DH = D
Acidité apparente en Hcl, 1,75 0/00.
Ammoniaque, 11,30 0/00.
Urée, 38,75 0/00.
Coefficient Maillard = 5.
L'examen cytologique révèle quelques rares hématies et leucocytes, cellules épithéliales et cellules rondes ; quelques cylindres épithéliaux et graisseux.
L’autopsie confirme l’existence d’un néoplasme généralisé à la plupart des viscères et dont le point de départ est vraisemblablement un petit cancer à forme ulcéreuse de la petite courbure de l’estomac.
Dès l’ouverture de l’abdomen, on constate, avec un peu d’ascite, un énorme foie (3.300 gr.), bosselé de noyaux blanchâtres avec, à la coupe, de vastes cavités hémorragiques, et à la face inférieure duquel adhère l’estomac, en arrière de celui-ci énorme masse infiltrée comprimant le pancréas et les ganglions de la région solaire.
L’aorte est véritablement engainée par cette masse qui adhère à la colonne vertébrale et qui explique la symptomatologie surtout douloureuse que présentait la malade.
On trouve également des noyaux de généralisation sur le
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péritoine diaphragmatique et pelvien. La généralisation a également atteint les organes intra-thoraciques : énorme masse ganglionnaire trachéo-bronchique, noyaux de généralisation pulmonaires, pleurésie bilatérale peu abondante à prédominance gauche.
Les autres organes, rate, cœur, reins semblent macroscopiquement indemnes.
L'examen histopathologique est le suivant :
Le fragment de la paroi gastrique montre l'existence d’un épithélioma très atypique qui, dans certaines zônes, revêt pourtant le type glandulaire et, par place, colloïde. On ne retrouve aucune trace de la muqueuse gastrique normale.
Le fragment du ganglion sus-claviculaire montre que celuici est envahi par un épithélioma ayant tous les caractères de celui précédemment décrit ; il ne reste, du ganglion normal, qu'une mince couche à la périphérie.
Le poumon présente un nodule épithéliomateux avec iles mêmes caractères. Il s’agit d’un épithélioma gastrique avec métastases ganglionnaire et pulmonaire.
Quartigeste de 38 ans, avec symptômes vagues de compression nerveuse et quelques troubles gastriques datant d’une dizaine d'années.
Trois fausses couches.
Aggravation très nette de la tumeur dès le 6° mois de la gestation : métastases ganglionnaires.
Diagnostic tardif.
Evolution foudroyante {deux mois) : métastases
généralisées : mort.
OBSERVATION IV (Due à l’obligeance de M. le Professeur Agrégé RHENTER)
Cancer de l'estomac.
Mme Ph.…., 27 ans, entre dans le service de maternité de la Croix-Rousse, le 1” avril 1930. ;
Antécédents héréditaires et collatéraux : rien à signaler.
Antécédents personnels .: fièvre typhoïde de l'enfance.
Antécédents obstétricaux : deux enfants bien portants.
L’affection actuelle remonte à deux ans environ. La malade aurait ressenti des douleurs au creux épigastrique depuis cette date, mais ces dernières sont devenues si fortes depuis six mois, en même temps qu’apparurent des vomissements tous les jours, vers 5 heures du soir (liquides et quelques fois bilieux) que la malade entre dans le service de M. Santy, en février 1930.
L'examen radioscopique ayant révélé un néoplasme gastrique, M. Santy fait une gastro-entéro-anastomose à la malade.
Alors période d’accalmie pendant trois semaines, cessation de la douleur, maïs persistance, tous les deux ou trois jours, de vomissements liquides.
Après un mois, les vomissements devinrent plus intenses et plus nombreux (jusqu’à 2 à 3 par jour) sans horaire régulier comme auparavant.
La malade revient voir M. Santy qui, devant la constatation d’une gestation de quatre mois, se propose de disculer l'indication d’un avortement thérapeutique.
M. Rhenter décide d’y recourir et pratique, sans incidents, par curage digital le 2 avril 1930, l'interruption de la: QTOSsesse.
Pas d'incidents secondaires. La malade quitte le service le 14 avril, paraissant améliorée, du point de vue fonctionnel.
D'après l’enquête effectuée, la malade a présenté pendant 4 mois un état relativement satisfaisant, puis les accidents se sont reproduits très fréquents et elle a succombé le 27 septembre 1930.
MTS
En somme, femme de 37 ans, avec syndrome douloureux gastrique datant de deux ans.
Aggravation nette des symptômes quelque temps avant la gestation. Gastro-entéro-anastomose précoce au deuxième mois de la gestation, avortement thérapeutique au troisième.
Très bon résultat pendant qatre mois. Mort six mois après l'interruption de la grossesse.
OBSERVATION V (Due à l’obligeance de M. le Professeur BÉRARD)
Cancer du sein récidivant.
Mme G... née R., 40 ans.
Rien à relever dans ses antécédents héréditaires ou collatéraux. Antécédents obstétricaux : mère de cinq enfants, le dernier accouchement ayant eu lieu en janvier 1927.
L’affection actuelle remonte à quelques mois avant son dernier accouchement en janvier 1927, la malade ressent alors des douleurs dans le bras gauche, en même temps qu’elle remarque la présence d’une glande dans l’aisselle sans percevoir aucune grosseur dans le sein.
Elle allaite pendant un mois seulement à cause des vives douleurs qu’elle ressent dans le sein gauche ; un médecin consulté croit à un abcès qu'il tente d’inciser mais, ne trouvant pas de pus, il envoie la malade dans le service du Docteur Cotte qui pratique un Halstedt en septembre 1927.
Un an environ après cette opération (juillet 1928) la malade voit réapparaître une glande dans l’aisselle qui ulcère la peau en janvier 1929.
La malade ne se décide à venir consulter qu’en mai 1929,
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à cette date bon état général ; l'examen montre, à la partie supérieure de la cicatrice et dans le creux axillaire, une tumeur arrondie, néoplasique, du volume de deux pièces de 5 francs, ulcérée, bourgeonnante, pas d'œdème du bras, pas de métastases cutanées à la partie inférieure de la cicatrice qui est souple.
On commence le traitement radiothérapique.
L’adénopathie sus-claviculaire est encore mobile.
Le 14 mai, réintervention par le Docteur Creyssel : incision circonscrivant à distance les tumeurs de la partie ulcérée, la lésion paraît partout dépassée ; pourtant, au niveau du plan costal existent encore quelques zones lardacées suspectes….
Bon résultat jusqu’au mois de novembre 1929, date à laquelle on note dans la région sus-claviculaire gauche un surélévement visible à l’extérieur.
La palpation montre qu'il s’agit d’un épaississement des parties molles avec quelques ganglions augmentés de volume.
L'examen du sang pratiqué vers cette époque montre seulement 3.131.000 globules rouges contre 21.000 globules blancs au millimètre cube.
La malade.est au début d’une nouvelle gestation. Au 6° mois de cette dernière, en mars 1930, la malade présente à nouveau des ganglions dans la région axillaire droite — on pratique le curage axillaire le 6 mars 1930 qui montre de grosses masses ganglionnaires surtout à la partie basse de l’aisselle — résection d’un faisceau du grand pectoral.
L'examen anatomo-pathologique pratiqué par le Docteur Croizat sur le ganglion axillaire montre :
Un envahissement ganglionnaire d’un épithélioma du sein ayant gardé encore, par endroits, quelques caractères sécrétants.
On trouve cependant des mitoses et des anomalies dans les lobules néoplasiques noyés dans un stroma assez développé ; le parenchyme ganglionnaire est repoussé à la périphérie.
Le 4 mai 1930, l’examen clinique montrait une cicatrice
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opératoire restée souple satisfaisante. La cicatrice ancienne du côté gauche ne semble pas présenter des traces de récidive.
Dans la région sus-claviculaire gauche il subsiste un empâtement profond dans lequel on ne décèle pas de ganglions claviculaires…
La malade a subi, du 7 mai au 5 décembre 1929 trois groupes de séances de radiothérapie.
Elle aurait accouché en juin d’un enfant de poids normal et qui se porte bien ainsi que la malade.
Cancer du sein apparu chez une femme de 40 ans, pendant sa cinquième gestation. Aggravation nette due à l'allaitement. |
Opération minutieuse sept mois après l’accouchement. Récidive neuf mois après l’opération.
Sixième gestation : métastase de l’autre côté, au sixième mois de la grossesse.
Allaitement interdit. Diagnostic et opération précoces de la métastase, séances de radiothérapie.
Bon résultat : mère et enfant vivants.
OBSERVATION VI (Due à l’obligeance de M. le Professeur Agrégé ÉPARVIER)
Cancer du sein.
Mme X.., 26 ans. Ayant déjà eu trois grossesses suivies d’allaitements au sein prolongés. Vue pour la première fois le 20 décembre 1923, 40 jours après l’accouchement d'un quatrième enfant. Elle signale que dans les derniers mois de la grossesse elle a remarqué dans le sein droit une tuméfaction indolente malgré laquelle l'allaitement fut com-
mencé. En quelques jours, le sein est devenu énorme, phlegmoneux, œdémateux sans cependant présenter l'aspect érectile de la mastite carcinomateuse ; l’aisselle renferme quelques ganglions durs.
Pas de fièvre, pas d'écoulement purulent par le mamelon.
Le 21 décembre incision exploratrice dans un tissu œædémateux en surface, prélèvement du tissu plus induré, lardacé, pour biopsie.
Examen anatomo-pathologique pratiqué par le Docteur Dunet : épithélioma atypique.
Le 27 décembre, amputation large du sein par Halsted : la totalité de la glande est envahie ; suites simples, guérison apparente se maintenant jusqu’en juin 1924 ; à cette époque apparition de placards cutanés suspects, séances de rayons X. Mort en octobre 1924 de pleurésie cancéreuse, c'est-à-dire, Al mois après la constatation de l’accroissement de la tumeur. |
Apparition d’un cancer du sein dans les derniers mois d’une quatrième gestation chez une femme de 26 ans.
Allaitement : augmentation considérable du volume de la tumeur.
Opération 47 jours après l’accouchement ; récidive et métastase 6 mois après celle-ci.
Mort 11 mois après l'apparition de la tumeur.
OBSERVATION VII (Due à l’obligeance de M. le Professeur Agrégé ÉPARVvIER)
Cancer du sein.
Mme G..., 28 ans. Ayant eu une fille de 3 ans. Est vue pour la première fois le 19 février 1925. Elle avait constaté un an
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auparavant, pour la première fois, une tumeur dans le quadrant supéro-externe du sein droit.
Il y a cinq mois et demi, début d’une grossesse qui évolue depuis ; à partir de cette époque la tumeur du sein a beaucoup augmenté.
Lors de l'examen, volumineuse masse du quadrant supéroexterne du sein droit, encore mobile sur les plans profonds et indépendante de la peau.
Circulation sous-cutanée très intense ; ganglions axillaires comme des amandes, très mobiles ; pas de ganglions sus-claviculaires, pas de signes de métastase.
Le 23 février 1925 amputation du sein par Halsted typique, très étendu, curage de l’aisselle très minutieux et très poussé, hémostase difficile ; sur la pièce opératoire, glande évoluée en pleine lactation et néoplasme déjà étendu ; les ganglions sont envahis.
Le 18 mars 1925, les suites ont été très simples ; à peine léger œdème du membre supérieur droit mais état général peu brillant, téint pâle décoloré, douleurs erratiques dans la région lombaire. Il semble que le foie soit très augmenté de volume ; radioscopie pleuro-pulmonaire négative.
Le 25 mars 1925, le volume de l’utérus augmente anormalement vite. Le diagnostic de grossesse gémellaire est affirmé de façon certaine ; l’accouchement a lieu le.15 avril à 7 mois et demi.
Deux filles de 1.600 et 1.650 gr. naissent vivantes ; l’une d'elles (siège) meurt 30 h. après, l’autre vigoureuse se développe sans incident et est actuellement bien portante. Aucun accident obstétrical. L’évacuation utérine permet de percevoir plus nettement l’énorme volume du foie qui descend jusqu’à la crête iliaque ; en même temps des signes de métastase et d'épanchement pleural droit. La cachexie s'accroît rapidement et la malade meurt trois semaines après l'accouchement.
Cancer du sein apparaissant six mois avant une deuxième gestation chez une femme de 28 ans.