‹ Caprices et zigzags (volume 2)Chapitre 9 sur 13 · UNE VISITE CHEZ MERODACH-BALADAN · texte numérisé non relu

UNE VISITE CHEZ MERODACH-BALADAN

idée le palais d'un de ces rois, considérés jusqu'ici' comme fiibuleux ; et si nous voulions faire un roman historique à la Walter Scott sur Merodach- Baladan» gr&ce à M. Botta, nous pourrions y mettre la couleur locale la plus exacte et commencer ainsi :

«.... Le jeune étranger, conduit par un eunuque à la face rebondie et vêtu d'une robe talaire , passa avec respect devant ces géants dompteurs de lions, et s'avança vers la porte formée de deux taureaux de dimension colossale, gardiens mystérieux déployant des ailes d'aigle et regardant avec des yeux d'homme. Il s'arrêta un instant à l'inscription cunéiforme gravée sur le seuil du palais, et dont ou avait rempli les creux avec du cuivre brillant comme l'or. L'eunuque lui expliqua complaisamment le sens de cette légende, qui contenait une formule talismanique et l'éloge du roi fondateur du palais. Puis, soulevant une riche portière retenue d'un côté par un lion accroupi , et de l'autre par un anneau de bronze, il l'introduisit dans une vaste salle au plafond de bois de cèdre peint d'un azur aussi vif que l'azur des cieux , au pavé de briques recouvert de nattes d'une finesse merveilleuse ; une corniche ornée d'oves peintes d'un jaune aussi brillant que l'or encadrait le blçu du plafond. Au* dessous régnait une bande de carreaux éofiailiés des (diM splendides couleurs» et fimnant des symé«

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tries et des mosaïques; une longue frise de bas^i reliefs coloriés avec art et accompagnés d'inscri(H lions explicatives faisait le tour de la salle. Une aulrs bande de tuiles vernissées servait de plinthe et com-l plétait l'ornement.

< Merodach-Baladan, assis sur un trône aux pieds sculptés de cannelures décroissantes, ayant pour bras douze chevaux richement harnachés dont la têle hennissante se courbait sous la main distraite du roi, respirait nonchalamment une fleur de soma, pendant que les eunuques agitaient autour de lui des éventails et des chasse-mouches. Une tiare tricorne constellée de pierres précieuses pressait ses tempes» et sa barbe, frisée avec un soin minutieux, semblait sculptée dans un bloc de jais. Des pendeloques étincelaient à ses oreilles, et sa robe , quadrillée de dessins symétriques et terminée par de riches franges d'or, descendait jusqu'à ses sandales, retenues à l'octeil par un seul ligament. Des bracelets d'or massif cerclaient ses bras nus, et à son baudrier, orné de riches broderies, pendait un sabre droit dont le fourreau portait à son extrémité un groupe de lions combattants, ciselé avec un art admirable.

« C'était l'heure du repas. Des esclaves couverts d'un pagne assez semblable à celui des Égyptiens , sanglés d'une espèce de ceinture gymnastique, et

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