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CHAPITRE II

Observations

OBSERVATION I (Due à l’obligeance de M. le Professeur Voron)

Cancer du pancréas

Mme S..., née M..., 37 ans. Entre dans le service de mater- : nité le 1% février 1928.

On ne relève rien dans ses antécédents héréditaires. Père et mère vivants.

Antécédents obstétricaux : Accouchement le 20 avril 1926 d’un garçon qui meurt deux jours après de débilité.

Grossesse actuelle : Dernières règles 10-14 juillet 1927. Accouchement probable 20 avril 1928.

Dès son entrée, la malade signale qu'elle souffre depuis cinq ans de « spasmes de l’œsophage », spasmes réveillés et exacerbés par les méts acides et les crudités, avec sensation d’obstruction complète de l’œsophage.

La malade depuis cinq ans a consulté plusieurs médecins qui ont parlé de gastronévrose, d’aérophagie... et institué des traitements n’ayant amené aucune amélioration.

On a pensé aussi à un rétrécissement de l’œsophage et pra-

LS ape

tiqué un catéthérisme et une radiographie qui ont été négatifs.

En somme, pendant quatre ans, la malade a présenté un syndrome gastrique intermittent sans amélioration, s’aggravant même légèrement, mais pas d’ictère pendant cette longue période.

La grossesse commence en juillet 1927. Dès la première quinzaine d'août, la malade vit s'installer un ictère léger, sans signes caractéristiques : pas de température, pas de coliques ; cependant un léger pruxit, en même temps que les symptômes gastriques apparus quelque temps auparavant s’aggravent : spasmes avec sensation d'’obstruction complète de l’œsophage, la salive même n'est plus déglutie. Cette sensation dure quelquefois plusieurs heures, souvent une demi-journée et plus.

Des vomissements liquides, aqueux, filants, soulagent la inalade pendant quelques minutes... puis répétition de ces vomissements et des douleurs constrictives œsophagiennes et stomacales qu'aucun médicament ne peut soulager (l’ingestion d’alcalins exacerbe ces douleurs). Du deuxième au troisième mois, la malade passe par une période de dépression physique, avec asthénie et nausées plus fréquentes ; les vomissements continus identiques ; épistaxis nombreux.

En novembre 1927, le Professeur Savy consulté, pose le diagnostic de cirrhose, en présence de l’ascite, de nombreux épistaxis, du volume du foie et des symptômes digestifs.

A l'entrée à la Clinique obstétricale, l’examen de la malade révèle l’ictère qui n'a pas rétrocédé, mais sans aucune douleur et l’interrogatoire apprend que la malade à maigri de 5 kilogs depuis le début de sa grossesse, sans avoir perdu l'appétit ; cet ictère est un ictère foncé par rétention type ; téguments verdâtres, sels et pigments biliaires dans les urines avec urobiline,

Pendant son séjour à l’infirmerie, le Professeur Villard ayant examiné la malade pense à un .néoplasme de la tête du pancréas et se propose un autre examen après l’accouche-

ment qui a lieu spontanément à sept mois, le 7 février 1928, en O. I. G. A., d’une enfant de 1.680 grammes.

Un mois après, l’examen pratiqué par M. Villard montre la présence d'ondes péristaltiques absolument nettes au niveau de l’estomac. Foie et vésicule augmentés de volume ; vomissements fréquents, et fait admettre l’existence d’un obstacle siégeant, à la fois sur les voies digestives et sur les voies

biliaires (néoplasme du pancréas ? du pylore ? pancréatites P?) L'intervention étant jugée nécessaire et urgente, la malade entre dans le service de M. Villard et est opérée le 16 mars 1928 (soit 40 jours après son accouchement).

Elle revient le 31 août 1928. On lui fait une cholécystentérostomie transmésocolique avec la première anse jéjunale. Ouverture accidentelle dé la vésicule. Aspiration. La malade meurt le 5 septembre 1928, soit sept mois après son accouchement.

Femme de 37 ans avec symptômes gastro-æsophagiens cinq ans avant le dernier accouchement.

Accouchement en 1926 d’un enfant de poids faible, mort deux jours après la naissance : débilité ?

Tumeur aggravée par la grossesse (ictère à demeure dès le début).

Diagnostic tardif (7° mois). Accouchement prématuré à 7 mois : enfant de poids relativement normal, mais qui, d’après l’enquête, a eu un développement très lent (marche à 20 mois).

Intervention : mort 7 mois après l’accouchement.

SEM.» Me 2

OBSERVATION II (Due à l'obligeance de M. le Professeur Voron)

Récidive d’un cancer de l'estomac

Mme B.., 33 ans. Entre le 2 novembre 1923 à la Clinique d'accouchements de la Charité, aux environs du terme.

Rien dans ses antécédents héréditaires.

Dans ses antécédents personnels, affections banales dans l'enfance.

Antécédents obstétricaux : Premières règles à 10 ans. Deux grossesses antérieures, dont une en 1912 qu'elle mène à terme, l’autre avec avortement traumatique (?) au quatrième mois (1913). : |

Dès la première gestation, on est frappé par l'apparition de troubles digestifs : digestions lentes et pénibles mais sans vomissements.

Pendant la grossesse actuelle (D. R. du 20 au 23 février 1923), les troubles digestifs s’aggravent jusqu’à présenter des vomissements continuels et des douleurs ressemblant à des brûlures et survenant après chaque repas, qui conduisent la . malade à l'intervention chirurgicale en août 1923 (sixième mois de. la grossesse) par le Docteur Perrin à l’Hôtel-Dieu.

. À la suite de cette intervention, les vomissements cessèrent, seules persistèrent quelques douleurs, mais beaucoup moins fortes qu'auparavant.

Cette amélioration dura deux mois et demi, et dès le 15 octobre, les douleurs revinrent plus vives, calmées par les

vomissements qui réapparaissent à cette période.

A l'entrée à la Clinique, la malade présente une tumeur perceptible dans la région épigastrique et un état cachectique. très marqué. Elle accouche le lendemain de son arrivée d’une enfant débile de 2.200 grammes, qui succomba 12 heures après l’accouchment, présentant des crises de cyanose.

La malade continua à éprouver de violentes douleurs au

creux épigastrique et une sensation de pesanteur, après son

CD

accouchement, mais les vomissements journaliers ont disparu.

L'examen décèle une enflure au membre supérieur droit, mais les mains sont décharnées et témoignent de l’amaigrissement considérable que la malade accuse depuis le début de sa gestation.

On sent, à gauche de l’abdomen, une masse grosse comme une petite pomme, et non douloureuse à la palpation. L’excitation de la paroi fait naître des ondes qui se dirigent vers le pylore.

Quinze jours après l'accouchement, les œdèmes des membres inférieur et supérieur droits persistent et l’intolérance gastrique semble en légère régression.

Femme de 33 ans, à vieux néoplasme gastrique. Ün avortement à 4 mois.

Opération tardive (6° mois), mais récidive (?) deux mois après.

Accouchement prématuré (8° mois) : enfant petit, 2.200 grammes, qui meurt le premier jour.

OBSERVATION TI (Due à l’obligeance de M. le Professeur Agrégé RHENTER)

Cancer de l'estomac généralisé

Mme P.., 883 ans. Entre dans le service de maternité de la Croix-Rousse le 24 septembre 1929, pour des douleurs qui l’empêchent de mener toute vie normale.

Rien dans ses antécédents, si ce n’est que depuis l’âge de 22 ans, elle est sujette à des crises de névralgies intercostales gauches .(?) pour lesquelles elle est soïgnée depuis cette époque.

PER 7 Qu

Au point de vue de ses antécédents obstétricaux, on est en présence d'une quartigeste réglée à [1 ans, mariée à 31 ans et ayant eu trois fausses couches.

La première à 2 mois 1/2, gémellaire ; curage ; 1923.

La deuxième à 1 mois 1/2.

La troisième à 5 mois avec expulsion d’un fœtus non évolué en mai 1927.

À l’entrée, la malade enceinte de six mois environ, a repris ses douleurs intercostales gauches avec une persistance et une intensité qu’elles n’avaient jamais présentées jusque là ; douleurs très vives avec paroxysmes à la base de l’hémithorax gauche, qu’elle compare à des piqüres d’épingles.

Ces douleurs ne s’irradient pas et sont difficilement calmées par les analgésiques. Elles empêchent en partie le sommeil.

Rien à signaler à l’examen du système nerveux. Auscultations des poumons et du cœur négatives. Pouls à 102. Tension artérielle, 11/6. Urines claires, ni sucre, ni albumine.

Au point de vue digestif, à signaler un vomissement pendant le séjour de la malade à l'infirmerie, et un peu de diarrhée. ;

On est frappé par l’existence de masses ganglionnaires dans le creux sus-claviculaire gauche.

Du point de vue obstétrical, HU — 20. Fœtus petit et mobile dont les bruits du cœur sont perçus à droite de la ligne médiane au niveau de l’ombilic.

La malade rentre chez elle le 28 septembre 1929.

Elle revient dans le service de la Maternité de la Croix- Rousse le 21 octobre 1929, envoyée par son médecin pour sommet gauche suspect, menaces de collapsus, œdème des jambes.

La malade est enceinte de six mois et vingt jours. On apprend alors, par le mari de la malade, qu’elle présentait depuis longtemps des troubles digestifs survenant par période et que ces crises de douleurs intercostales s’accompagnaient parfois de vomissements. ‘

* L'aspect de la malade s’est transformé de façon impression-

se

nante depuis son départ qui ne date cependant que de trois semaines : elle a considérablement maigri et est, actuellement très dyspnéique ; elle présente, en outre, un œdème très marqué des membres inférieurs.

La malade se plaint surtout de sa dyspnée qui l’oblige le plus souvent à se tenir assise dans son lit, de violentes douleurs à la base de l’hémithorax gauche, enfin de quintes de toux fréquentes, après les repas et qui s’accompagnent de vomissements.

De plus, elle présente, à l’entrée, un état anémique profond, un foie énorme, débordant très largement le rebord costal, de consistance dure, à surface un peu irrégulière et sensible à la pression, une volumineuse masse ganglionnaire sus-claviculaire gauche déjà notée précédemment mais qui à pris d'énormes proportions.

Ni rate, ni circulation veineuse collatérale.

La malade a eu, depuis son entrée, deux selles franchement noires. Par ailleurs, cœur rapide, régulier et sans souffle. Pouis, 128. T. — 128. Respiration, 34. Température, 37°6.

L'examen des poumons ne révèle que quelques sibillances diffuses.

Les urines sont très foncées, avec un gros disque d’albumine ; pas de sucre. Réaction de Gmelin positive.

A l'examen obstétrical, H. V. — 20. La malade sent mal bouger son enfant depuis quelques jours, mais les bruits du cœur sont encore perçus au-dessus du pubis, à droite de la ligne médiane.

Le 23 octobre 1929, l’examen du Docteur Bonnamour confirme la notion précédente : on fait le diagnostic d’un néoplasme du tube digestif aggravé par la grossesse, en se basant sur le gros foie, le paquet ganglionnaire carotidien avec l'existence de douleurs intercostales, et le mœléna ; seule une réserve est possible en faveur d'une maladie du sang.

Le 24 octobre 1929, Weber positif dans les selles, intolérance gastrique absolue, vomissements noirâtres.

Le 2h, élévation progressive de la température, dyspnée de plus en plus vive, tachycardie extrême ; décès à 22 heures.

L'examen des urines pratiqué le 24 octobre a montré : Diurèse, 600 cmc. par 24 heures.

Chlorures, 3, 53 0/00, soit par 24 heures, 2 gr. 11. Urée, 29,50 0/00, soit par 24 heures, 17 gr. 70.

Sang, présence.

Acides et pigments biliaires, 0.

Sucre et corps acétoniques, 0.

Albumine, 0,5 0/00, soit par 24 heures, 0 gr. 30.

L'examen sur urines fraîches a donné :

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