‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 105 sur 123 · ÇA VA TOMBER · texte numérisé non relu

ÇA VA TOMBER

Pour renverser le ministère L'opposition lui fait la guerre ; S'il sait éviter les faux pas

Ça n'tomb'ra pas. (dis) Mais si des traîneurs de coulisses Les chefs deviennent les complices, Ils finiront par s'embourber ;

Ça va tomber, (bis)

L'amoureux de ma cuisinière Conserve une épaisse crinière, A quarante ans, sur son front bas ;

Ça n'tomb'ra pas. (bis) Mais moi, pour me couvrir la nuque, J'suis obligé d'porter perruque :

Si j'ai l'malheur de me courber,

Ça va tomber, (pis)

Lorsque les forts d'Alexandrie Résistaient à î 'artillerie Des Anglais, quelques vieux Pachas Disent : Morbleu, ça n'tomb'ra pas t Mais lorsqu'aux boulets dTInflexible Les bastions servirent de cible, Ils dirent : Ça va succomber, Ça va tomber, (bfs)

Gustave casse ses bretelles Et passe deux heures mortelles Dans un salon, s'disant tout bas :

Faut espérer qu'ça n'tomb'ra pas.

Fendant qu'i' s'désole, on babille : Voyez donc comment ça s'habille !

Est-ce ainsi qu'on vient s'exhiber ?

Ça va tomber, \bis\

On disait aux âmes candides Que les ponts d'fer étaient solides, Qu'ça résisf rait, dans tous les cas, Qu'ça n'tomb'rait pas. (J>is) Mais depuis l'accident d'Saint' Rose On dit : " Les ponts n'val'nt pas grand chose r Il faut les faire radouber.

Ça va tomber. (5is)

Sur ce sol la race française Rest'ra debout, n'vous en déplaise, Messieurs les faiseurs d'embarras,

Ça n'tomb'ra pas (Bis) Ce qui tombera c'est la ligue Qui toujours contre nous intrigue Et jure de nous absorber.

Ça va tomber. (dis)

Montréal, 6 septembre 1882.

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