CANTIQUES LA SAMARITAINE
Sur l'Air, Hélas mes yeux quel changement, Tous JESUS. ‘ 4 uront
O FEMME que mon corps est las, ÿ hé
Accorde-moi quelque soulas, Mon ea
Encor que je sois Juif et toi Samaritaine ; Sans ell:
Je suis fatigué du chemin, Quicon.
J'ai marché pour toi bon matin, Ç Ne me refuse pas de l’eau de ta fontaine.
LA SAMARITAINE. peigne
aller p
Seigneur, quel est votre dessein ? Doirien,
Les Juifs et les Samaritains esens u
Ne se fréquentent point, ils n’ontaucun commertÆ Qui m’ill
Qu'il vous plaise me pardonner, Mon cœu
Si je n’ose pas vous donner À Boite de cette eau que sur mes mains je verse.
Jesus.
Si tu savois le don de Dieu, Tu ne me dirois pas adieu, Et ton âme seroit à ma voix attentive:
Si tu savois bien-qui je suis,
Tu quitterois l’eau de ton puits ;
Tu me demanderois à boire de l’eau vive.
LA SAMARITAINE
Seigneur, vous n’avez rien en quoi . . 1 Li Vous puisiez de l’eau comme moi ; Le puits est trop profond, comment pour vous faire ?
/ Jacob, ses Enfans, ses troupeaux, a: N'ont bû que de ses claires eaux, . Etes-vous donc plus grand que Jacob notre P4
ngement,
n commerce
ins je verse,
Jesus.
Tous ceux qui boivent de cette eau, Auront encore soif de nouveau ; Mais on n’a jamais soif quand on boit de ma source; Mon eau de tous maux peut laver :
Sans elle on ne peut se sauver ;
Quiconque n’en boit point est perdu sansressource, LA SAMARITAINE.
Seigneur, ce est un fort grand soin D'aller puiser de l’eau si loin, Donnez moi de cette eau qui seule désaltère ; Jesens un mouvement profond Qui m’illumine et me confond ; Mon cœur est tout à vous, qu'est-ce que je dois faire ? | Jesus.
Va-t-en, appelle ton mari,
Qui du grand Dieu n’est point chéri,
Vû que dans son bourbier, sans rien craindre il se veautre :
Ne me dis pas, je n’en ai point,
Je vais te démêéler ce point,
On t'a vû cinq maris, mais cet homme est d’une autre, |
LA SAMARITAINE
Vous m'avez dit la vérité, Avec beaucoup de charité :
Non, je n’en doute plus, vous êtes un Prophête: Dites-moi devant que finir, :
n mot du Messie à venir, Qui doit manifester toute chuse secrète,
JEsus.
Le Messie est déjà venu.
Tu ne l’as pas encor connu ?
Il est devant tes yeux, en un mot c’est moi même: Laisse donc ta cruche à ce puits ; De mes discours porte les fruits ; Va publier par tout qu’on me cherche et qu’on m'aime.
LA SAMARITAINE
Venez voir un homme parfait Qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; Vous en serez ravis, c'est le Sauveur des Hommes: Il a rendu mon cœur contrit, Ayant éclairé mon esprit ; Allons nous joindre à lyi tous'autant que nou sommes.
Les SAMARITAINS.
Aimable arbitre des humains,
Qui nous avez faits de vos mains,
Nous vous reconnoissons pour le Sauveur di monde :
Nous ne voulons aimer que vous;
De grace demeurez chez nous ; À
Car ce Re qu’en vous seul que notre espoir # onde.
Femme, plusieurs sont enflammés Par des entretiens animés ; Mais nous venons d’ouir sa parole divine :
Nous croyons fermement en lui, Et nous voulons dès aujourd’hui, Ne nous plus attacher qu’à suivre sa Doctrine.
oi même:
e et qu'on
, Hommes:
Bi Rien n’éc
REPFLEXION.
Divin Sauveur par le passé, Je vous ai si souvent lasé, Et je vous lasse encore bien plusque cette Femme : Vous avez soif d’être vainqueur, De mon esprit et de mon cœur :
Et moi je n’ai point soif du salut de mon âme.
Bon Dieu ! que je reconnois mal Combien;vous m'’êtes libéral !
Vousme donneztoûjours ; jamais je ne m’acquitte: Je forme d’insolens projets ; Je n’aime que les vains objets ; Je préfère à votre eau, l’eau bourbeuse d'Egypte.
Cette femme par sa ferveur, Triomphe d’abord du Sauveur, Tandis que je croupis dans ma lâche paresse ; Elle veut promptement sçavoir Toutes les loix de son devoir ; Et moi je m’en remets à ma seule fôiblesse,
Pécheur tu te crois bien caché, Quand tu commets quelque péché ; Mais les yeux du "l'rès-haut pénètrent les Abymes ; Il voit le pesé l'avenir, appe à son souvenir ; Tu verras devant lui le moindre de tes crimes.
Que dirai-je de ma tiédeur, Si je l’oppose à cette ardeur ?
Cette femme fait tout pour attirer ses frères ; Hélas ! et moi je ne fais rien, 1 pour autrui ni pour mon bien ; Je m'accable de sains qui ne sont que chimères.
Quelle honte pour les Chrétiens !
Après tant des saints entretiens, Ils ne se rendent point à l’auteur de leur être : Mon me, prens soin d'écouter, Et puis tâche d'exécuter | Tout ce que te dirn dans le cœur ton doux Maitre,
LA CANANE'E.
Sun l'Ain ; Ales Bergers dessus l’'herbette, &r,
La CANANE’E A Jesus.
An ! Fils de David debonnaire, De grace ayez pitié de moi ; C'est en vous que mon âme espère, Avec une constante foi ;
Il est vrai, je suis Cananée, Mais j'ai quitté T'yr etSidon, Et je me suis déterminée A n'obéir plusau Démon.
Ma fille est grandement souffrante ; Elle a le démon dans le corps, Qui sans rélâche la tourmente, L'affigeant dedans et dehors :
Hé! Seigneur, rendez-vous sensible A la douleur qu’elle ressent ; Je sçai que tout vous est possible, Etant le Fils du Tout-puissant.
Vous avez beau ne me rien dire, Je ne m’en offenserai pas ; J’allégerai mon dur martyre,
Vous suivant par tout pas à pas :
Je veux espérer sans rien craindre, : Que ma longue importunité,
Pourra tôt ou tard vous contraindre, A guérir mon infirmité.
être:
1x Maitre,
rbette, ce,
LA MEME. Aux APOTRESs.
Je vous conjure aux saints Apres, De vouloir-prier votre Roi, Que puisqu'il en guérit tant d’autres, Il daigne avoir pitié de moi.
Il n'a point voulu me répondre ; Il m'a toûjours tourné le dos ; Il ne se plait qu’à me confondre ; Bien loin de soulager mes maux.
Les AroTres.
Jésus vous dit par son silence, Qu'il ne vous veut rien accorder ; Ne lui faites plus violence,
A force de lui demander :
Vous vous rendez digne de blâme, Par tant de discours superflus :
Laissez-nous en paix, bonne femme ; Allez-vous en : ne criez plus.
La CANANE'£,
Mon afliction est trop grande,
Pour pouvoir cesser de crier ; Ne croyez pas que RAR De le suivre et de le prier.
Si vous n’appuyez ma prière, Et si vous êtes mes adjoints,
Je lui serai toñjours derrière, En lui demandant mes besoins.
Les APoTRESs A JESUS,
Seigneur, cette femme importune, Qui pleure et qui crie après nous,
Et dont la foi n’est point commune, Attend «ne faveur de vous :
Le Démon tourmente sa fille :
Élle en est aux derniers abois ; Faites voir à cette famille,
Quetout l’enfer craint votre voix.
Plus nous lui disons de se taire, Et de vous laisser en repos, Plus elle en sa douleur amère, Pousse des cris et des sanglots ; Elle nous prie, elle nous presse, Elle fait tout ce qu’elle peut Pour exciter notre tendresse, Afin d'avoir ce qu’elle veut.
Vous lui faites la sourde oreille :
Vous l’accablez par vos refus ;, Mais elle n’a pas sa pareille À supporter tous vos rebuts :
Sauveur dont le cœur est si tendre, Laissez-vous toucher à ses pleure ; Exaucez-la sans plus SEP 3 Nous sommes las de ses clameurs.
Voyez avec quelle constance Elle demande la santé ;
Voyez sa foi, son espérance, Son amour, son humilité ;
Voyez sa ferveuret son zèle ; Voyez en quel état elle est ; | Nous demandons grace pour elle ; Accordez-la nous, s’il vous plait.
JEsus AUX AÂPOTRES.
Je suis envoyé de mon Père Vers mon cher Peuple d'Israël ;
Bien qu’en tout il me soit contraire ; Ingrat, infidèle et cruel.
’heure n’est point encor venue D’eller vers le Peuple Gentil ; Je cherche ma brebis perdue, .
Pour la tirer de tout péril.
LA CANANE’E A JESUS.
Seigneur, que tout mon cœur adore, En qu je crois comme je dois, Souffrez que je vous presse encore D’avoir compassion de moi :
Vous pouvez me sauver la vie Bt mettre fin à mon malheur ; Aidez-moi, je vous en supplie, Autrement je meurs de douleur.
Hélas ! une Samaritaine À reçu de vous le Pr $
L’Hemorroïsse et Magdeleine
Ont vû combien vous êtes bon.
Serai-je seule abandonnée
À la merci de Lucifer,
À cause qu’étant Cananée,
Je ne mérite que l'enfer ?.
Jesus.
Femme, ta fille est possédée, L’ayant justement mérité ; Je dois penser à la Judée, Avant qu’à la Gentilité :
Je ne veux la mort de personne ;- Je fais part à tous de mes biens ; Mais est-il juste que je donne, -Le pain de mes enfans aux chiens ?
LA CANANE’E.
Ah! mon Seigneur, je vous l'accorde, Je ne dois pas avoir le pain ; Mais par pure miséricurde, Soulez de vos miettes ma faim :
Permettez-moi, quoique payenne;.
Que je m’abaisse devant vous, Ainsi qu’une petite chienne, Sous votre table à deux genoux...
Je ne demande que les miettes- Que vos enfans, en vos banquets, Laissent tomber de leurs serviettes, Pendant que vous les nourrissez :- Mon doux Jésus, je veux m’abattre:
D’esprit et de corps à vos pieds, Et j'y veux être opiniâtre Jusqu’à ce que vous m’exauciez.
Jesus.
O Femme, ta foi plusque grande, l'es cris, tes pleurs et tes soupirs, Me font octroyer ta demande ; Qu'il soit fait selon tes désir...
Je désirois plus que toi-même, De voir la fin de ton tourment ; Mais je prens un plaisir extrème, Quand quelqu’un me prie humblement,.
Je te parlois d’un air sévère, Afin de te mieux éprouver, Tandis que comme un tendre Père, Je ne pensois qu’à te sauver :
Je t’humiliois pour ma gloire, Et pour rehausser ta vertu ;
Montrant qu'on n'obtient la victoire, Qu’après avoir bien combattu.
Plusieurs délaissent leur prière, Si-tôt que j’éprouve leur foi, Et que je soustraits ma lumière, Afin qu’ils n’y cherchent que moi.
Tu leur serviras de modelle D'une profondehumilité, D'une a. toujours nouvelle, Et d’une ardente charité.
Je n’aime point une ame lâche, Qui néglige de s’avancer, Et qui me quitte ou se relâche, .
Dès que je tarde à l’exaucer ;
Demande, cherche, sollicite, .
Quand tu voudras quelque faveur, C’est par-là qu’on croît en mérite, Et qu'on wient à bout de mon cœur,
“Va-t-en en paix, sois hors de peine, .
Et fais profiter mes trésors ;
Ta fille est parfaitement saine
De l’ame aussi bien que du corps.
Vous êtes toutes deux en grâce,
Par un effet de mes bontés ;
Fuyez sans délai votre race,
Et les fausses Divinités.
La CANANE’E.
Je vous rends grâces, mon doux Maitre, De tous vos insignes bienfaits ; J'ai désir de lesreconnoître, En ne vous offensant jamais :
Que toutes les troupes des Anges, Tous les hommes jeunes et vieux,
Vous donnent pour moi des louanges,
Et sur la terre et dans les Cieux.
La Fizzz.
Réjouissez-vous, chère Mère, De ma parfaite guérison :
Je ne crains plus mon adversaire ; On l’a chassé de la Maison.
Apprenez-moi, je vous conjure, Quel est mon cher Libérateur; Je veux l’adorer dès cette heure, Et le servir avec ferveur.
La Mens.
C’est le véritable Messie, Qui par son pouvoir souverain, Vous a pleinement affranchie Du pouvoir de l’esprit malin :
O que la prière a des charmes Quand on la fait er s'abaissant :
Il n’est point de plus fortes armes :
Pour triompher du Tout-puissant.
Consacrons nos corps et nos ames À ce grand Roi de l’univers ; Brûlons nuit et jour de ses flâmes ; Souffrons pour lui nos maux divers :
Soyons fidèles à sa grâce ;
Tâchons d'accomplir ses dessins, A fin de voir au Ciel sa face, Miroir des Anges et des Saints.
Mor
Je viens Je te vie Où par l Mortel v Délaisse Aux mor Et viens :
Faut-il Sans avoi Quand je J'ai de h Fau t-il q
SUR l'Air ; Hélas ! cruelle amante, &c.
La Morr.
Morrez, voici ton heure,
Je viens finir tes jours ; malgré tous tes efforts, de te viens enfèrmer dans une sépulture,
Où par les vers jedétruirai ton corps ;
Mortel voici ton heure :
Délaisse les vivans, .et viens te joindreaux morts, Aux morts,
Et viens te joindre aux morts,
Le Mortponn,
Faut-il quitter la vie, Sans avoir entrepris de bien vivre un seul jour ?
Quand je pense à l’arrêt dont tu seras suivie,
J'ai de h eine à quitter ce séjour,
Faut-il quitter la vie,
Sans avnir commencé d’aimer Dieu tout d'amour, Amour,
D'aimer Dieu tout d’amour ?
La Monr.
Le Morisonp.
Bon Dieu, quelle détresse !
‘apperçois dans mon fonds plusieurs vices seerets.
Les honneurs, les plaisirs et'tés fausses richesses. Percent mon cœur de mille et mille traits ;
Bon Dieu, quelle détresse !
J1 ne me reste plus que de cuisans regrets, . Regrets,
Que des cuisans regrets.
La Mornr.:
Je ris de tes allarmes Et des fâcheux remords qui déchirent ton cœur. Lorsque Dieu te pressoit de te rende à ses charmes, Tu méprisois sa grâce et sa rigueur ; Je ris de tes allarmes ; j Je me moque à mon tour d’un insolent moqueur Moqueur, D'un insolant moqueur.
Le MortiBonp.
Hélas !: un jour de trève Seroit bien.uüt passé, ne le refuse pas ; Laisse-moi repentir avant que tu m’enlève,.
J’ai duregret d’avoir pris mes ébats ; Hélas ! un jour de trève Me peut faire gagner le Ciel à mon trépas..
Trépas, Le Ciel à mon trépas,
La Mornr.
Jesuis impitoyable ; | Tu devois en ton tems faire ce quetu dis, Qui ne fait ce qu’il peut dans le tems favorable, Met au hazard la part du Paradis ; Je suis impitoyable ; Tu ne jouiras plus des plaisirs de jadis, De jadis, Des plaisirs de jadis.
cœur.
s charmes,
moqueur:
dis, favorable,
DE. MARSEIBLES.
Le Moris8ono.
Hélas ! que tu me presses !
Eaisse moi recevoir les derniers Sacremens. . Je prétends m’acquitter de mes justes promesses. Par le meilleur de tous les testamens, Hélas ! que tu me presses !
Veux-tu pas-m'’accorder.encore quelques momens, Momens, Encor quelques momens ?
La Mornr:
Le tems que tu demandes Et que tu n’as perdu que par respect humain, Tu l’avois par emprunt, il fäut que tu le rendes Même aujourd’hui, sans attendre à demain, Le tems que tu demandes N'est pas à mon pouvoir, non plüs que dans tamain, Ta main, Non plus que dans ta main.
Le Monrisonp:
Du moins, dis moi de grâce, Où doit-on me loger au sortir de ce lieu ?
Aurai-je dans le Gel ou dans l’enfer ma place ? Quand j'aurai dit au monde mon adieu ?
Du moins dis moi de grâce, Serai-je pour jamais, ou proche ou loin de Dieu, De Dieu, Ou proche ou loin de Dieu ?
La Monr:
Âr-nt que l’heure sonne, Tu sçauras le séjour de ton éternité.
Cependant sois certain que ton Juge ne donne Que justement ce qu'on a mérité ;
Avant que l’heure sonne
Tu verras, ou l'enfer ou la sainte Cité;.
Cité,
Ou la sainte Cité.
Le Morisonp.
Je n’ai plus rien à dire, Je ne veux point savoir quel doit être mon sort, Tel que Dieu le voudra, telmon cœur le désir, Dusse-je bien faire naufrage au port ; Je n’ai plus rien àdire ; Je souscris de bon cœur à mon Arrêt de mort, De mort, À mon Arrêt de mort,