‹ Cancer primitif du larynxChapitre 20 sur 27 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Lancer médullaire du larynx traité par le D1' Tortual en 1827, cas rapporté par Wuther, de Munster (in Schmidt’s Jarhrb., 1836, vol. IX,

Un ecclésiastique de GO ans se plaignait d’une certaine gêne dans le larynx. En même temps se déclarèrent de l’enrouement et de la

toux qui était sensible, surtout lorsqu’il parlait. Les boissons alcooliques auxquelles le malade s’adonnait causaient une sensation de brûlure au niveau du larynx.

En novembre 1826, la respiration était encore assez facile. Vers le soir, il y avait un léger accès de fièvre. De plus le malade avait sensiblement diminué d’embonpoint. On le traita par l'extrait de jusquiame, le soufre doré et des vésicatoires au niveau du larynx. Le malade ne suivit pas ce régime.

En 1827, Tortual en treprit le traitement du malade, mais inutilement. Huit jours avant sa mort, l’enrouement devint plus violent et ne le quitta plus. De plus, au niveau de la région tuméfiée de la corne gauche du cartilage thyroïde, le malade ressentit un espèce de picotement et en même temps la déglutition présenta la sensation d un os qui se serait arrêté dans le canal alimentaire. Ces sensations étaient parfois insupportables et ne diminuaient que lorsque le malade avait rejeté par la toux un peu de pus.

Quinze jours avant la mort la toux était devenue spasmodique, et il y avait parfois menace d’asphyxie. Généralement l’expectoration était sèche; de temps en temps elle était muqueuse. La nuit, dans le décubitus dorsal, la toux redoublait d’intensité. Bientôt aussi à la gêne de la déglutition se joignirent des picotements dans le pharynx; les aliments solides ne purent plus passer et les derniers jours le malade ne put plus avaler que des liquides.

La mort arriva dans un accès de toux.

A Y autopsie, on trouva à l’intérieur du larynx, entre la grande corne gauche du cartilage thyroïde et l’épiglotte, au-dessous du ligament hyo-épiglottique, un sarcome médullaire de la grosseur d’une noix; à travers le ligament ary-épiglottique, la tumeur, de consistance cerébelleuse, communiquait avec l’épiglotte. En ce point l'épiglotte était comprimée, la corne du cartilage thyroïde déprimée et la muqueuse du larynx suppurée. La corde vocale correspondante, ainsi qu’une partie du ventricule de Morgagni, étaient envahie.

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