JASANTE DE LA « VIEILLE
Qui faisait tout’s tes volontés ?
Qui t'as pourri? Qui t’as gâté?
Qui c’est qui n’t’as jamais battu ?
Et l’année d’ta fluxion d’poitrine Qui t’as soigné, veillé, guéri ?
C’est y moi ou ben la voisine?
Et à présent qu’te v’ia ici Comme un chien crevé... eune ordure Comme un fumier... eun’ pourriture Sans un brin d’fleurs, sans eun’ couronne, N’avec la crêm’ des criminels...
Qui c’est qui, malgré tout, vient t’voir?
Qui qui t'esscuse et qui t’pardonne?
Qui c’est qu'en est la pus punie?
C’est ta Vieille... toujours... ta fidèle, Ta pauv’vieill’ loqu'de Vieille vois-tu !
Mais j'bavarde... moi... j’use ma salive La puïe cess’pas... la nuit arrive Faut que j’men aill’ moi... il est l’heure :
Présent... c’est si loin où j 'demeure...
Et pis quoi... qu’est-c' que c’est qu'ce bruit? On croirait comm’ quéqu’un qui s’plaint!...
On jur’rait de quéqu’un qui pleure...
Oh! Louis... réponds, c’est p'têt ben toi Qui t’fais du chagrin dans la Terre...
Seigneur! si j’allais cor te voir Comme c’te nuit dans mon cauch’mar (Tu vourais pas m’fair’ cett’ frayeur ?)
Oh ! Louis... si c’est toi... tiens-toi sage Sois mignon... j’arr’ viendrai bentôt...
Seul’ment... fais dodo... fais dodo,
Comme aut’fois dans ton petit lit,
Tu sais ben .. ton petit lit cage..
Chut!... c'est rien qu’çà... pleur’pas... j’te dis Fais dodo va... sois sage... sage,
Mon pauv’tout nu... mon malheureux Mon petiot... mon petit petiot.
Les Ingrats