‹ Capital et travail: Vers des temps nouveauxChapitre 47 sur 47 · Paul Louis, Les E tapes dm Socialisme · texte numérisé non relu

Paul Louis, Les E tapes dm Socialisme

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moyen de connattre les problfemes ^conomiques et de parvenir k poss6der une vision nette des r6alit6s. Les premieres consequences forc6es de ces constatations sont que les salaries ne s'occupent pas des entreprises qui, malgr6 leur labour, p6riclitent, ruinant tels ou tels ; ils ne voient que celles qui font des riches, de nouveaux riches, Ils calculent ce qu'ils ont gagn6 au service de ces entreprises et ce qu'ont gagn6 ceux qui les ont cr66es par la puissance du Capital, et ils comparent; ils s'indignent et ils protestent; ils s'irritent et ils menacent. Le travailleur n'ayant que son salaire pour vivre ne peut que demander Taugmentation de ce salaire et il la r6clame, et si le patronat r^siste c'est la grfeve etses multiples et navrantes consequences. Comment voudrait-on que le travailleur mesure les repercussions que des augmentations de salaires peuvent avoir sur le prix de la vie, qui est Tune des justifications de sa revendication ? Ne saisissant pas que c'est une duperie que de gagner un salaire double ou triple, parce que le coftt du prix des denr^es et objets les plus n^cessaires h I'existence ne pourra encore que s'accroftre s'il ne produit pas davantage en mdme temps qu'il gagnera plus, il continuera m6me k exiger la diminution de la dur4 des heures de travail en m6me temps que Velevation de son salaire. Pourquoi n'y serait-il pas incite ? II raisonne comme I'y pousse la condition dans laquelle nous I'avons maintenu et I'ignorance dans laquelle nous I'avons laisse des questions economiques, des difficultes de la conduite des entreprises. Ici, il volt que, malgre tout, malgre Taccroissement des salaires, les benefices nets du

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patronat augmenleat dilcore. N'est^ee pas au patro^ nat^ se dit-il> qu'il appartient, pout* faire baisser le prixde la vie, de s6 eonte titer de bfindfic&d moindfes et d'abaisser ses prix de vente ? L^, la tnaison Od il travaille p6riclitei ei^il obligee d^ fermer ? Dans la g^ii6ralit6 des cas, peu Itii iitipofte. Parfoid il a con-^ tribu^ k la d6contiture? Ils'^n sotteie p6U. Qu'avdtisnous fait pour Tattaeher h la maiiton oh il trcitaille : salari6 il est] il agit en sftlari^» Perdant ulid placei il se dit (Ju'il n'aura qu'^ ofFrir sed bi'as aill6tirs« Sou vent, h6las I il se trompe. II li'arrlve pa6 h trourer un autre emploi. C'est alors pour lui le dUr ch6mage, et ce chdttiage c'est poUr la production du travail perdu, pour le pslys une perte de richesses.

Puis, de plus eii plus la lutte de classes devient plus apre, plus ardente, plus tiolente. EUe cesse d'etre une lutte pour Tam^lioration des conditions de la vife; elle devient une lutte pour la tonqu4te des poui)oirSy pouvoirs politiques, potttoirs ^conottiiques. Survient la grfeve. Les services publics dont le fonctiontiement est indispensable k Texidtence de la Nation s'arrfetent...

Sans pousser le tableau plus au noiTj je crois que Ton peut conclure qu'il est temps de mettr6 fin h cet antagonisme de classes et qtt'il h'y a qu'un moyen d'y parvenir, c'est d'entrer rfisolutiietiti methodiquement dans la voie de Ja cooperation ftt de cr6er une 3octete des classes sur les ruitles d'un antagotiisme dont nous n'avoiis tons que trop souffert.

* * Nos industrials, lios grfittids (ionim^hfahte, ilos

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capitalistes, nos fltiancierdi nos proprifitaites d'im* pof tantes entreprises se reiident-ils compte qu6 lA est la solution, comme le disait Gdblet? II est, h6las! pefinis d'feii doilter! Lorsque k la Commissipn charg6e d'^xaminer le projet de r6forme de la legislation Slif les nlines, le d6l6gu6 des SyddiCats dUvriers rejeta le principe de la participation d^s mineiits i la possession, h la gestion et aui benefices des cortcessiotis futures, en s'ecriant : « Nous sorfitnes tt touloHs resUr deS mlaf"ie$/ » N'dvonsnous pa^ Vu les fepresfentants des grander etitre^ prises ttiihiferes presents k cette reunion appf ouver beatement le representant des ouvriers mitieUl's?

Nos gtands industriels ! Oui , leur esprit est plein de bdiines intentions, ils out volontiers sur les levres les mots de « collaboration des classes, de confiatifce mutuelle, de confiance reciproque etitre le patron etTouvrier », mais s'ils parient de trans^ former les rapports du salariat, de les modifier, afin de les ameliorer, ils remittent toujours au lendemain le soin de preciser comment ils entendent s'y prendre et aux calendes Tapplication de leurs vues vaguement formnlees.

On a fait du bruit, il y a environ trois ans, autoiir d'un discours proiionce k Londres, au battquet d^ V Iron and Steel Institute i par M. Eugfene Schneider, le maitre de forges du CreUsot. M. Schneider, parlant des rapports du capital et du travail, a dit aux maltres de forges et aux ingenieurs anglais qu'il fallait que dans nos grandes entreprises industrielles « le dernier des manoeuvres ou le plus obscur des employes senttt d'une maniere effective la solidarite qui Tilnit avec les dirigeants et les

participants et qui les lie tous au destin de I'affaire », dans ses vicissitudes comme dans ses succds et ses transformations, afin que ceux-ci « le touchent personnellement et deviennent le sujet de ses preoccupations >. Mais comment M. Schneider r6aliserat-il ce programme? Par « une transformation des esprits et des habitudes », par « une liaison n^cessaire entre la foule ouyrifere etles patrons », liaison qui ne peut 6tre* « asstirfie qu'en instruisant parallftlement les deux classes ». Pour ce grand industries les futurs chefs d'entreprise « doivent apprendre a connattre leurs subordonn6s et les ouvriers doivent 6tre rendus capables de juger leurs patrons autrement que par ouK-dire ». Et ainsi, par (c une inter penetration des classes > , nattra « une meilleure harmonic du mondel »

Teiles ^ont les seules doctrines que M. Schneider aapportees au pays dela Copartnership, des chantiers de Ghristopher-Furness et de la South Metropolitan Gas Company! Comment le dernier des manoeuvres d'une usine sera-t-il 116 au sort de cette usine? Par des conseils, par une <( in terp6netration des classes >, par rinstruction, par une collaboration plus intime? Sera-ce suffigant? Et certes, oui, tout ce que dit M. Schneider est trfts beau, mais rien de ce qu'il juge n6cessaire ne sera possible que lorsqu'on aura commence par donner au travail sa part et toute sa part. M. Schneider met la charrue devant les boBufs.

Aurons-nous, pour consentir partout oti c'est pos-

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siblci k associer reellement le Travail au Capital en lui accordant une part degestion* Tadh^sion de ceux qui ont non seulement porte aux. nues les (Buvres des Leclaire, des Godin, mais encore d6cern6 k Carpenter d'enthousiastes compliments, de chaleureux temoignages de satisfaction pour avoir institu^ la Copartnership dans la plus grande des compagnies du gaz de Londres? Vont-ils au contraire, tout en se disantadmirateursdela « Solidarity intime » du Capital et du Travail, continuer k se montrer formellement hostiles k toute « immixtion dans la gestion i>A\i personnel des entreprises, sans s'apercevoir combien il est 6trange qu'ils aient approuv6 Carpenter?

Aurons-nous avec nous le patronat, les commergantSi les industriels qui souffrent des consequences du regime du salariat, se d^battent avec les difticult6s que cr6e ce r6gime, ou bien ceux-ci vont-ils persister dans leur erreur qui les a si souvent conduits k la fermeture de leurs ateliers, de leurs usines ?

Aurons-nous avec nous dans les milieux ouvriers les militants socialistes qui se disent les d^fenseurs nes de la classe ouvri^re, ou bien vont-ils continuer a demeurer fiddles k la th^orie antiscientitique, illogique et pernicieuse de Tauteur de Capitals La C. 6.T. enfin va-t-elle comprendre combien son projet de nationalisation industrielle, en maintenant le regime de Salariat, ne r6pond ni k Tint^rgt du travail ni k Tint^rSt du pays?

Pour nous aider k obtenir la realisation du pro^ gramme que nous avons trac6i trouverons-nous des points d'appui? Nous aurons avec nous a coup sdr Tarm^e de plus en plus nombreuse de ces coop^-

rateurs de France qui, en cherchant h maltiplier les associations ouvriferes de production, rfiunissent dans les menies mains le Capital et le Travail, ne peuvent que souhaiter que les entreprises capitalistes deviennent a^iant d'^coles qui leur fourniront des associ6s ayant acquis h la fois quelques capitaux en m6me temps que la connaissance des pratiques commerciales et industrielles, Tesprit de discipline et le sentiment des responsabilitSSi tous Elements necessaires h T^panouissement des cooperatives ouvriferes? Mais la masse ouvrifeFe sera-t-elle avec nous et d'autre part verrons-nous enfinla bourgeoisie comprenant oil est son devoir et son interel? Aurons-nous Tadh^sion a nos idees de ceux qui cependant toute leur vie, en se recommandant de Charles Robert, ont pr^conis^ la participation aux b^niSfices comme un acte d'6quit^, ayant une influence heureuse sur la paix sociale comme sur Tacroissement de la production I Ne vont-ils pas continuer, sous le pr^texte que nous avons indique. qu'il faudrait, par des mesures legislatives rechercher, mesurer le moyen d'amener k g^niraliser un syst6me qui n'a presque rien doiin6 en r6gime do liberty, s'^lever contre notre appel au monde patronal? Qu'ils cess^nt dans ce cas de se dire les 6l6ve> et les successeurs de Charles Robert, qui proclamaii que Tattribution au Travail d'une part des proiit> constituait la reconnaissance d'ui^ droit naturel

Je sais bien ce que certains dirigeants de la bourgeoisie ne manqueront pas de dire r Cooperation ?

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Possibility pour le travail de controlar la conduite dea entreprises ? Copropri6t6 des moyens de production ? Mais ou irions-nous 31 mous acceptions ces conceptions^ ces conceii^sions et ces d^faillances ? « Nous pr^parerions la venue du bolchevisme. Nous pr6f^rons la lutte. »

Voil^oti est Terreur coasciemmentouinconsciemmeal profess^Q, propag6e, ftdopt6e. Concession, la reconnaissance au travail de droits qu'il a bien gagn6s?D^raillance,une association avecles artisans de la production ?

Que la bourgeoisie y r^fl^cbisse 1 Le danger ne viendra pour elle que dace qu'elle n'anra pas modifi6 peu h. peu la situation de la classe ouvrifere, de ce que pos« 86dantle capital et Texploitation des moyens de production elle n'aura pas su faire peu a peu T^ducation 6conomique des travailleurs, associer ces travailleurs aux profits puis k la gestion des eatreprises> Clever leur condition et faira d'eux d'autres hommes par la possession d'un bien autant par la compr^bension des difficult^s et des responsabilit6s que cr6e la conduite des affaires.

D'aprfes la Labour Copartnership Association :

Un ouvrier, un employe sous un r^giroe de participation pept lacilejic^epti sans toucfier k ^on salaire bebdoipad^ipei ^conomiser le benefice qui lui revient de Tenfreprise et par la m^me avoir plusieurs centaines de liyres sterling a son credit au momeht o^ il cesse de travailler. Entre temps, si la participation d Tentreprise ports non seulement spr les ben^fice«, roaifi sur renseml^le des operations, Touvrier a doublelueni^ avant^ge a ce que cette entrepfise r^ali^P des benefices : d'abord, k une augmentation de benefices de Taifaire correspondra une augmentation d'appointements pour lui ; ensuite il recevra Pint^r^t de son capital. Si Ton suppose

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Textension de ce syst^me k la plupart des grandes industries du pays, au cours d'une seule generation, chaque famille d'ouvriers arriverait k avoir ses quelques centaines de livres sterling de c6t^ en prevision de la vieillesse ou du malheur; cet argent serait plac^, en attendant son emploi, dans les industries du pays, ce qui engagerait ses proprietaires A porter plus dMnter^t a T^conomie et au succes desdites industries et leur donnerait en m^me temps une part de contr61e sur les conditions de travail. En d'autre termes, on opererait ainsi une transformation graduelle de Tindustrie, le passage continu et r^gulier de la forme actuelle autocratique et purement capitaliste a la forme democratique et constitutionnelle. EtTon obtiendrait ce resultat sans rupture violente avec le passe et sans perdre les services des organisateurs actuels de Tindustrie bien au courant de leur affaire et possedant tres souvent les tres rares facultes qui font d'eux les chefs naturels de Tindustrie. On aurait de plus un syst^me qui, tout en etant democratique, ne souffrirait pas d'une centralisation injustifiee.

Tel est le programme k r6aliser et qaipeut se r6aliser, qu'on Tentende bien , « sans rupture violente avecle pass6 » • Oui, c'est bien 1^ la formule d'^volution k laquelle il faut se rallier si nous voulons vraiment Clever contre les n6fastes theories communistes la digue ou se brisera tout Teffort de ses propagandistes. Unjour, M. Albert Thomas disaitaux ouvriers d'une grande usine : « Gamarades> nous devons ensemble r^aliser la coordination des e£Forts de toutes les classes. II faut que les classes subordonnet^t leurs int6r6ts particuliers h Fint^rSt commun de la production qui les fera vivre les unes et les autros. II faut que les ouvriers s'accoutument k voir dtiiis la classe patronale, pour une grande part, le d^pos^taire des int^rdts de Tavenir. Et par contre je dem^nde aux repr6sentants du patronat, camarades, de Haire

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confiance h r&me de voire classei a ses id^es, h ses esp^rances et de faire que chaque jour un peu plus de liberty, un peu plus de bien-6tre se realise pour la classe ouvrifere. » \

Ge sont 1^ des declarations qui prouvent qu'il y a tout de m6me des socialistes qui reconnaissent le role de Tentrepreneur, apporteur decapital, directeur d'entreprise, technicien experiments. A cet entrepreneur, M. Albert Thomas, si je m'en souviens Men, lui a rendu un jour h la tribune de la Ghambre, Tayant vu h ToBUvre Stant Ministre de TArmement, I'hommage qui lui est d<!i. II est un des facteurs indispensables ^lamarche des entreprises, k I'exploitation des moyens de production. U est un excitateur et un multiplicateur du travail. Or, que voulons-nous en conseillant, en rSclamant I'association complete du Capital et du Travail? Nous voulons precisSment qu'il s'etablisse une sodete des classes dont le statut fera ^ chacun sa place, permettra h chaque individu de devenir detenteur d'une partie du capital social et de sortir de sa condition gr&ce k son travail.

Que la Bourgeoisie prenne garde ! Quoi qu'on en dise, malgre la division de la propriety qui est fort heureusement une des caract6ristiques de notre pays, elle pourrait un jour ne plus etre la classe la plus nombreuse et succomber en face d'une majorite de proletaires ne possSdant que leurs bras leur assurant le pain quotidien. Lorsque Godin, lorsque Leclaire furent devenus des patrons dej& dans Taisance, gr&ce en grande partie au labeur de leurs

VEBS DBS TBMPi NOUVKaOX

un prol^SfiX -^ *"T* P«^ «" ""r cette terre

conlinaeS" leurivre ?'"f '" '^^ ^*"'* foodateurs nil! iisJJ ^ Bienfaisante. Si les classes

qui deliennent actueJiement les nonvAi^ ^

pays ne m^ditent pas la hoZlfl'^T '^*/°**"« examples, n'en foil fJZ ^^Zf'jT ^' ^' pas en pratique, leur effondrpm«nt ^ '"*'^*'**

sans m.me Ve les l^t^SSl^^T^ recoarir, pour les 6craser h .in .i j ,^* *^«°t ^ revolution sanKlanteen«,H" ^"^ ''^ ^«*'<^«' * «we one sorts de Sfe de 1 rpSf ^^^ *««^« par ne peut coutinuer, en d'aXes t«rm!* ^f ^<^'^'-&«oisie

r61e, . poursuivre'sa mitn queTelltrP^" '"" tamment et de plus «„ nh,l i P*"^® cons-

no avelles dan, le ruple? dt fer! ?f ^«'-««« tant de bourgeois 'son^t ^X.llt^'^^^''^' ^^ compte que c'est son int^r^. son sahit t. '.r**^ comprend pas que c'est son deVoTRt n ' *"^ °« autre, le bourgeois qui est paSde S^^ ' '^"' '*'"' une situation enviable, devSt se so^VH * ''"^"^'' n est pasgeulement 4 son travail nL!? ^^^^ ''"« ''^ d'etre ce,„'il est, .ais ar^CS t^

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fnrent ses eoUaborateurs comme h oaux qui, h ses debuts, ont su reconnaitre ses m^rites, son labour et raider h s'^lever. De m6me celui qui est n6 de parents aia^fi oe devrait jamais oublier que ses parents n'ont pas acquis leur fortune par leurs seuls effortSi mais aussi gr^ce aux efforts accomplis par d^autres*

Ge serait h d^i^esp^rer de rhumanit^ si elle demeu^ rait insensible aux logons de I'^ducation sopiale que las meilleurs d'entre nous, les penseurs les plus ^mlnents et les plus elairvoyantd 9a sont attaches h order puis h rdpandre et qui a pour but, comme Ta derit L6on Bourgeois, de mettra ohaque individu dans r^tat d'esprit d'un associe dps autres hommes, decr6er en chacun de nous Tdtre social, de nous don* nerVbabitude de nous comporter ^om&mtfwif, c'est-^dire de payer autant que possible notre dette dans chacun des actes de notre vie et notamment dans chacun des 6changes des produits de notre activit6 avec ceux de Tactivitd des autres. « La Cooperation est done la seule forme legitime de Torganisation du travail », la seule forme de contrat qui soit conforme aux lois naturelles de la formation des richesses, de la production, lois qui veulent que toutes les classes de la socidt^ soient solidaires au lieu d'etre d6sunies, la seule enfin qui permette d'instituer dans un pays la veritable democratie. Comme Ta dit Emile Deschanel, « la democratic veritable ce n'est pas Tdcrasement de la bourgeoisie, c'est I'ascension continuelle du peuple par Fintelligence et par le travail et sa transformation successive en une sorte de bourgeoisie universelle ».

Telle est la haute pens6e qui doit r6gler tons nos

actes individuels et qui doit, d6sormais> inspirer toute notre politique sociale.

€ U est contradictoire, a dit M. Millerand, le 2 mars 1920, h la tribune de la Ghambre, que dans un pays de R^publique et de suffrage universel, on puisse penser, sous quelque forme que ce soit, a maintenir h Tusine la monarchie absolue. »

Puisse cette parole prof ond6ment juste dtre entendue ! Puisse notre soci^t6 se democratiser dans ses rapports entre individusi dans son regime economique comme elle s'est d6mocratis6e dans ses institutions, de fagon que le travailleur, suivantle mot de Charles Gide, soit traits non comme un sujet mais comme un citoyen!

Alors, mais alors seulement, naitront des temps nouveaux.

TABLE DES MATIfiRES

Preface • ^ • • • v

Introduction 1

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