EVOLUTION ET PRONOSTIC
Tout le monde est d'accord sur l'extrême gravité du cancer épithélial ; la mort en est le terme presque fatal, sans compter que des complications de toutes sortes, soit ulcération el fistules, soit perloration, soit accidents mécaniques et sepliques, contribuent la plupart du temps à précipiter le dénouement de la terrible maladie. Mais autant qu'on peut en juger, le cancer semble évoluer plus rapidement au-dessous de trente ans qu’à un âge plus avancé. Pour l'épithélioma du col de l'utérus, par exemple, on a l'habitude, et c'est l'opinion admise par les classiques, de fixer à un an et demi la durée moyenne de cette évolution. Or, dans l'observation empruntée à Richelot (obs. X1) nous voyons que la malade, une femme de 23 ans, meurt quatre mois après l'intervention. De même, dans les observations rapportées par Routier à la Société de Chirurgie en 1891, l'évolution totale se fit en cinq mois et demi dans un cas (obs. VI), en onze mois dans un autre (obs. VIT). Dans un troisième cas (obs. VIII), trois mois après l'intervention le ventre était rempli de masses cancéreuses, et enfin dans une quatrième observation (obs. IX), la mort survenait neuf mois après l'opération.
Pour le rectum, cette moyenne d'évolution fixée généralement à un an el deux ans se trouve être aussi fortement abaïis-
St PUS
sée chez les jeunes, dans certains cas. Nous ne citerons pour exemples que les observations XXI et XXIT. Dans l’une (obs. XXII) la malade meurt 10 mois après l'opération de carcinome intestinal : dans l'autre (obs. XXT), métastase hépatique six mois après l'intervention.
Cependant il ne nous est pas possible de tirer une conclusion très affirmative de ces faits, puisque la plupart du temps les malades succombent à une complication quelconque. Mais d’une facon générale, il semble que le pronostic du cancer épithéhial chez les jeunes, soit rendu plus sombre et plus réservé du fait même que la maladie a une tendance plus marquée à revêtir une forme aiguë, à marche rapide.