit, 1l nous faut retenir ce fait, c'est que l’apparilion du cancer chez les Jeunes peut s'expliquer par un certain nombre de raisons éliologiques qu'il est malheureusement difficile de démêler dans la clinique courante

‘1° L'hérédité, si l'on en croit Moore, aurait pour effet de diminuer la résistance de l'organisme et de permettre au cancer de se développer à un âge peu avancé :

2° La diathèse arthrilique modifierait le terrain de telle laÇon qu'un germe inclus dès la vie utérine dans l'intérieur de l'organisme est à même de se développer avant que l'involuüon sénile ait accompli son œuvre dystrophique ;

3° Le traumatisme surtout lent el répété peut jouer le même rôle.

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