‹ Cantiques de Marseilles accommodés à des airs vulgaires [microforme]Chapitre 88 sur 88 · XAVIER · texte numérisé non relu

XAVIER

Les plus effroyables dangers, Les pays les plus étrangers,

Sur l’Arr ; Bon, bon, que le vin. est bon.

CHANTONS a victoir d'amour Que l’on voit brûler nuit et jour Sur la terre et sur l’onde, C’est l’incomparable - Nom, si connu, si familier.

Dans tous les coins du monde, C’est lui qu’on entendit jadis Dire, cent fois d'amour épris, :

Dieu! Dieu! Dieu ! je ne veux que Dieu.

En lui tout bien abonde.

Xavier,

La mort ou l’esclavage,

Encor d'avantage.

La faim, la soif, la nudité,

De son cœur plein de charité Faisoient le doux partage ;

Environné de mille

Il s’écrioit à pleine voix, ;

Dieu ! Dieu ! Dieu ! donnez-m'’en, mon Dieu,

roix, ‘

Un jour enivré de ce vin; Que fait gouter l'époux Divin;.

Quand il fait ses largesses, Son ame, son esprit, son cœur;.

Succomberent sous la douceur Des divines tendresses ; Plein de ce jus jusqu’à lexcès,.

H s'écrioit ; Ah ! c’est assez, .

Dieu ! Dieu! Dieu ! c’est. assez mon Dieu, C’est assez de caresses,

Pour-vaincre par le même amour.

L’horreur, que jui faisoit un jour corps d’un misérable, ‘S’encourageant de plus en plus, H suce avidemment le pus- D'un Ulcère effroyable ; Plein de la céleste liqueur, Rien ne peut rebuter son cœur. ::

Dien ! Dieu ! Dieu ! tous pourvous mon Dieu, Me paroit agréable.

Le Ciel-témoin: de: ses transports,.

Du sang, quisortit de son corps,.

Vit la terre se teindre.

. Dans toutes les eaux de-la Mer De ce cœur tout fait pour aimer L’ardeur n’à pu s’éteindre ; Heureux aux travers de ses.flots.

S'écrioit-il,. ce Saint Héros, Dieu ! Dieu ! Dieu ! trop heureux, mon Die De pouvoir vous atteindre.

Il est allé toujeurs préchant, Depuis les rives du Couchant.

Jusqu'au sein de l’Aurore,.

Le peuple le plus reculé.

Le plus cruel, le plus brûlé l’astre, ss adore ; Rien ne peut de ce conquérant ‘Contenter le feu dévorant.

Dieu ! Dieu! Dieu ! pour ce cœur, mon Dieu, Un autre monde encore.

Les ailes de la charité Dix fois:en dix ans l’ont porté D'un bout du monde à l’autre, Il est de l’Indeet du Japon Le protecteur et le patron.

Le merveilleux Apôtre!

Dans les mêmes endroits que lui, Faisons retentir aujourd’hui Dieu ! Dieu ! Dieu ! votre amour, mon Dieu, Est bien digne du nôtre.

Le feu qui le brûle au dedans Est semblable à ces feux ardens Qui mettent tout en poudre.

Il attaque grands et petits, Les démons même et les Gentils.

Rien n'échappe à la fuudre ; Et portant jusqu'au Ciel son vol I dit, à l'exemple de Paul, Dieu ! Dieu ! Dieu ! c'est en vous, mon Dieu, Que tont doit se dissoudre.

Son front, ses yeux, son air, ses traits, Fontcéder à ses doux attraits Le cœur le plus farouche.

Point d'Idolâtre ou de-pécheur Que son admirable douceur Ne penèêtre et ne touche Sur le Ciel et eur les Énfers :

Et sur la terre et sur la Mer Dieu ! Dieu ! Dieu ! le seul nom de Dieu Pouvoit tout en sa bouche,

On l’a vû, mille fois guérir Des malades prêts à mourir, Dépouiller la mort inême.

Par un seul mirucle obliger T'oute une ville à se plonger Dans les eaux du baptême, Un geste, unaccent de sa voix, Une image, un signe de Croix, Dieu! Dieu! Dieu ! tout en lui, mon Dieu, Fût un prodige extrême.

Cent Peuples et plus de vingt Rois.

Soumis à de nelle Loix, Nous montrent ses conquètes.

Dans les plus salutaires bains Il plongea de ses propres mains Dix fois cent mille têtes.

Sur tous les cœurs, ce cœur prétend Mon cœur ne sera point content, Dieu ! Dieu ! Dieu ! disoit-il, mon Dieu, Sivous même ne l’êtes.

Etendu seul sur un Rocher, Tel qu’un phœnix sur son Bucher, LI [] k.

Plein d’une ardeur extrême, Imitant un feu consumant, Qui faute d’un autre aliment Se consume lui même ; ‘On l’entendoit, quoique aux abois, ay ; Dire d’une mourante voix, Dieu! Dieu! Dieu ! vous sçavez, mon Dieu, Combien mon cœur vous aime.

mon Dieu,

ois.

DE MARSEILLES, 27T

Ah ! qu’il me seroit pourtant doux, En répandant mon sang pour vous.

De signaler mon zèle !

Ah ! que cette trop douce mort, Qui va bientôt nous mettre «uu port, A mon cœur est crvelle !

Ai-je donc mérité si peu De sentir le fer et le feu, Dieu ! Dieu ! Dieu ! j'adore, mon Du, Cette voix qui m'appelle.

Recevez mes derniers soupirs, Sondez mes justes désirs, Etendez votre Eglise, Ah! s’il me faut mourir, mon Dieu, Prêt d’entrer en un si cher lieu, Comme un autre Moïse, Accordez au zèle, à la Foi De ceux qui viendront après moi, Dieu ! Dieu ! Dieu ! donnez leur, mon Dieu- Cette terre promise,

L'amour, qui par ses doux efforts Dégagea l’ame de son corps, Par une autre merveille,

Conserva toujours la splendeur

De son visage, la douceur De sa bouche vermeille ;

Toujours entier, toujours très beau,

Il semble dire en son tombeau,

Dieu! Dieu ! Dieu ! je repose en Dieu, Je dors, et mon cœur veille.

À ce tombeau de tous côtés, Mille présens lui sont portés ;

a78 CANTIQUES

D'amour ces riches gages

Mille vœux offerts y font voir

De son admirable pouvoir Les nobles témoignages,

Frappés d’un si louable objet

Ah ! qu'on sécrie avec sujet,

Dieu ! Dieu ! Dieu ! c’est ici, mon Dieu, Un de vos grands ouvrages.

Mes yeux, vous eûtes le plaisir De comtempler tout à loisir D'amour ce grand miracle :

Après un si rare bonheur Fermez vous, mes yeux, et mon cœur ; A tout autre spectacle.

Addressons y toujours nos vœux, Car de cœur désormais je veux, Dieu ! Dieu ! Dieu ! demeurer, mon Dieu Dans ce saint tabernacle.

El est pour moi, ce Saint amant, Un plus durable monument Que le marbre et le cuivre ; Mais il me présente encore plus Son zèle et ses autres vertus Et son exemple à suivre Tandis que son noble héritier Possédera son corps entier, :

Dieu! Dieu ! Dieu ! son esprit, mon Dieu, Doiten moi toujours vivre.

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