I.ES INGRATS
11 laissait dehors son tas de joujoux Il en prenait un, il en prenait deux Et puis il entrait par la cheminée.
Quand il remontait il entrait dans l'autre
Et reparaissait de suie tout noirci
Comme un charbonnier, comme un ramoneur.
Il alla chez tous — chez les Royalis Chez les Socialis et les Anarchis (Ceux-là leurs papas étaient endormis).
Dans tous les petits souliers de la Terre De tous les Enfants qu'avaient cru à lui Il mit son cadeau et des sucreries N’avec un petit morceau de son Cœur.
Ainsi, de Jésus dura 1 manège Par toute la Terre et toute la Nuit.
Quand il eût fini le Matin luisît,
Quand il eût fini remonta z'au ciel,
Grelottant encor du froid de la nuit.
Il avait sommeil, il était transi Et puis déchiré et puis tout sali.
Le Matin luisit et le coq chantit Et Petit Jésus revenu z'au ciel Se mit au balcon de son Paradis
Pour voir ce que les Enfants de la Terre Diraient en voyant leurs souliers garnis De tous les cadeaux qu’il leur avait mis Avec tant de peine et malgré la neige ,
La bise et le froid de l’horrible nuit.
Le Matin parut et le coq chantit Lors tous les enfants de là-bas, d'ici,
De Londre à Madrid, de Rome à Paris Et ceux d’Allemagne et ceux de Norvvège Et ceux de la Chine et ceux de l’Afrique.
De l’Océanie et de l’Amérique
Ouvrirent les yeux, firent un grand cri !
Yeux écarquillés et le cœur ravi Prirent leurs cadeaux, mirent dans leur lit Prirent leurs joujoux et les embrassit
Jésus les voyait sur toute la Terre Jésus attendait prêt à les bénir.
Mais hélas, aucun, ni grands, ni petits Parmi ceux de France ou bien d'Italie Et non plus ceux-là des autres pays
Aucun des Enfants ne pensa à lui.
Pas un seul enfant de la Terre entière Ne leva les yeux, ne fit sa prière Pas un seul enfant ne cria — « Merci *.