Cantiques populaires du Canada français [microforme]
N parlait un jour de musique religieuse dans une réunion où je me trouvais avec M. Antoine Plamondon, le plus fécond de nos artistes-peintres, qui, âgé alors de près de quatre-vingts ans, avait conservé tout l'enthousiasme, toute l'ardeur artistique d’un jeune homme :
—“* La musique religieuse, me dit-il, .. mais est-ce que toute musique n’est pas religieuse ? ”
Pour toute réponse, je me contentai de regarder l'excellent vieillard avec admiration. Sans le savoir, il venait de faire son propre éloge et de révéler l'exquise candeur de son âme.
, th ton 2 5g RDA au our. 1e : 1 78
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La musique, ce merveilleux et poétique langage, cet art charmant et dangereux, comme a dit madame Bourdon, a une puissance étonnante pour exprimer les sentiments du cœur humain, avec leurs nuances infinies, leurs délicatesses subtiles et inconscientes, et elle sait en développer l'intensité à un degré extraordinaire; mais elle est impuissante à exprimer une idée spéculative, un raisonnement ou une argumentation. A vrai dire, elle n’a aucun sens absolument déterminé et précis. C'est là sa faiblesse et c'est là aussi sa force, La même mélodie peut à la fois faire verser des larmes de joie et des larmes de douleur, et les sons de l'orchestre qui jettent l'ivresse dans l'âme du danseur, peuvent, au même moment, inspirer une dévotion plus vive et plus tendre à l'humble religieuse qui, non loin de la salle du bal, passe la nuit au chevet d'un mourant.
Pour une âme qui vit constamment sous le regard de Dieu, tout. musique peut avoir un côté religieux, de même que pour une âme perverse, toute musique peut contenir un ferment dangereux et malsain. Mais trouver tout bon ou tout mauvais dans la musique, en général, serait l'indice d'une absence d'éducation musicale à peu près complète.
À proprement parler, les non-initiés absolus ne trouvent dans la musique que l'expression de deux sentiments : latristesse et la joie,— lesquels peuvent développer et accroître à un très haut degré l'intensité des autres sentiments, bons ou mauvais, préexistants dans l'âme. Chez les initiés, au contraire, la musique fait naître la plus grande diversité d'impressions. La mélodie, avec ses notes appellatives, ses cadences. son parallélisme, dont les compositeurs modernes cherchent trop à s'affranchir ; l'harmonie, avec ses accords corisonnants et dissonants et les artifices ingénieux des retards dans la résolution d'une ou de plusieurs de leurs parties ; le rythme, avec ses élans et ses chutes, ses temps forts et ses temps faibles, ses syncopes, ses points d'orgue, ses divers genres de mesures, ses mouvements tantôt lents tantôt précipités, sont pour le musicien l'objet d'études attrayantes en même temps que la source d’inexprimables jouissances et d'impressions variées.
J'ai dit plus haut que la musique n’est pas, à proprement parler, le langage de l'âme intellectuelle, et que ses accents enivrants et poétiques n'ont pas le sens circonscrit, déterminé, de la parole, écrite ou parlée.
tout:
Âme alsain: énéral, lète.
dans la joie,— tensité Chez iversité dences:
{ trop nants et ou de utes, S€' gue, Ses ôt précin même s variées.
parler, le poétiques bu parlée.