‹ Cancer primitif du larynxChapitre 15 sur 27 · OBSERVATION VIL · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIL

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Cancer épithélial du larynx (Trachéotomie, mort. Curlings in Schmidt?»

Jarhrb. 1861). Observation traduite par mon ami M. le DJ'Courbon,

Un homme, âgé de 62 ans, vient se faire traiter en octobre 1866, pour une maladie caractérisée par de la toux, de l’enrouement, de la dyspnée et de la difficulté dans la phonation, symptômes dont il se plaignait depuis neuf mois.

On ne constate pas trace de syphilis. Considérant le cas comme une laryngite chronique, on traite le malade par le mercure et les vésicatoires répétés, appliqués sur la poitrine. Plus tard et pendant longtemps, on administra la teinture d’iode à l’extérieur et l’iodure de potassium à l’intérieur. Enfin on lui mit au-dessous du cartilage thyroïde, un séton qui resta pourtant plusieurs semaines sans produire de bons effets.

Vers le milieu de décembre, la toux devint continuelle, la dyspnée augmenta, le malade présenta de la cyanose, perdit journellement ses forces; le sommeil l’abandonna presque complètement. Comme on avait lieu de craindre une mort prochaine par suffocation, on fit appeler Debenham en consultation. Il proposa la trachéotomie.

Curling la pratiqua Je 19 décembre. Il fit une ouverture à la partie supérieure de la trachée et introduisit une canule d’argent.

Le résultat de l’opération fut manifestement favorable, la toux disparut, le malade reprit ses forces et, loin d’être obligé, comme avant l’opération, de garder constamment le lit, il était capable quatre mois après de faire des courses de plusieurs milles.

Une valvule située dans la canule permettait d’inspirer par ce tuyau et d’expirer par ie larynx, de telle sorte que la parole était conservée.

Mais le mal fit des progrès visibles dans le larynx, la valvule de la canule ne fut supportée que pendant quelques semaines, et au mois de mai suivant, elle ne pouvait être maintenue en place que pendant une demi-minute. Ce qui indiquait que le rétrécissement du larynx avait fait de grands progrès.

Cinq mois avant la mort, on apercevait sous la clavicule plusieurs ganglions tuméfiés. Le malade éprouvait des douleurs lancinantes et par intervalle de la dysphagie qui permit toutefois pendant toute la maladie l’introduction d’aliments liquides.

Le 24 décembre 1855, la malade mourut par simple épuisement, sans dyspnée particulière.

Curling eut l’occasion de recueillir les pièces anatomiques. Il observa ce qui suit.

L’orifice supérieur du larynx était réduit à une simple fente, quj permettait seulement le passage du manche d’un scalpel. Les glandes de la base de la langue étaient augmentées de volume et en partie ulcérées. La muqueuse de la base de l’épiglotte était fort injectée. Dans ce dernier point la couche épithéliale était épuisée et opaque. La cavité du larynx était remplie par une tumeur en forme de chou-fleur, de couleur rougeâtre et gris blanchâtre, de consistance molle et friable.

Entre le bord inférieur de la tumeur et la plaie produite par l'opération il n’y avait qu’une étroite bandelette de muqueuse passablement saine. Les bords internes de la plaie de l’opération étaient épaissis, la tumeur se prolongeait en partant du bord inferieur du cartilage cricoïde et se dirigeait en bas et en arrière contre la trachée

et 1 œsophage et s’ouvrait par une petite ulcération dans l’œsophage au niveau du troisième cartilage trachéal.

La tumeur paraissait avoir eu pour point de départ la partie supérieure et antérieure du larynx et s’ètre développée d’avant en arrière et de haut en bas.

En incisant profondément la production morbide, on pouvait sentir avec le doigt les cartilages du larynx rudes au toucher et ossifiés. La muqueuse de la partie inférieure du pharynx et de la partie inférieure de l’œsophage présentait un aspect gris blanchâtre, était épaissie, fendillée, couverte de petites taches arrondies, légèrement élevées, ressemblant à des gouttelettes de cire fondue.

L’opinion de Curling, que cette humeur était bien un cancer épithélial, fut pleinement confirmée par l’examen microscopique qu'en fit le Dr A. Clark.

On trouva les éléments histologiques suivants :

1° Granulations protéiques et graisseuses en quantité considérable ;

2° Tissu fibroïde en bandelettes et en aréoles ;

3° Noyaux libres, soit avec nucléoles et contenu granuleux, soit sphéroïde à double contour avec contenu liquide et granuleux;

4° Cellules épithéliales de formes diverses quant aux parois et aux noyaux. Les cellules simples occupaient la surface de la néoplasie et se trouvaient disposées en couche, sans ordre déterminé. Ces couches n’aient percées que çà et là d’orifices arrondis.

La partie profonde de la tumeur contenait des noyaux libres et des cellules plus composées.

Clark croit devoir ranger cette néoplasie dans la classe des cancers, parce qu’il y a trouvé une si grande quantité de cellules composées mélangées à ses noyaux libres, que,, dans la plupart d’entre elles, existait en un lieu une prolifération endogène, et que la néoplasie tout entière s’était développée aux dépens des tissus ambiants, soit par transformation, soit par dégénération.

Blanc.

D’après Clark, en outre, cette tumeur devait être classée parmi les cancers épithéliaux, attendu qu elle provient manifestement de l'épithélium.

La néoplasie paraissait s’être développée directement par transformation du tissu envahi, et non par formation cellulaire libre dans un blastème exsudé, mode d’origine que Clark n’admet pour aucune espèce de tumeur cellulaire.

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