‹ Cancers extra-génitaux et grossesseChapitre 5 sur 16 · AD ASS · texte numérisé non relu

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‘Cette marche accélérée se remarque surtout pour les néoplasmes qui se greffent sur les organes de la zone génitale ou para-génitale (bassin, mamelle, rectum, etc...).

Néanmoins, il est des formes torpides même dans ces conditions, où la tumeur évolue si lentement que deux ou trois grossesses successives seront achevées avant la terminaison fatale.

Bien qu’un petit nombre de fait expérimentaux ou cliniques aient été rapportés, nettement en désaccord avec ce principe d’ aggravation et prétendant prouver que le cancer peut, pour le moins, rester stationnaire pendant la gestation (nous nous proposons de reparler de ces prétendues exceptions dans le chapitre des tumeurs du sein), il semble indubitablement acquis que, chez une gestante cancéreuse, le cancer est aggravé par la gestation.

Par quoi se ferait cette aggravation ?

Certains ont soutenu la théorie que les principes nutritifs et l'énergie vitale utilisés par l’œuf pour son développement étaient autant de facteurs d'évolution soustraits au cancer.

La genèse du cancer garde encore son mystère et on ne peut, impartialement, repousser complètement cette théorie de la déviation.

Mais, bien qu'ayant un certain nombre de partisans, elle ne nous satisfait pas, parce que en désaccord avec les faits cliniques.

Nous retiendrons, sans doute, que chez la gestante les apports nutritifs sont en général augmentés et que pendant les derniers mois de la gestation on

observe une tendance à la limitation des mouvements, tendance qui est favorable à l’emmagasinement des subsistances.

En outre, les premières facultés désassimilatrices de l'œuf développent aussi les forces qui, dans une grossesse normale, produisent une élévation physiologique de l'assimilation maternelle.

Cette augmentation des facultés assimilatrices, à supposer qu'elle serve intégralement au développement du fœtus, il ne semble pas qu'elle puisse, en rien, entraver l’évolution du cancer ; tout au contraire puisque, sous l'influence de cette sollicitation fœtale l'organisme tout entier réagit, cette réaction se traduisant par une hyperactivité de toutes les fonctions.

Quoi qu'il en soit, d’autres facteurs interviennent dans l'influence dangereuse de la gestation sur la marche du cancer et on s’est demandé si, dans certains cas, la gestation n’est pas une cause de débilitation qui désarmerait l'organisme vis-à-vis de l’agression cancéreuse, où encore si, dans les nouveaux produits élaborés naturellement par l’organisme pour le développement de l'œuf, certains, inconnus, ne favoriseraient pas parallèlement le développement de la tumeur

Disons de suite que de tels produits existent, dont l’action est indubitablement aggravante sur les tumeurs, mais ils n’agissent que dans certains cas de cancers bien spéciaux, par exemple les tumeurs du sein, sur lesquelles nous reviendrons.

Comme l’a dit Larndsberg, « dans un certain sens et jusqu’à un certain degré le fœtus a, avec la mère,

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des rapports de parasite, et si la mère ne reçoit pas un apport suffisant de nourriture, il se produit, à la vérité, une utilisation de la substance maternelle, utilisation qui ne va que jusqu'à un certain point. compatible avec sa vie ».

On pourrait même dire que ce rôle parasitaire est normal, et on sait par exemple, que le taux du fer dans le sang maternel subit, au cours de la grossesse, une baisse de 10 % environ, et que le taux du fer dans le sang du cordon ombilical est, en moyenne, de 3,34 % plus élevé que dans le sang normal de la femme.

On constate une diminution parallèle de la teneur en hémoglobine et du volume des corpuscules sanguins dans le sang maternel.

Il apparaît donc que, si au début, le fœtus est une cause d'augmentation des forces de nutrition, il peut aussi, si à cette tendance ne répond pas un apport autritif suffisant, être un gros facteur de désassimilation préjudiciable principalement à sa mère.

L'évolution d’une gestation contribue donc à l’aggravation des tumeurs extra-génitales, mais elle n’est pas TOUT... ; il convient de souligner que les cancers extra-génitaux en coïncidence avec une grossesse se voient, de par cette coïncidence, chez des femmes jeunes encore, et l’on sait que, tout cancer apparaissant chez un être jeune est un cancer que sa malignité, sa vitesse de développement, sa tendance à l’envahissement des tissus, aux métastases lointaines, aux récidives et à l'apparition précoce de la cachexie, font classer parmi les tumeurs très malignes au pronostic rapidement sombre,

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2° Influence du cancer sur la gestation

Le cancer agit-il sur l’évolution de la gestation ?

La majorité des auteurs admettent à i’heure actuelle que le cancer extra-génital provoque l’avortement ou l'accouchement prématuré dans 20 à 25 % des cas, soit environ 10 % d’avortements et 15 % d’accouchements prématurés. Ces chiffres nous paraissent singulhièrement faibles, et particulièrement celui des accouchements prématurés.

Le cancer agit-il sur le produit de la conception ? Les auteurs restent très peu précis sur ce point ; s’il est vrai qu'il est assez difficile d'établir sa part de responsabilité dans la mortinatalité lorsqu'il coexiste avec d’autres causes banales et courantes de mort chez les nouveau-nés (tuberculose, syphilis, infection, etc...), s’il est vrai qu'il est assez difficile de dire si une déficience en poids est due à tel ou tel facteur, l'on tend à admettre cependant que l'enfant né d’une mère cancéreuse est un enfant taré.

On a remarqué que les enfants nés de mères cancéreuses sont souvent des enfants malingres et chétifs, de faible constitution.

Quelquefois ces enfants restent dans une hypothermie inquiétante (cas de Levaditi et Paris) et ne prennent aucun poids pendant les premières semaines. Enfin, au bout d’un temps plus ou moins long, quelques jours à quelques semaines, ces enfants meurent brusquement, sans cause apparente autre que la banale « débilité congénitale ». (Obs. IL, VII, VIEIL, IX.)

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Bourgeois, de Tourcoing, dans une étude sur l’influence des maladies de la femme pendant la grossesse sur la constitution de l’enfant, rapporte les résultats suivants sur onze cas de femmes cancéreuses :

Mortsnés Mir CR ER En Enfants vivants ..... AT AE

Parmi ces 6 enfants nés vivants, 4 morts précoces — et dans les deux survivants un chétif et seulement un normal. ;

D'après cette statistique de Bourgeois, le nombre des enfants normaux nés de mères cancéreuses (moins de 10 %) paraît démesurément faible.

En réalité il semble que les cancers très avancés, arrivés à la période de cachexie, soient surtout capables d’influencer défavorablement la croissance et la nutrition du fœtus.

À partir du moment où le cancer devient envahissant, 1l retentit sur l'organisme, non seulement localement, mais encore par des phénomènes d’intoxication qui relèvent des produits nocifs élaborés par les cellules néoplasiques et qui aboutissent rapidement à créer un état de cachexie dont les effets pourront se traduire par la débilité ou même par la mort de l'enfant.

On a pu observer, en revanche, des femmes enceintes cancéreuses accouchant d'enfants de poids normaux ou même de gros enfants... la période de cachexie n'étant atteinte qu’à une date postérieure à l'accouchement.

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