ACTE I, SCÈNE X
J'en suis enchanté , car alors on ne fera rien du tout... (À lui-même.) Une pinte de sirop. simoiv.
Ah! voisin, ça ne se peut plus, les choses ont été trop loin maintenant pour reculer ; vous ne pouvez abandonner le peuple après l'avoir poussé à la révolte.
Moi, j'ai poussé !.. vous allez venir me dire que j'ai poussé, lorsqu'au contraire. .. moi qui étais devant tous les autres!
MATHIEU
Nous le savons bien.
Eh bien! alors... eh bien donc!
SIMON
f Nous le savons, et c'est pour ça qu'on a droit de compter sur vous. ^"'
MATHIEU
D'après votre conduite...
CANDINOT, s'impatientant de plus en plus.
Encore! ah çà! voisins, finissons-en, ou vous me forcerez à sortir de mon caractère! voyons, où en suis-je... car en vérité... je ne sais plus où sont...
BERTHELINE.
Mais pour l'amour de moi, Boniface, fais donc ce que ces messieurs te demandent.
Boniface tant que vous voudrez , mais quelle rage avez-vous de me mêler dans tout cela !
BERTHELINE, avec impatience.
Dam, quand on est influent.
CANDINOT, s'emportant.
Bertheline! pour la dernière fois je vous ordonne de vous taire ! vous ne serez pas contente que je ne sois ruiné et pendu! c'est là ce que vous voulez tous, n'est-ce pas?... eh bien, qui vous retient?... courez... ameutez le peuple... jetez-lui le nom de Candinot à la tête... ouvrez-lui mes magasins, dites-lui que je lui fais largesse de mon cidre, de mon genièvre, de tout!...
MATHIEU et PIGAUT.
Ah! bah!
CANDINOT, toujours ironiquement.
Certainement ! quand on ne veut plus de taxes, savez-vous ce qu'on fait?... on brûle les gabelles, on sonne le tocsin, on ferme les portes de la ville...
SIMON, à Mathieu.
C'est ça.
Bah! qu'est-ce que je dis? chassons les autorités dû roi !
SIMON
Chasser les autorités?...
CANDINOT, toujours de même.
N'est-ce pas encore assez?
MATHIEU
Comment?
Non ?.. eh bien, il faut soustraire la Normandie à la couronne de France...
SIMON. n -
Au fait, pourquoi pasïme sommes-nous pns assez grands pour nous gouverner nous-mê-
La Normandie! peste, quel beau royaume!
SIMON
Eh! les Gantois viennent bien de se faire un roi du brasseur Artevelle ; et ils s'en trouvent très bien !
TOUS
C'est vrai! oui, oui.
Eh bien ! que ne les imitez-vous? comment ! le vôtre n'est pas encore choisi ? vous n'êtes pas encore partis? tout cela n'est pas déjà fait? allez! allez! vous n'êtes que des jacques-bonhommes! ah! vous me demandez des avis! eh bien! en voilà, j'espère! et de fameux !êtes-vous contents?... oui?... eh bien, moi aussi! bonjour!..
TOUS
Air de contredanse (du Médecin de campagne ).
D'où vient donc cette grande colère, Candinot, contre vos bons amis, Quand chacun ici cherche à vous plaire Et ne veut que suivre vos avis?
CANDINOT, rentrant chez lui, Au diable! j'étouffe de colère !
Comment faire avec de tels amis?
Je vous en ai dit assez, j'espère , . Je veux être en paix dans mon logis.
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