‹ Cancer primitif du larynxChapitre 25 sur 27 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Épithélioma du larynx observé par Gardon Buck.

Dame, 51 ans, symptômes d'obstruction du larynx, grande dyspnée, aphonie ; du reste toutes les apparences d’une robuste constitution. Elle consulte M. Buck en avril 1851. L’examen par la bouche et par le toucher n’apprend rien, mais les troubles fonctionnels font porter le diagnostic d’une tumeur siégeant dans le larynx et dont la nature reste inconnue. Les accidents redoublant d’intensité, on se décida à opérer le 3 mai.

Incision longitudinale sur la ligne médiane ; ouverture de la membrane crico-thyroïdienne, puis section, à l’aide de forts ciseaux, du cartilage thyroïde qui était ossifié, du cartilage cricoïde et des anneaux supérieurs de la trachée. Le larynx est rempli de végétations solides, d’apparence condylomateuse On en extirpe une partie,

(1) Gazette hebdomadaire, p. 164. Traitement chirurgical des polypes du larynx par M. Verneuil.

Blanc. 1:2

mais l’ablation complète étant jugée impossible, on ajourne la fin de l'opération. Excision partielle des deux premiers anneaux de la trachée pour placer une canule à demeure; un grand soulagement suit ce premier acte opératoire.

Le lendemain, seconde séance d’excision qui reste encore incomplète ; cautérisation du reste de la tumeur avec le nitrate acide de mercure. Il en résulte un gonflement considérable qui masque tout à fait la cavité du larynx. On se décide à attendre la guérison de la

plaie pour agir de nouveau.

Le 20 septembre, seconde opération. On incise depuis 1 ouverture trachéale occupée par la canule jusqu’à un pouce et demi du menton, incisant ainsi sur la ligne médiane les deux cartilages et les membranes jusqu’à l’os hyoïde, puis on prolonge d’un pouce en bas l’ouverture permanente de la trachée. On arrache et on excise quelques portions pédiculées, mais on reconnaît alors que la tumeur est trop étendue pour qu’on puisse l’enlever en entier ; on retranche ce qu’on peut pour désobstruer la glotte. Réunion partielle de la

plaie, canule remise en place.

Cette cruelle opération est bien supportée ; elle ne provoque pas d’accidents sérieux, mais bientôt les accidents d’obstruction reparaissent, la canule se déplace à chaque instant. Pour prolonger la vie, on fait le 7 janvier 1852 une troisième opération, palliative cette fois, et qui consiste à inciser la trachée très-bas pour y placer de nouveau la canule. Celle-ci, pour des causes bien étudiées dans l’observation, se déplace aussi au bout d’un certain temps. Le -4 août, la malade retire le tube pour le faire changer. Un accès de suffoca tion survient, l’instrument ne peut être replacé assez vite et la mor

résulte de ce retard.

L’étude de la tumeur donna la preuve qu’elle était de nature maligne.

— ru —

Page 1