Le Progrts civique, du 16 mai
18 VERS DBS TEMPS NOUVKA0X
encore, se croyaient s6par6s par un abtme infranchissable. Les raisons qui nous ont unis sont aussi puissantes que jamais : la Patrie est toujoars en danger... L'Union est aussi n6cessaire dans Tordre <5conomique que dans Tordre politique et religieux. »
Ainsi, pourM. Gabriel Seailles, toutes les volont^s agissantes, toutes les forces productrices de la Nation doivent, dans tous les domaines, se mettre d'accord, s'associer dans une f^conde action pour le saJut commun, pour le rel^vement et la prosp6rit6 de la Nation, au lieu decontinuer h s'ignorer yolontairement, h se combattre, h vivre les unes et les autres inspir6es et mues par T^goisme, par Tint^ret individuel ou de classe. Pour lui, par exemple, patrons et ouvriers, loin de se contrarier de parti-pris, doivent se sentir solidaires, « non seulement dans Tint^ret priv6 mais dans le devoir social », comme « coUa borate urs d'une grapde OBuvre » qui ne peut se faire que par leur concours. « Ajprfts le cataclysme qui s'est abattu sur la France, il ne s'agit plus, dit-il, de se disputer la richesse nationale, mais de la reconstituer dans son int6grit6. La production intensive veut un concours de forces, qui ne peut s'^tablir dans Tanarchie des esprits et des volont6s. Des concessions mutuelles s'imposent. La paix sociale est n6cessaire au rel^vement de la Patrie. »
Mais, se demande M. S6ailles, n'allons-nous pas nous heurter, pour 6tablir cette Union n^cessaire du Capital et du Travail, k une loi 6conomique qui, par Topposition du Capital et du Travail, maintient la guerre au sein mdme de la nation sous la forme de la lutte des classes? Au fond, T^minent 6crivain estime que cette loi <i a'exprime que le mSme
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6goismei que le mfime aspect de lucre dans des eoaditions contraires, qu'elle n'est des deux cdt6s que la r6sultante de roubli et de la negligence du « devoir social qui seul peut concilier les inl6rets en les subpr* dojiaaut ». La paix lui apparatt done comma r6ali-r Bable entre le patronat et le ppol^tafiat, composes Tun et I'autre d'hoijimes « dont les pretentions doivent 6tre limit^es par le bien sup6rieur auquel i|s ont une m6me obligation de coop^rer >. II estime, dans tou8 les cas, que, meme si la lutte de classes devait* etre necessaire pour permettre aux ouvriers de Be defendre « centre la puissance occulte qui les exploite »» k Theure prdsente, « apr^s cette guerre monstrueuse qui a tant detruit de choses et d'hommes, une trdve ind6iinie s'impose >. Seule la solidarity nationale^ qui nous a d6livr6s des dangers du dehors, doit encore 6tre notre rfegle.
c Si uous sommes incapables de cette sagesse, (}e cette intelligence de nos propres interets, a ecrit M.6. S^ailles, nous paierons cher le prix de cette erreur ; si la tr6ve se conclut, si elle Be prolonge, ^le nous decouvrira peut-^tre que la lutte des classes, comme la guerre elle-mSme, n'est une fatality que si on la subit sans y appliquer, avec son intelligence, la volonte de justice.
c La bourgeoisie se trompe quand elle se flatte de n'avoir de comptes a rendre k personne, elle a ses devoirs qui, seuls, pourraient justifler son privilege ; si elle cesse de les remplir, elle 86 frappe elle-mdme de d^ch^ance. 8*il est vrai que les ouvriers de tous les pays ont des int^r^ts communs, 11 est aussi vrai que le sort de Touvrier depend de la prosp^rit^ du pays dont il est citoyen.
c Le capital et le travail sont les facteurs compl^mentaires de la production nationale.
« On collabore mal quand on est toujours pr6t k quitter le travail pour en venir aux mains. Pour eviter les erreurs et
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les fautes du pass^, pour r^soudre les difficult^s sans nombre et dont la moindre ne sera pas la crjse de la mam-d oeuvre en face desquelles nous laisse la guerre, la cooperation loyale des patrons etdesouvriers est n^cessaire et cette coop/raUon n'est possible que si patrons et ouvners s elevent au-dessus de I'^golsme corporatif qui lesmetaux prises, que s'ils prennent un sentiment de mutuel respect et une volont6 de Concorde dans le devoir envers la F'^^f^^, ^;j» ^^IJ^^^?* commune et qui les fait solidaires. Une situation nouvelle veut un esprit nouveau... »
Et M.Gabriel S6aiUes, en lerminant son 6tude, monlrait que bourgeois el prol6taires, capitahstes et ^^"^ • V .natrons et ouvriers ont les uns et les autres leur milssioia ^ . ^^^^ Tunion qui s impose, leur r6le k jouer, en prenani* ^ d^lib^rement leurs responsabilit6s comme en ay ant -^^e nette conscience de leurs obligations. v
< La bourgeoisie, comme safonctionV ^ ^^g ye^tus propres, riDstruction scientifique, rinitiative, 1 ^sITprit de suite. C'est a elle qu'il appartient d'engager et d'organi^^^j. jgg entreprises, de susciter les inventions, de renouyeler V j^outillage selon les progres de la technique, d'equilibrer lain production, de relier Tindustrie et le commerce en ouvrantV^gg debouches, en fixant la clientele. ^ \«.
c Quand nous considerons tout ce que Tennr ^^^^ par une conqu^te lente et sourde, avait occup^ de ce P*^s : banques, maisons de commerce, usines, mines et niini^«jj.gs^ ^ous sommes contraints de reconnaitre que les syndicafr y ouvriers ^taient autoris6s a accuser le capitalisme fran^ais \^g ^e pas remplir avec confiance sa fonction qui est de n lettre en pleine valeur, au profit de tons, la richesse nationa|s,g
c D'autre part, les syndicats en pr^chant la gr^^^M\e sabotage, le travail minimum, en faisant de la lutte un jti^^^t normal, en la menant moins pour ses fins utiles que PSr)ur ellem^me, n'encourageaient pas les initiatives. Rien de[^^ j^^on^ ne pent sortir du heurt de deux egoismes. /
€ Aujourd'hui, Theure est decisive. Les convulsii i^^^g ^e