‹ Cancer Latent Des ColonsChapitre 7 sur 14 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Inédite. — Due à l'obligeance de M. le professeur Forgue)

Le 26 mai 1920, B. H..., 60 ans, cultivateur, entre dans le service du professeur Forgue, salle Delpech, n° 23, pour tumeur de la fosse iliaque droite.

Le malade fait remonter le début de son affection au mois d'août 1919. Il aurait ressenti des douleurs dans la fosse iliaque et la région inguinale droites avec irradiations dans le scrotum et la cuisse droite. Ces douleurs n'étaient pas continues mais se montraient après son travail el à la moindre fatigue.

Au début de septembre, œdème du pied droit. Repos au lit. Disparition en deux jours. Reprend son travail.

Le 9 octobre apparaît un œdème non douloureux de tout le membre inférieur droit. On pense à une phlébite et on immobilise le membre dans une gouttière pendant cinquante jours. On s'aperçoit alors de la présence d’une tuméfaction non douloureuse et dure dans la fosse iliaque droite. Cependant, l'œdème du membre inférieur

‘— 13 — ayant un peu diminué, le malade se lève sans toutefois pouvoir reprendre ses occupations pendant un mois.

Vers la fin décembre, la tuméfaction augmente rapidement de volume, la température apparaît, la peau se tend à son niveau, rougit même un peu, la masse devient fluctuante et le siège de douleurs vives. Une incision est pratiquée au point le plus fluctuant. Elle donne issue à une grande quantité de pus très fétide. Cette plaie, s'étant en partie fistulisée, donne encore issue à un écoulement purulent continu. Depuis lincision, les douleurs ont cessé, l’æœdème du membre inférieur a diminué mais persiste au niveau du pied.

Le malade n’a jamais présenté d’accidents d’occlusion, ni d'obstruction intestinale. Jamais de sang dans les selles. Jamais de méléna. Pas de vomissements. Pas d’hématémèse. Pas d'ictère. Nous ne relevons pas de trace de syndrome de Kænig. Amaigrissement de 15 kilos en un an. À toujours bien uriné.Jamais d’hématurie. Rien dans les antécédents. Une fille bien portante.

Ilse présente à l'examen du professeur Forgue en mai 1920. Le malade est amaigri. Le teint un peu anémié. Il

nous raconte son histoire et, interrogé sur le fonctionnement de ses appareils, il ne nous révèle rien de particulier ; il mange bien, n’a pas de dégoût électif; va régulièrement à la selle. Il marche cependant difficilement, la cuisse fléchie, et présente un certain degré de psoïtis.

Il porte au niveau de la fosse iliaque droite une large fistule à l’extrémité interne d'une cicatrice d’incision parallèle à l’arcade crurale et à 2? cm. au-dessus environ. Cette fistule donne issue à du pus verdâtre qui nécessite un pansement tous les jours. Les bords sont décollés, rouges, occupés par des bourgeons. Le fond est occupé par un tissu mucilagineux, transparent, rappe-

lant un peu une agglomération de vésicules de kyste hydatique. À la pression on fait sourdre du pus. Jamais il ne s’est écoulé de matière de cet orifice.

La fosse iliaque droite est occupée toute entière par une tumeur dure faisant bloc avec la peau au niveau de la cicatrice et de Ja fistule, et adhérente aux plans profonds. Cette tumeur, soulevant les téguments de la fosse iliaque droite et du flanc droit, remonte en haut jusqu'à l'horizontale ombilicale, en bas elle fait corps avec larcade crurale qu’elle paraît soulever pour aller empâter la partie supérieure de la région crurale. Ses bords ne sont pas nels mais paraissent infiltrés. En dehors elle atteint la paroi du flanc droit, en dedans elle présente deux prolongements dont l’un est dirigé vers l’ombilie, l'autre occupe la région hypogastrique. Ces prolongeménts font partie de la tumeur et sont fixés comme elle aux plans profonds.

Sur la tumeur, la peau est mobile sauf au niveau de la cicatrice et de la fistule. La consistance de la masse est dure. Pas de fluctuation. Elle est mate sur toute son étendue.

Le foie est normal. Pas d’ascite. Pas de circulation complémentaire. |

Cœur, poumons : Rien à signaler.

OEdème du pied droit.

Toucher rectal. — Pas d'ulcération de la muqueuse, ni de tumeur rectale. Mais le rectum est fortement dévié en arrière par la masse qui le comprime contre le sacrum à 6 ou 7 cm. de l'anus et comble littéralement le Douglas. Cette masse explorée par le rectum offre les mêmes earactères de dureté et de fixité qu’à l’exploration abdominale. Elle paraît s'étendre jusqu’au bord gauche du petit

TC LEO bassin, c’est-à-dire jusqu'à la ligne innominée gauche, et coiffer le détroit supérieur.

Examen du pus de la fistule iliaque. — Staphylocoque. Biopsie. —: La peau est légèrement incisée, après

l’anesthésie locale, au niveau de l'angle externe de la fistule, et des fragments d'un tissu mucilagineux et tremblotant sont prélevés pour examen.

Examen microscopique (Laboratoire du professeur Grynfellt). — Le fragment prélevé présente des cavités irrégulières dont certaines sont disposées en tubes et tapissées par un épithélium cylindrique. A l'intérieur de ces cavités incomplètes et en dehors d'elles on trouve des cellules colloïdes très déformées, à protoplasma gonflé et noyau refoulé à la périphérie.

Le malade sort du service, le 28 juin 1920, sans intervention.

OBSERVATION Il

(Inédite. — Service de M. le professeur Forgue. Suppléance de M. le professeur agrégé Riche)

Le 2 septembre 1920, entre salle Delpech, n° 28, dans le service du professeur Forgue, B. H..., chaudronnier, 08 ans, pour tumeur de la région hypogastrique.

Le début remonte au mois de mars 1920 par des douleurs occupant la région hypogastrique et s'irradiant dans les régions inguinales (présence d'une hernie inguinale bilatérale). Les douleurs se montraient à la moindre fatigue, surtout le soir,et étaient calmées par le repos.

En mai, apparaissent des phénomènes de cystite assez

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