CONCLUSIONS
On voit donc que la science dispose de plus de trente cas, la plupart bien observés et indiscutables, de cancer du larynx. Ce chiffre insuffisant, sans contredit, pour juger définitivement la question, nous semble cependant assez respectable pour nous permettre de formuler quelques conclusions, conclusions un peu hâtives, il est vrai, mais que des observations ultérieures viendront sans doute modifier en les précisant.
1° Le cancer primitif du larynx est une affection rare ; le nombre d’observations de tumeurs laryngées en général, publiées jusqu’ici, est très-considérable ; celui de cancer de cette région se borne à moins de 30.
2° Le point de départ et le siège d’élection du cancer laryngé est surtout la muqueuse du ventricule de Morgagni.
3° Les principales variétés du cancer laryngien sont le cancer médullaire et l’épithélioma.
4° Abandonné à lui-même, le cancer du larynx envahit les tissus circonvoisins, rétrécissant les voies respiratoires et celles de la déglutition. Les cartilages du larynx s’opposent longtemps au progrès du mal ; mais ils finissent par être englobés à leur tour, et alors les progrès de la tumeur ne s’arrêtent qu’avec la vie du malade.
5° Au début de l’alîection, malgré l’examen laryngoscopique le plus consciencieux, il est très-difficile de reconnaître la nature cancéreuse d’une tumeur laryngée. Plus tard, l’extension rapide et l’aspect particulier du néoplasme, l’engorgement ganglionnaire et la cachexie terminale n'assurent malheureusement que trop le diagnostic.
6° Le traitement reconnaît deux indications principales :
1° Enlever le mal ; 2° pallier aux accidents les plus pressés et surtout à l’imminence de l’asphyxie. Cette dernière indication est remplie par la trachéotomie, la première par l’extirpation de la tumeur. Selon les cas, cette ablation se pratique par la voie buccale ou parles différents procédés de laryngotomie.
La laryngotomie est toujours indiquée quand la tumeur n’est pas abordable par les voies naturelles ou quand, par ce dernier moyen, on n’arrive pas à la destruction totale du néoplasme.
Du reste, quelque bien pratiquée et quelque radicale qu’elle soit, l’extirpation est constamment suivie, soit de repullulation sur place, soit de généralisation secondaire et définitivement de la mort par cachexie cancéreuse. Toutefois, si l’on ne parvient pas à sauver la vie du patient, du moins on l’adoucit et on la prolonge. C’est ainsi que, dans le cas observé par M. Desormeaux, la laryngotomie a permis au sujet de survivre pendant près de trois ans.
Ici donc, comme dans d’autres circonstances analogues, l’art chirurgical, en intervenant, remplit sa mission, qui est de soulager, sinon de guérir.
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P. Lackerbauer et A Henocque ad nat.del.
Imp.Bec^uet à Paris .