POUR LE SAINT TEMS DU CAREME
Sur l’Ain— Depuis le tems qu’en secret je vous aime, &c.
V'orct 1e tems de faire pénitenee,
Pense, péchreur, pense à te convertir ;
Ne lasse plus de ee la patience,
Fuis les mondains qui vont le divertir,
Et n’attends pas jusqu'aux derniers abois
De t’afliger et de charger ta croix ; Peut-être même | Qu'en ce Carême
Tu vas jeûner pour la derniere fois.
En ce saint tems l’Église est une école
Où Jésus parle à qui veut l'écouter :
Va t'y nourrir de sa sainte Parole,
Ouvre ton cœur si tu la veux gouter ;
Et souviens-toi qu’il n’est point de sermon,
Qui n’ait pour but quelque chose de bon, Pourvû que l’ame, Quand Dieu l’enflamme,
Cède à la grace en. dépit du démon.
Ne cherche plus ta joye en tes supplices, Ne trouve plus ta vie en ton trépas ; | Cherche en Dieu seul tes plus chères délices, Ton vrai bonheur et tes plus doux appas ; Et le priant qu'il te fasse tout sien,
Trouve en lui-seul ton guide et ton soutien, Ton allégresse, Et ta richesse,
Ta paix, ta vie et ton souverain bien. .
run Dieu, Pauvre aveugle, que peut t’offrir la terre ? Que promet-elle à tes attachemens ?
Un faux bonheur plus frêle que le verre, Et qui perit après quelques momens :
REME. Eleve-toi vers la sainte Cité,
Heureux séjour de la félicité, Dont la durée, + Est assurée, Non pour un tems, mais pour l'éternité.
ret je vous
Si tu veux vivre en homme raisonnable; Sois résolu de *e mortifier ; Si tu veux ivre en Chrétien véritable Donne tes soins à te crucifier ; Et si tu crois que tu n’es qu’un pécheur,.
Dompte ton corps, ton esprit et ton cœur ;:
Si tu veux être, Tout à ton Maitre, Et t'affranchir de l'éternel malheur.
Tu dois pour Dieu quitter les assemblées, Le jeu, la danse at les vains passe-tems, ! En t'éloignant des ames aveuglées Qui n’ont à cœur que les plaisirs des sens, Tu dois sur-tout moins boire et moins manger, Pour de tes maux contre toi te venger, Tu dois te taire, Et ne te plaire Qu’à prier Dieu qu’il daigne te changer...
abois
Puisque le Ciel se prend par violenee;.
Et que les Saints l'ont par À mérité ;
Ne sois pas prompt à demander dispense, .
Dès que tu sens la moindre infirmité :
| Tu sçais fort bien que l'amour propre eët fin. Li qu'il s’accorde avec l'esprit malin ;.
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Crains leur amorce, Et te fais force, Pour parvenir à ton heureuse fin.
Que tu sois vicux, homme fait ou fort jeune, Du tiers état, pauvre ou de qualité, Si tu ne peux garder la loi du jeûne, Sers le Seigneur avec fidèlité :
Combats le vice en tout tems, en tout lieu, Et te changeant sans garder le milieu, Fais qu’à toute heure, Ton ame meure Aux vains objets qui t’éloignent de Dieu,
Prépare-toi dans cette quarantaine À recevoir comme il faut le Sauveur, Brûle du feu dont brûloit Magdeleine, En te livrant comme elle à la douleur ; Mais prends-bien garde après le tems Pascal.
De ne plus faire un autre Carnaval ; Ta pénitence Sans la constance, Te confondroit au Jugement final.
Jeûne sacré de quarante journées, Tu mets à bas nos vices odieux, Nos passions sont par toi refrénées,, . Et nos esprits élevés vers les Cieux ; Lorsque tu tiens nos corps bien abattus ; Tu nous remplis des plus rares vertus, Et tu nous donnes Droit aux couronnes, Par les sentiers que Jesus a battus.