ENSEMBLE
Air de contredanse.
Ah! quel dévouement !
Quel homme étonnant !
C'est bien là , vraiment , Un brave Normand.
A votre courage
Pour rendre hommage ,
Nous venons tous
Auprès de vous Applaudir à votre victoire.
Ah ! quelle gloire !
Qu'est-ce qu'ils me chantent là.
BERTHELINE.
Merci, mes chers voisins, merci de votre bonne visite.
SIMON
Voisin Candinot, vos concitoyens , encore tout émus de ce qui vient de se passer, nous envoient vers vous pour vous féliciter...
Merci, Simon, mon ami, je me félicite aussi d'en être quitte à si bon marché.
MATHIEU
Les bourgeois de Rouen jusqu'à ce jour vous ont estimé, chéri... mais...
BERTHELINE.
Ah! messires! (A Candinot.) Mais répondezleur donc quelque chose de flatteur. (Haut.) Certainement , messires, mon mari est très sensible...
SIMON
Mais après une action aussi... téméraire... CANDINOT , l'interrompant.
Je m'en doutais bien , voisin ; des gens raisonnables comme vous me blâmeront, mais vous savez qu'il est des circonstances où malgré soi... on se trouve...
DINOT.
Entraîné....
MATHIEU
CANDINOT, vivement.
Entraîné! c'est le mot... Bonjour, mon bon Mathieu... Vous comprenez... il tirait, moi j'ai voulu... et alors... ( riant.) ah ! ah !
SIMON
Je conçois cela... la tête se monte, le sang bouillonne, ça donne la fièvre.... mais grâce à vous, les gens du duc et les maltôtiers n'y reviendront pas de sitôt.
PIGACT.
Aussi, les bourgeois sont dans l'admiration.
Comment, parceque je suis tombé sur
MATHIEU
Ça vous fait un honneur...
Ah! Mathieu, assez de plaisanteries comme ça, je n'aime pas qu'on se moque de moi.
SIMON
Nous parlons on ne peut plus sérieusement, Candinot.
PIERRE, à Marie.
Je n'en reviens pas!..
MARIE
Ni moi non plus !
BERTHELINE.
Tu vois bien que ces messieurs te complimentent.
CANDINOT, bas.
Et toi, tu ne vois pas qu'ils viennent se moquer de mon accident... de ma chute !....
MATHIEU
Nous ne l'avions pas assez apprécié.
Oh! ça c'est vrai, et je vous l'ai toujours dit: Voisins, mon mari est trop modeste... et , voyez-vous, si jamais la place d'échevin était vacante...
CANDINOT, hors de lui.
Ma femme, voulez-vous bien vous taire !
SIMON
Dame Bertheline a raison. Au reste, voisins, écoutez-nous : nous voulons en finir avec ces surtaxes... ces impôts... et nous sommes venus ici pour un conseil que la bourgeoisie attend de vous et de votre bon sens.
En ce cas, la bourgeoisie l'attendra longtemps. Pardon, voisins, je suis extrêmement pressé. (Calculant et reprenant son travail. ) Nous disons deux onces de cannelle...
PIOAUT.
On ne veut rien faire que d'après vous.