‹ Cantiques de Marseilles accommodés à des airs vulgaires [microforme]Chapitre 65 sur 88 · LE PLAIDOYE’ DU DEMON CONTRE LE PECHEUR IMPENITENT · texte numérisé non relu

LE PLAIDOYE’ DU DEMON CONTRE LE PECHEUR IMPENITENT

: Sur l’Arn : Vous laissez murmurer cette Glaire

fontaine, &c.

ARBITRE des humains, Juge très-équitable,

Ecoute mes raisons contre ce criminel ;

Si mon rapport est véritable,

Tu dois le condamner au supplice éternel, Le laissant avec moi Dans l’enfer plein d’effroi.

Je dis qu’il m’appartient, et c’est à juste titre, Pese, pese à ton poids son poids d’iniquité ; Pese l’abus du franc arbitre,

L'abus des Sacremens, l'abus de ta bonté ; Et ces abus divers Méritent les Enfers.

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Je sçai qu’il étoit tien, que tu lui donnas l'être, Et qu'il n’a subsisté que par ton seul secours ; Tu sais pourtant qu’il m'a fait maître Du corps et de l’esprit tout le long deses jours ; Tu l’avois bien fait tien ; Mais il s’est rendu mien,

Tu t’es anéanti pour racheter son ame ; Je n’ai rien enduré pour l’attirer à moi} Etcependant ce rien infâme,

À fait mes volontés et s’est moqué de toi ; Il a foulé ton sang, Et s’est mis à mon rang.

Ta suprême bonté suspendoit ta justice, Pour lui donner loisir de quitter son péché ; Mais son orgueil et sa malice,

Malgré tous tes efforts, l’y tenoient attaché ;: Il s’est ri de tes soins ; J'ai tes Saints pour témoins,

Tu ne trouvois en lui qu’un néant indocile; Qui s’opposoit toujours à ce que tu voulois ; Et j'y trouvois un cœur facile, :

Tout prêt à m’obéir si-tôt que je parlois, Contre ton bon plaisir, I] suivoit mon désir.

Il traitoit de rigueur ta loi douce et bénigne ; Î n’a jamais voulu faire un pas après toi.

Îme suivoit au moindre signe ; Son cœur de son plein gré n’adhéroit qu’à ma loi ;. Je ne l’ai pas contraint, Il pouvoit être Saint.

Tous tes riches présens de nature et de grâce, ont aussi peu touché que la gloire des Saints:

Son cœur pour toi n’étoit que glace ; Partout il combattoit tes amoureux desseins, Et pariout cet ingrat Violoit son contrat.

Aveugle par son choix, il fermoit la paupière Aux rayons les plus vifs que tu dardois sur lui; Il se guidoit par ma lumière,

Et loin de ne chercher qu’en toi seul son appui, . Ille cherchoit en moi Ennemi de ta loi,

Tu voulois son salut, et moi.sa seule perte ; Tu lui promettois tout, moi moins que le rien ; Son ame-étoit toujours ouverte N A ce qui la pouvoit séparer du vrai bien ; Il n'en Tu lui donnois en vain, Je mérite

ne Le secours de ta main. Je l'ai vo

Cent fois, cent fois le jour, tu frappois à sa porte, Et son cœur endurci la refusoit cent fois :

Bien que ta voix fut assez forte ; Ce cœur prompt à m’ouïr n’écoutoit point ta voir; Et sourd à tes accens, N'écoutoit que ses sens,

À tes sages conseils, son cœur étoit stupide ; Il n’avoit pour tes biens ni goût ni sentiment ; Il ne vouloit avoir pour guide Que son propre vouloir et son aveuglement ;.

Aussi jusqu'au trépas, Il a fait des faux pas.

Seigneur après cela serois-tu son refuge ?' Voudrois-tu bien laisser ses crimes impunis ? Tu ne le peux, 6 juste Juge,

Tu dois lui faire part.de mes mauxinfinis,

eins,

aupière is sur lui;

n appui,

> perte ; le rien ;

is à sa porte, OIS :

oint ta voir:

stupide ; ntiment ;

lement ;.

fuge ?

mpunis ?

finis,

Et le charger de fers, Dans les creux des enfers.

JEsus-CHR1sT. *

Réponds, Pécheur, répondsau Démon qui t’accuse; Et s’il t’accuse à faux, fais voir la vérité : Que si tu n’as aucune excuse, Comment te plaindras-tu de ma sévérité ?

Réponds si c’est à tort Qu'il m'a fait ce rapport.

Le Psoneun.

Il n’en dit pas assez ; j'en ai fait d'avantage : Je mérite à bon droit un éternel trépas.

Jel’ai voulu pour mon partage ; $i vous m’abandonnez, ah ! je ne m'en plains pas, Mais serai-je toujours Dans l'enfer sans secours ?

JEsus-CHrisrT.

Tant que je serai Dieu, tu mourras pour revivre; Tant que je serai Dieu, tu vivras pour mourir. N'espère point qu’on te délivre :

Jamais tu ne verras qu’on taille secourir.

Tant que ton Dieu sera, Ton malheur durera.

Le Peoneun.

Hélas! mon Juge! hélas ! il faut que je vous. quitte,

our ne vous revoir plus durant l'éternité,

e m'en vais donc; l’enfer m'invite :

e vais unir ma mort. à l’immortalité,

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