‹ Cancer et Lipides SériquesChapitre 26 sur 30 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'étude quantitative des lipides du sérum sanguin chez les sujets cancéreux présente un incontestable intérêt. En effet, on a depuis longtemps constaté une perturbation sensible du métabolisme des lipides dans les états cancéreux. De plus, cette question est assez intimement liée au problème des substances chimiques cancérigènes et, plus particulièrement, au problème des substances cancérigènes dites « endogènes ». Il est donc tout à fait normal que cette étude ait fait l’objet, déjà, de fréquentes recherches.

Malheureusement, il est assez difficile de se faire une opinion précise à la lumière des travaux publiés. Les auteurs sont loin d’arriver à des résultats identiques et leurs conclusions sont souvent même tout à fait contradictoires.

Comme certains d’entre eux l’ont fait justement remarquer, ce désaccord est dû, vraisemblablement, à un manque d’unité dans les méthodes employées pour conduire les recherches : le matériel biologique servarit de point de départ est très variable : fragments de tissus ou d’organes, sang total, plasma,

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sérum... Les méthodes de dosages utilisées ne sont pas toujours les mêmes. Enfin, les procédés de comparaison laissent à désirer: ils font le plus souvent intervenir la notion de « valeurs moyennes », supérieures ou inférieures à des « valeurs normales », ou réputées telles, lesquelles « valeurs normales » sont assez arbitraires et varient plus ou moins avec les auteurs.

Il semblait donc intéressant de reprendre cette étude des lipides chez les cancéreux, dans des conditions parfaitement déterminées.

Les recherches que nous avons entreprises ont été basées sur un nombre important de dosages des lipides du sérum sanguin chez des sujets cancéreux soigneusement sélectionnés, à un degré d’évolution relativement comparable, et, parallèlement, chez des sujets non cancéreux. Ces dosages ont été effectués toujours par la même méthode, dans des conditions aussi identiques que possible, en éliminant au maximum les facteurs de perturbation.

Pour obtenir une comparaison rationnelle et rigoureuse des déterminations ainsi effectuées, il nous a semblé logique l’adopter une représentation graphique. Parmi toutes les méthodes généralement utilisées, celle des « diagrammes de fréquence » présente d’inicontestables supériorités. C’est cette méthode que nous avons appliquée aux déterminations effectuées.

Enfin, il nous a paru indispensable d’envisager le point de vue clinique et thérapeutique de la question,

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à côté de son aspect biologique. Dans ce but, nous avons relevé avec précision, pour chaque cas examiné, les phases successives de l’évolution du cancer, ainsi que les divers traitements appliqués au malade.

L'ensemble de ces recherches nous a permis d’arriver aux conclusions suivantes :

En général, le taux des lipides totaux du sérum sanguin est plus élevé, chez les sujets cancéreux examinés, traités ou non traités, que chez les sujets exempts de tumeur maligne.

Chez les sujets cancéreux traités ou en traitement, le taux des lipides totaux sériques varie avec linfluence du traitement : il tend généralement à s’élever lorsque la maladie s’aggrave, à s’abaisser, au contraire, lorsque le traitement exerce une influence favorable.

Ces conclusions se sont d’ailleurs trouvées la plupart du temps confirmées lorsque nous avons entrepris d’examiner les variations du taux des lipides sériques chez les sujets cancéreux soumis à un même traitement : roentgenthérapie, téléroentgenthérapie, chirurgie, curiethérapie, électro-coagulation, association roentgenthérapie-téléroentgenthérapie et association roentgenthérapie-téléroentgenthérapie-chirurgie.

Il ne semble pas alors que tel ou tel mode de traitement ait une influence propre, particulière, sur les variations du taux des lipides totaux du sérum sanguin. Celles-ci paraissent plutôt, là encore, seulement

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en rapport avec l’évolution consécutive à la thérapeutique.

En présence de ces résultats, il serait intéressant de savoir si les variations observées affectent les lipides totaux en bloc ou seulement une fraction déterminée de ces lipides.

Ce problème a donné lieu à de très nombreuses recherches dont les conclusions sont souvent très divergentes.

M. Truhaut et ses collaborateurs du Laboratoire de chimie de l’Institut Gustave Roussy ont entrepris, en liaison avec M. le Professeur Huguenirn et son équipe de cliniciens, une étude d’ensemble sur ce sujet, pour laquelle ils ont bien voulu faire appel à notre collaboration. Nous espérons ainsi être à même, dans un avenir prochain, de compléter et de préciser les résultats déjà obtenus.

ns VER LE DOYEN : LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE :

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