‹ Cantilènes du malheurChapitre 9 sur 11 · LE FOU VOLÉ · texte numérisé non relu

LE FOU VOLÉ

Alors vous pensez, je fus mécontent ;

Car enfin si on vous vous prend vos valeurs Vous avez recours contre le voleur,

Mais quelqu’un, Monsieur, qui vous prend la vie, Quelqu’un qui s'enfuit avec votre cœur,

Vous ne pouvez rien, dit-on, contre lui.

Comme vous pensez je fus mécontent,

Et sursaturé d’indélicatesse Je mis mon chapeau sans perdre un instant Et m’étant ganté pour la politesse Je partis tout droit par la Capitale A la découverte, à la reconquête.

Et voici ; depuis ce malheureux jour Nous avons couru après notre Amour.

Notre petit Corps à la Pompadour Du soir au matin, de l’aube à la nuit,

Et nous n’avons pas de trois mois dormi.

Nous avons couru après notre Enfant En vain, si longtemps... de droite et de gauche Dans les magasins, dans les brasseries,

Au bois, au théâtre, au café-concert.

Et ces prétendus endroits de plaisir Ou l’adolescent mène avec ennui Sa démocratique et piètre débauche Oh! nous avons tant mâché ces merveilles Oue notre dégoût noierait l’Univers.

lin vain nous avons couru et pourtant Nous avions affiché sur tous les murs Par les soins zélés de l'agence Azur Ce tragique « Avis » dont chacun rira

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