LES VEAUX
Inspire-moi, muse champêtre, Il s'agit de chanter des veaux Que, récemment, on a vu paître Dans des pâturages nouveaux, ibis)
Un jour, broutant de rares herbes,
Rougette voulut les sevrer ;
Ce que voyant, ces veaux superbes A Chapleau vinrent se livrer, (bis,)
Ce chef plein de mansuétude,
Les fit mettre dans un enclos
Où les vautours ont Phabitude
De voler dès qu'ils sont éclos. {bis)
Plus tard on voit dans sa pirogue Chapleau les trimballer partout ; Contre vents et marées il vogue, Et les pauvres veaux bravent tout. ( bis)
Or, Chapleau quitte le navire, Ce qui Pallège un tant soit peu.
Mousseau monte, il faut qu'il chavire, Il est trop lourd — ça penche — adieu !. ( bis. }
Craignant de voir Tonde écumante Engouffrer la barque à Chapleau, Mousseau, tandis qu'on parlemente, Flanque les nourrissons à l'eau, (bis)
Mais bah ! des veaux, ça se remplace,
L'enclos ne restera pas veuf;
On voit arriver à leur place
Un double veau, tout frais, tout neuf, {bis\
Lorsque nous revint l'hirondelle, Chacun vit sortir du ruisseau Un veau crotté, ma is infidèle, Qui se dirigeait vers Mousseau. (bis)
Illustres veaux, troupe nombreuse, Ah ! ne vous multipliez pas !
Race peu noble, mais véreuse, Veuillez chercher d'autres climats. ( bis )
Moatréal, 31 août 1882.