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ans après. — De même Moritz. — Bride a vu une malade devenir enceinte moins d’un an après son opération de dérivation.
Encore que certains aient cité des cas très rares d'arrêt dans le développement ou même de rétrocession du cancer rectal, la plupart des auteurs reconnaissent une aggravation des symptômes locaux et : généraux de la tumeur, et il semble bien que, d’une façon générale, la gestation occasionne un rapide accroissement de la tumeur dû à la congestion physiologique de tous les organes du petit bassin ; cette congestion physiologique ou stase, faciliterait le développement de la tumeur par l’apport et l’utilisation plus considérables des matériaux favorables.
Le traumatisme subi par la tumeur au cours du travail agit dans le même sens :
Kaltenbach signale un cas où le cancer rectal ne fit son apparition qu'au 7° mois de la grossesse par une brusque et abondante hémorragie, suivie d’une seconde trois semaines après, nécessitant une opération immédiate.
Freund, celui d’un cancer du rectum apparaissant au troisième mois de la ‘grossesse ; à huit mois et demi la malade est revue et le cancer a tellement évolué qu'il.existe une fistule recto-vaginale.
Inversement, la gestation peut être influencée par le cancer du rectum au point d'en être interrompue.
La plupart des auteurs sont d'accord sur ce point que les avortements sont beaucoup plus nombreux lorsque la gestation coïncide avec un cancer du rectum.
Vignes a relevé 7 cas d’accouchements prématurés et 2 avortements sur 35 cas de cancer du rectum pendant la gestation, soit 26 % environ d'’interruption de la grossesse.
Suivant son siège, la tumeur peut aussi (et ce cas est relativement fréquent) créer une gêne à l’engagement du mobile fœtal et même devenir un obstacle infranchissable.
Dans ces conditions, le cancer devenant incompatible avec l'accouchement à terme par les voies naturelles, le problème se pose à savoir s’il y a lieu de provoquer un accouchement prématuré légèrement avant le terme, ou d'attendre le terme et de pratiquer, à cette époque, une opération césarienne abdominale.
Outre son influence sur la marche de la gestation, le cancer du rectum, lorsqu'il est volumineux, peut créer des phénomènes de compression qui se répercutent, à travers la paroi utérine, sur lé fœtus luimême et troublent son développement.
Les accoucheurs qui se sont occupés de la question * admettent tous l'influence désastreuse du cancer du rectum sur l'enfant : non seulement le cancer du rectum est susceptible de nécessiter, plus souvent que tout autre cancer extra-génital, l'accouchement prématuré, mais son influence paraît encore plus marquée que celle des autres tumeurs sur la nutrition et le développement du fœtus in utero ; même à terme, les nouveau-nés sont souvent, en pareil cas, des débiles et succombent plus ou moins rapidement,
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(Nous n'avons pu relever, dans nos recherches, de cancers du rectum appartenant aux services lyonnais, pendant la décade à laquelle nous nous sommes arrêlé.)
4° Tumeurs diverses
Les cancers que nous venons d'étudier rapidement dans leurs rapports avec la gestation sont ceux qui coïncident le plus fréquemment avec elle.
Mais nous insistons sur ce fait que toutes les tumeurs malignes peuvent s’observer pendant la gestation ; son influence sur leur évolution est sensiblement la même que dans les cas spéciaux que nous avons envisagés.
Une mention spéciale peut être faite du cancer thyroïdien. La thyroïde est une de ces glandes que l'on pourrait appeler para-génitale; on connaît son hypertrophie au moment où l'hormone ovarienne est au maximum dans le sang et la série de symptômes présentés par les femmes, pendant cette période : bouffées de chaleur, tachycardie, quelquefois rapportés aux troubles sympathiques de la femme, peuvent témoigner d’une augmentation de la sécrétion thyroiïdienne dans le sang au moment de l’activité génitale.
Cette suractivité imposée par la gestation à la glande thyroïde aggrave singulièrement le développement du cancer quand il existe.
Aussi bien, l'influence de la gestation est nette