‹ Cantiques de Marseilles accommodés à des airs vulgaires [microforme]Chapitre 69 sur 88 · SV T2) CO · texte numérisé non relu

SV T2) CO

Mais ton cœur qui n’est que glace, Vittoûjours plus lâchement,

Hélas ! homme malheureux ; Que ton sort est dangéreux !

Tu ris de ta maladie,

Sans penser à t’en guérir ; Et si Dieu n’y remédie, Elle te fera mourir...

C’est un Prophète qui dit Que le tiède soit maudit :

Et que Dieu tire vengeance, De ce trop ingrat Chrétien; Punissant la négligence Qu'il montre à faire le-bien,

Jésus dit que les premiers Seront un jour les derniers;

Les pécheurs les plus coupables, Pleurent leurs crimes passés, Quand les tièdes détestables.

Deviennent enfin glacés.

Je vois un Pharisien, Qui semble être homme de Bien ;:

Mais par sa fausse justice, Sa prière est faite en vain, Lorsque Dieu se rend propice A celle du Publicain.

Tu veux et tu ne veux pas Pour ton âme faire un pas ; Tu te crois dans l’abondance- De toute sorte de bien ; | Mais la dernière sentence, Fera voir que tu n’as rien,

Tu crains Pinfidélité, Sans craindre la lâcheté.

. Dieu souffre un homme infidèle

Plus patiemment que toi; Tu lui deviens plus rebelle, Quand tu négliges ta foi.

1 commence à te vomir, Et tu n’en veux pas frémuir ; Tu serois plus supportable Dans un état de froideur, Que dans l’état déplorable, Où t'a réduit la tiédeur.

Tu fais tort à ta vertu D’avoir si mal combattu ; Tu ne voudrois pas commettre Les plus horribles forfaits, | Mais tu ne crains pas fort d’être Du rang des plus imparfaits.

Pour la moindre adversité, Tu perds la tranquillité ; L'ombre seule de l'orage T'offige et t’abat beaucoup ; Ton cœur manque de courage Avant de sentir le coup. |

Sitôt qu’on te choque un peu, Tu t’aigris et tu prends feu ; Tu te rends insociable ; Chacun entend ta clameur, Pour t'avoir doux et traitable, Il faut suivre ton humeur,

La Porte du Paradis, Suffit à ce que tu dis ; Tu ne désires pas d’être,

Des Saints les plus relevés ; Crains qu’à force de décroître, Tu ne sois des réprouvés.

Reviens à toi, négligent, Sois fidèleet diligent ; C’est retourner en arrière, Que de ne point avancer Reprends ta ferveur première, Et poursuis sans te lasser,

Plusieurs se sont abusés En vivant les bras croisés.

Le Ciel est uneCouronne,

Il faut suer pour l’avoir, Si tu veux qu’on te la donne, Pense à remplir ton devoir.

Sers le Dieu de Majesté Sans dégoût, sans lâcheté.

Demandes-lui que sa grâce, Vienne aider ton foible effort.

Et que son sein efficace,

Dure en toi jusqu’à la mort,

DU PECHE’ VENIEL., Sur le même air.

Tor ui crois que sans dangers On fait des Déchés légers, és Pèse bien les maux qu’ils causent, Pour ne les pas croire tels ;

Ces petits maux te disposent

À tomber dans les mori:ls.

Un seul péché véniel Ferme la porte du Ciel ; 1] faut que le Purgatoire,

Serve de clef pour ouvrir, Avant d'entrer dans la gloire, Que de peines à souffrir.

Par le plus léger péché, Tu restes toûjours taché, I1 débilite tes forces :

Il ralentit ta ferveur ; Et par ses fines amorces, El fait trébucher tor cœur.

C’est des plus petits défauts Qu'on voit naître les grands maux, 4 19 .

Recourons à l’Ecriture, Et nous y verrons d’abord, .

Qu'’une légère blessure, A la fin cause la mort,

Eve écoute le serpent, Qui sur l’arbre se suspend; Elle regarde la pomme, Elle ose y porter sa main, Puis elle fait mourir l’homme; Et par lui le genre humain,

Caïn:se rend criminel.

En tuant son frère Abel ;, Il ne lui ravit la vie, Que pour. avoir négligé Les premiers traits de l’envie, Dont son cœur étoit rongé.

David passe d’un coup d’œil,.

Aux crimes qui. font son deuil; Judas ce malheureux traître, Pour trop désirer d’avoir,

Vend son adorable Maitre, Et se pend.par désespoir.

Pierre l’ose renier, Sortant de communier ; Il tombe dans le blasphême, Ne s’étant point diverti De l’estime de soi-même, Lorsqu'il en fut averti.

Ces exemples te font voir L’horreur qu’il faut en avoir; Plus une âme devient-sainte, Par l’amour envers Jésus; Plus doit-elle avoir de crainte, Des péchés les plus menus.

Dès qu’elle ne les craint pas, Elle fait mille faux pas:

Sa vie est un grand désordre ; Efle recule en effet.

Car l’ennemi trouve à mordre, Presqu’en tout ce qu'elle fait.

Tu fais cent petits efforts Pour le moindre mal du corps ;- Et quand ton ame est blessée, Même en danger de mowir,.

Tu rejettes la pensée,

De ce qui peut la guérir.

Tu la tiens moins nettement:

Que ton chetif vêtement ; Pour peu qu’un habit soit sale Il te Lure s odieux :

J'on ame est pins de gale, Et paroit belle à tes yeux.

Chasse, pour plaire au Très-hant;

L'ombre même du défaut :

Et quand'par pure foiblesse-

Tu tombes légèrement ; Chasse le trop de tristesse, Le trouble et l’abbattement.

Va faire un humble.retour, Vers Jésus avec amour ; G Prends son nom pour antidote, Et sois bien considéré Dene faire aucune faute

De propos délibéré.

Pour te bientôt affranchir De ce qui te fait gauchir, Voi de près la sépulture, Garde en tout quelque milieu Tiens ton cœur dans la droiture Et ton œil tourné vers Dieu.

Mais ton œil à beau veiller.

Ta main a beau travailler; Si Dieu, le meilleur des Pères Ne vient vite à ton secours, Tu traîneras tes misères, Jusqu’à la fin de tes jours.

PARAPHRASE DU SYMBOLE DES APOTRES. 0€ Sur l’Ain— Depuis le iems qu'en secret je vous aime, &c.

SatnT PirnRrE.

Je crois en Dieu le Père Tout Puissant, Créateur . du Ciel et de lu Terre. 4

J E crois en Dieu dont le sein nous enserre; Le Créatèur, le Père Tout-Puissant

Qui d’un seul mot fit le Ciel et la Terre,

Et qui leur donne un ordre ravissant :

J’ad Je renc

En révé

J'adore en lui l’innascibilité, Je rends hommage à sa paternité :

Tout mon cœur aime, Ce Roi suprême, En révérant sa haute Majesté,

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