‹ Cancer et Lipides SériquesChapitre 7 sur 30 · ES VUS · texte numérisé non relu

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tats obtenus se montraient la plupart du temps assez peu concluants, souvent contradictoires, presque toujours décevants. Il n’est, pour s’en convaincre, que d'évoquer les intéressantes recherches de P. Delbet et de ses élèves sur le rôle anticancérigène du magnésium : soutenue par certains, combattue par d’autres, cette séduisante théorie ne semble malheureusement pas avoir entraîné les conséquences directes et pratiques qu’il avait été possible, à juste titre, de lui prévoir à l’origine : même si l’on admet que la carence en magnésium peut jouer un rôle dans le processus de cancérisation, on est obligé de reconnaître que ce facteur n’est vraisemblablement pas seul en cause. Et les récentes recherches de R. Truhaut, portant sur de nombreux dosages, ne lui ont pas permis de conclure à une relation constante « entre le magnésium sanguin et l’existernice d’un cancer ou la malignité évolutive de celui-ci » [63].

Dans le cadre des multiples recherches concernant le cancer, l’étude des lipides et des diverses fractions lipidiques a déjà été envisagée par nombre d’auteurs, ainsi que nous le verrons par la suite : la question en soi ne manque pas d'intérêt, mais, de plus, elle apparaît comme intimement liée au problème des substances chimiques cancérigènes et, plus particulièrement, au problème des substances cancérigènes dites « endogènes », substances présentes ou susceptibles de prendre naissance au sein même de l'organisme. Une telle relation, on le conçoit sans peine, augmente considérablement l'attrait que peut

présenter l’étude des lipides chez les cancéreux : c’est cette étude que nous avons tenté de reprendre, ent l’abordant en outre sous un jour un peu particulier, généralement négligé jusqu’à maintenant — du moins à notre connaissance — en envisageant en même temps le double aspect clinique et chimique d’un problème qui, vu sous cet angle, relève à la fois des disciplines médicale et pharmaceutique et répond ainsi parfaitement à nos préoccupations.

Nous avons entrepris d'étudier le taux des lipides du sérum sanguin et ses variations chez les cancéreux en tenant compte simultanément des données cliniques et des méthodes thérapeutiques appliquées aux malades, tout en suivant d’aussi près que possible les phases successives de l’évolution de la maladie. Parallèlement, nous avons noté le taux des lipides sériques chez un certain nombre de sujets exempts de tumeur maligne. Pour confronter plus rigoureusement entre elles les différentes séries de résultats ainsi obtenus, nous avons adopté une méthode graphique, précise et mathématiquement satisfaisarite. L'ensemble des recherches conduites de la sorte nous a permis d’arriver aux conclusions qui seront exposées plus loin.

Il peut paraître curieux, du moins au premier abord, que notre sujet englobe d’un coup tout le groupe de substances que désigne le terme très général de « lipides ». Nous aurions pu, comme beaucoup d’autres auteurs, envisager seulement, parmi les lipides, telle ou telle fraction particulière : par

exemple les acides gras, ou les stérols — le cholestérol en particulier, sous ses différentes formes —, ou l’insaponifiable. Mais il nous a paru nécessaire, avant d'en arriver là, de nous préoccuper en premier lieu du « bloc » des lipides totaux, première étape préliminaire et indispensable.

Peut-on noter chez les cancéreux une variation sensible et constante du taux des lipides totaux du sérum ? Cette variation, si elle existe, est-elle en rapport avec l’évolution de la maladie ? Est-elle en rapport également avec les divers traitements appliqués aux malades ? C’est à ces questions que nous allons nous efforcer de répondre dans les chapitres qui vont suivre.

Qu'il nous soit ici permis d'exprimer notre bien vive reconnaissance à M. le Professeur Huguenin et à M. René Truhaut, d’avoir bien voulu nous confier la réalisation de ce travail, qui vient s'inscrire dans le cadre des recherches qu’ils poursuivent en étroite liaison depuis 1930.

Nous ne saurions trop remercier M. le Professeur René Huguenin, Professeur de Cancérologie médicale et sociale à la Faculté de Médecine de Paris, Directeur du Centre clinique et thérapeutique de l’Institut Gustave Roussy, d’avoir bien voulu nous guider magistralement tout au long de notre route, mettant à notre disposition tous les documents nécessaires et ne cessant de nous prodiguer en toute occasion ses conseils précieux et particulièrement éclairés. Nous devons à sa bienveillance tous les renseignements

TA

concernant le point de vue clinique et thérapeutique de notre étude.

Qu'il nous soit également permis d'exprimer toute notre gratitude à M. René Truhaut, Maître de Conférences à la Faculté de Pharmacie de Paris, Chef du Service de chimie à l’Institut Gustave Roussy, pharmacien-chef des Hôpitaux psychiatriques de la

Seine. Point n’est besoin de rappeler ses recherches

concernant la chimie du cancer : les nombreux travaux qu'il a publiés sur cette question et dont il a rassemblé les principaux résultats dans son ouvrage: « Les facteurs chimiques de cancérisation et le problème des substances cancérigènes endogènes » font actuellemerit autorité. Ayant depuis longtemps perçu l'intérêt du problème des lipides dans le cancer, il entreprit avec ses collaborateurs de doser systématiquement les lipides totaux et diverses fractions lipidiques dans le sérum sanguin de sujets cancéreux. Ces dosages, effectués au cours de huit années de recherches poursuivies au Laboratoire de chimie de l’Institut Gustave Roussy, ont fourni un exceptionnel ensemble de résultats que M. Truhaut a bien voulu mettre à notre disposition et qui constituent la base chimique de notre étude. De cela nous ne saurions trop le remercier. Qu'il veuille bien nous permettre de lui manifester encore toute notre reconnaissance et qu’il nous laisse lui dire combien nous avons été heureux d’avoir pu travailler sous sa direction et avec sa collaboration active, dans son Laboratoire, trouvant toujours près de lui un accueil si bienveil-

lant et si amical chaque fois que nous avions recours à sa haute compétence.

Notre travail est divisé en six parties.

Dans la première partie, nous passerons brièvement en revue les diverses recherches antérieures coricernant les lipides dans les états cancéreux.

La deuxième partie comprendra lénoncé des méthodes utilisées : technique de dosage des lipides totaux et modes de comparaison des chiffres trouvés.

Dans la troisième partie, nous rendrons compte des résultats que ces méthodes nous auront permis d'obtenir et discuterons la valeur et l’intérêt de ces résultats.

La quatrième partie sera plus particulièrement consacrée à l’étude des relations qui peuvent exister entre les diverses thérapeutiques appliquées au cancer et les variations du taux des lipides sériques chez les malades traités.

Dans la cinquième partie, enfin, nous exposerons les conclusions que l’on peut tirer des diverses recherches effectuées.

La sixième partie sera consacrée à l'index des

références bibliographiques.

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