‹ Cancer Latent Des ColonsChapitre 12 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

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cette opinion. Mais un ostéosarcome de l'ilion arrivé à ce stade se serait manifesté par l'apparition d’une tumeur dans la fosse iliaque externe sous les fessiers. Cette région était absolument libre dans notre premier cas. On devait donc penser à une néoplasie née aux dépens des organes contenus dans la fosse illaque ou d’un organe ptosé de la cavité abdominale.

La consistance de la masse a permis d'éliminer les tumeurs liquides {abcès froid ossifluent, kyste hydatique), el l'absence de battements les tumeurs anévrismales.

Les tumeurs ganglionnaires ont été disculées dans les deux cas. Une affection primitive des ganglions semblait peu probable et on pensa un instant à une adénopathie secondaire chez notre second malade où nous avons signalé la présence d’une légère hydrocèle et d’une tuméfaction dure épididymaire. L'intégrité du testicule etle volume très réduit du noyau épididymaire ont suffi à faire écarter ce diagnostic.

De tous les organes de la fosse iliaque droite, le cæcum et l’appendice sont le plus souvent le siège de tumeurs inflammatoires et néoplasiques, et c'est évidemment ce diagnostic qu'il fallait discuter, au moins dans la première de nos observations. On pensa naturellement et ‘avec raison au cancer du cæcum ou de la portion basse du côlon ascendant, et nous avons exposé toutes les raisons que l’on avait de s’arrêler à ce diagnostic. La biopsie concluante à confirmé cette hypothèse.

Mais le segment iléo-cæcal est le siège de prédilectiôn pour la tuberculose et on en décrit deux formes surtout: la forme hypertrophique et la forme entéropéritonéale. La présence d’une fistule non tarie semblait en faveur de ce diagnostic. Mais les antécédents du sujet,

l'absence de crises douloureuses, le volume considérable de la tumeur, l'absence d'autres localisations tuberculeuses de l'organisme, l’âge du sujet ont permis d’écarter ce diagnostic.

L’appendice enfin pouvait être soupçonné dans notre premier cas. Mais on ne pouvait penser à une appendicite inflammatoire ou à une tuberculose de l’appendice en présence d’une tumeur aussi volumineuse, n'ayant Jamais élé le siège d'accidents aigus qui rappellent la crise d'appendicite. N’existe-t-1l pas cependant des formes subaiguës d’appendicite et les localisations rétropéritonéales, d'origine appendiculaire, ne peuvent-elles être une cause d'erreur? La tumeur dure et empâtée profondément, l'absence de réaction péritonéale pouvaient faire penser à une de ces formes anormales. Il est vrai que souvent ces empâtements profonds tendent à fuser vers la région lombaire ; et celle-ci était libre dans notre cas.

Le rein fut mis hors de cause dans nos deux cas; car il n'aurait pu être question que d’un gros rein fortement ptosé dans la fosse iliaque, el cette hypothèse était invraisemblable. |

Le foie el ses annexes devaient être considérés, mais n'ont pas arrêté longtemps l'attention. C'est surtout la vésicule biliaire qui devait être incriminée et l'intégrité de la région hépatique et de la région des voies biliaires, l'absence d’ictère ont permis de la mettre hors de cause.

Un instant la vessie fut soupçonnée, surtout dans notre seconde observation caractérisée par des troubles vésicaux. L'examen cystoscopique à permis d'éliminer cet organe et les reins. ‘

Mais ilest une affection avec laquelle la confusion était possible : nous voulons parler des sigmoïdites suppurées ou chroniques qui peuvent donner lieu à une

masse tumorale semblable à celle de notre seconde observation ou à des abcès venant s'ouvrir dans des régions éloignées comme dans la région, cæcale. Chez notre premier sujet la tumeur occupait franchement la fosse iliaque et le flanc droits et on pouvait éliminer cette hypothèse. Chez le second, l'absence complète de troubles intestinaux permettait de la rejeter; car si les affections du côlon ascendant, transverse ou descendant peuvent évoluer avec une latence absolue, les affections sigmoïdiennes se manifestent très vite par des troubles de sténose, de la douleur ou du méléna, et on observe rarement chez elles l'absence de phénomènes intestinaux comme celle que nous avons constatée chez nos deux malades.

Donc, en procédant par élimination, c’est bien le cancer de l'intestin et des côlons en particulier qu'il fallait soupçonner dans les observations que nous rapportons.

Après élimination des diverses affections que nous venons d'énumérer on s'arrêta à ce diagnoslie et on en trouva secondairement la confirmation dans la biopsie ou la laparotomie exploratrice. C’est évidemment la conduite à tenif en pareil cas. Quoi qu'il en soit, ces diagnostics offrent une très grande difficulté. Comment en serait-il autrement quand on sait combien parfois après laparotomie le point de départ de ces néoplasies est difficile à trouver ?

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