CHARLES Z
Dès 1928, Roffo note une augmentation du taux des lipides totaux dans les tumeurs malignes [51] et précise par la suite que ce taux est plus élevé dans
les ganglions lymphatiques cancéreux que dans les ganglions lymphatiques normaux ou tuberculeux [53]. En 1931, Yasuda conclut également à une élévation du taux des lipides totaux dans les tumeurs malignes [69].
Green et Jenkinson, en 1934, signalent une augmentation du taux des lipides totaux dans le sang des
animaux porteurs de tumeurs, ainsi que dans le sang
des malades cancéreux, où il atteint 2 % au lieu de 0,3-0,6 % dans le sang normal [30].
Par contre Bolaffi, en 1930, constate une chute des graisses neutres dans les tumeurs animales et dans les organismes porteurs de ces tumeurs [12]. Puis Lustig et Mandler, en 1933, trouvent que la teneur en lipides totaux est abaissée dans les tumeurs pul-
monaires par rapport à la teneur en lipides totaux
des poumons normaux [42].
En expérimentant sur le lapin badigeonné au goudron, Pourbaix, en 1930, note l'instabilité de certains facteurs lipidiques du sang indiquant un trouble réel du métabolisme des lipides [49].
En 1921, Loeper, Debray et Tonnet avaient signalé, dans diverses tumeurs malignes, une augmentation du rapport cholestérol/lipides totaux [40]. Castaigne, en 1935, conclut également à une diminution du rap-
port lipides fotaux/cholestérol dans les cancers ne
s’accompagnant pas d’ictère par rétention, diminution
d'autant plus notable, d’ailleurs, que le cancer est plus grave [17].
R. Truhaut, dans son ouvrage particulièrement intéressant sur « Les facteurs chimiques de cancérisation et le problème des substances cancérigènes endogènes », paru en 1947, montre que « le taux des lipides totaux chez les cancéreux subit des variations qui ne paraissent avoir aucun rapport avec le cancer en lui-même » [63].
H. van Euler et Skarzinski écrivent, en 1924, dans « Biochemie der Tumoren » que, si l’on observe plus généralement une élévation du taux des lipides totaux chez les cancéreux, les résultats obtenus par les divers auteurs sont loin d’être parallèles [25].
C’est également l’avis de Bauer dans son ouvrage : < Das Krebsproblem », paru en 1949. Mais cet auteur souligrie cependant l'intérêt de la question en rappelant la liposolubilité de la plupart des substances cancérigènes connues et l’appartenance au groupe des lipides de certains produits pouvant être considérés, à l'heure actuelle, comme source de facteurs cancérigènes endogènes [3].
Quant à Stern et Willheim, après avoir rapporté certains cas où l’on a pu mettre en évidence une élévation du taux des lipides dans le cancer, ils concluent en disant que ces variations occasionnelles ne sauraient être la règle et ne seraient dues qu’à certains troubles du métabolisme [57].
En résumé, pour Roffo, Yasuda, Green et Jenkinson, il y aurait une augmentation du taux des lipides