RABLE AVEC DES REFLEXIORS MORALES
Sur l'Air vulgaire de la Mission,. Je crois en
Dieu, le Père Tout-Tuissont, ou bien sur celui de Birenne
Que tout pécheur chante d’un doux accent,
Que tout pécheur se pâme d’allégresse.
Le trois fois Saint, le trois fois tout Puissant À converti mon âme pécheresse,
Les voluptés, le monde et le Démon
à Me captivcient sur le bord des abîmes, | Lorsqu'un grand Saint dans un fervent Sermon,
Me découvrit la'laideur de mes crimes.
Ce bon vieillard me parlant au dehors, Dieu me parloit au dedans de moi-même ; Et mes péchés par des cuisans remords, Perçoient mon cœur d’une douleur extrême,
Ne pouvant plus déguiser mon état, .
Ni contenir des larmes d’abondance, de fis dès-lors. paroître au saint Prélat, , De mon forfait mon humble repentance,
Grands et. petits sont dans l'étonnement :
D'une douleur si prompte et si parfaite ; Les gens de.bien louent mon changement, .
L'enfer gémit et le Ciel fait grand Fête.
Les yeux baissés, tonte fondante en pleurs, :. Sans dire mot, au:sortir de l'Eglise, Ne m’abandonne aux plus vives douleurs ; :
Cherchant le Saint afin Fu me baptise. .
Je foule aux pieds tous mes vains affiquets Mes beaux habits, mes perles, mes dorures :
Et je renonce au monde pour jamais,
En détestant mon luxeet mes parures.
Tous mes amans en me voyant passer, Disént entr'eux : la voilà convertie, Retivons-nous,' iln’y faut plus penser ; C'est tout debon qu’elle change de vie :
Le saint Prélat quoiqu'il m’ait vû pleurer, Craint que mon cœur ne soit encor le même ; Ï1 se résout de s’en mieux assurer,
En différant le jour de mon Baptême.
Sur ce délai j’embrasse ses genoux, Mon cœur brûlant d’une céleste flâme ; Et je lui dis en présence de tous,
Vous répondrez du salut de mon âme.
Plusieurs Prélats assemblés dans la Cour Sont attendris d’une ferveur si grande, Et convaincus de mon parfait retour, Pressent le Saint d'accorder ma demande.
On appella Romaine à l’Evêché, Pour me servir de Marraine et de plège, Quand j’attendois qu’au lavoir du péché, On me rendit plus blanche que la neige.
Tout étoit prêt pour noyer mes forfaits:
Dont je sentois un repentir extrême, Me résolvant de ne pécher jamais, A deux genoux je reçus le Baptême.
Je dis d’abord, ô le Dieu de mon cœur !
Je vous bénis de m’avoir fait Chrétienne.
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Possédez-moi, mon aimable vainqueur, Et qu’à jamais mon fonds vous appartienne.
Je fis donner aux pauvres tout mon bien ; Tous mes captifs furent hors d'esclavage, Et depuis lors ne tenant plus à rien,
Jésus en Croix me tint lieu d’héritage.
L'esprit malin tout le long du repas, Gronde et gémit d’avoir perdu mon âme; Et None entend avec tout les Prélats, Qu'il le maudit, le menace et le blâme.
Puis tout confus, et tout saisi d’effroi, Quittant le saint il me donne une atteinte, Et pour tâcher de triompher de moi,
À haute voix il me fait cette plainte.
Que t'ai-je fait pour me traiter ainsi ? Que t’ai-je fait? parle, mon espérance ; L'insigne affront que tu me fais 1ci, M'est plus facheux que toute autre souffrance...
Quitte au plutôt ce Vieillard décrepit:
Qui m'a ravi tant d’ames pécheresses, Je fonds en pleurs, je crêve de dépit ; Qu'il m’ait oté'ton cœur par ses adresses,
Reviens à moi, ne m’abandonne pas ;.
N'imite pas la conduite d’un traitre ; N’imite point mon bien aimé Judas,
Qui sans sujet osa trahir son Maître.
Comme un rocher repousse tous les flots, , Lors queles ventsont excité l'orage, Ainsi mon cœur chassa ses vains propos. .
Ets’affermit loin de perdre courage.
Ilme cajole une seconde fois :
Me trouvant seule auprès de ma Marraine.
Mais en faisant le signe de la Croix ; Je le confonds et son attaque est vaine.
Ayant promis d'éviter lepéché, Et n'osant point me fer à moi-même, Je soupirois après un lieu caché, Pour ebnserver la grâce du Baptème.
Dieu m'inspira de m’évader sans bruit, Huit jours'après que je fus baptisé, Sans balancer, je me sauve de nuit, Trompant Satan qui m’avoit abusée,
Lorsque lejour vint éclairer mes pas, Roïnaine entra dans une nuit obscure, Cherchant par tout, et ne me trouvant pas.
Elle gémit, : elle crie, elle pleure.
Cessez vos cris, lui dit le saint Vieillard, Ne pleurez point notre Fille nouvelle, Elle a fait choix de la meilleure part ; Priezbien Dieu qu’il la rende fidèle,
Elle adoucit.ses rêgrets et ses cris, Elle met fin à son inquiétude, Quand je poursuis le chemin que j’ai pris, Pour me cacher dans une:solitude,
Pour tout habit j’avois un vieux manteau, .
Et sur la chair une haire poignante; , L'enfer, le Ciel, . mon Juge et le tombeau, | M'aiguillonant à vivre.en pénitente.
Mes ennemisavoient beau me.tenter :
Pour m’émouvoir à regarder derrière, Je m'ayançois sans vouloir m’arrêter, , Jésus étant ma. force et.ma lumière. .
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DE MARSCILLES,
J'arrive enfin sur le Mont d’Olivet, Où je me fais un petit Hermitage ; Je n’ai plus là que Dieu seul pour obiet, Cachant mon nom sous le nom de Pélage.
Je méditois, en pleurant nnit et jour, Les durs tourmens du cher Fils de Marie ; Et tout mon soin pour user de retour,
Fut de souffir le reste de ma vie.
Envisageant sa fervente Oraison, Son triste état et sa sueur sanglante, Je redoublois dans ma sombre prison Toutes les Croix d’une âme pénitente.
Quand du Jardin je passois au travaux Qu'’il.endura jusqu’au Mont du Calvaire, .
Je ne trouvois rien de rudeen mes maux, Et mon état n’avoit plus rien d'austère.
Je supportoïs les injures du tems,
| La faim, la soif, le cälice et les veilles ;
Et ces rigueurs qui mettoiént tous mes sens, . M'étoient pour Dieu des douceurs non-pareilles, .
Le corps défait, le cœur humble.et contrit, Je préssentois que ma fin étoit proche, Lors qu’un matin en frappant, on me dit, | Pélage, ouvrez au Diacre d’antioche,
N'ayant plus rien de ma rare beauté, ,
e le connus sans.en être connue, :
de l’entretins par pure charité ; Puis refermant, je le perdis de vûe, |
Pendant trois jours voulant me dire adieu, * Il vint frapper et prier à ma porte, Souple et fidèleau mouvement de Dieu, L'ayant ouverte, il vit que j’étois morte.
T1 va d’abord à la sainte Cité, En publiant de-ma mort la nouvelle ; Le peuple accourt avec solemnité ; On prend mon corps, on l’honore avec zèle,
On est ravi quand on voit en effet, Que j'ai vécu comme un homme étant femme.
On bénit Dieu de tout ce qu’il a fait, Pour m’embraser desa divine flamme.
Rien de si beau, les Vierges duJourdain De Jéricho, de chaque Monastère, Viennent d’abord les Cierges à la main, Eouant Jésus d’un si profond Mystère.
On n'’oit par tout que chant mélodieux, On n’oit par. tout qu’Hymnes et que Cantiques, En même tems que les Peau
Sont occupés à porter mes KReliques,
Ainsi finit le cours de mes travaux ;.
Ainsi finit mon exil volontaire.
Mais à présent la gloire et le repos Sont dans le Ciel mon éternel salaire. .
REFLEXION