‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 113 sur 123 · LA SŒUR HOSPITALIÈRE · texte numérisé non relu

LA SŒUR HOSPITALIÈRE

Loin d'un monde imbécile,

Fourbe et pervers, Faisant de cet asile,

Votre Univers,

Vous passez votre vie

A soulager .Ceux que la maladie

Vient affliger.

Que vous montrez d'adresse,

D'empressement !

Quels trésors de tendresse !

Quel dévouement !

Sans que rien ne l'émeuve,

Votre douceur Triomphe de l'épreuve,

Ma bonne sœur.

Vous semblez, — c'est étrange, —

Prendre plaisir A ce qu'on vous dérange,

Pour nous servir.

CAPRICES POÉTIQUES 28r

Dans le monde on s'empresse Autour des grands

Mais toujours on délaisse, Les cœurs souffrants.

Pour leur verser le baume

S'il est un lieu, C'est à l'ombre du dôme,

De l'Hôtel-Dieu.

O sœur hospitalière !

Ta charité Pourrait te rendre fière,

Sans vanité.

Car si ton cœur s'isole Et rompt tout lien,

Toi, tu remplis le rôle D'Anse-Gardien.

Hôtel-Dieu, 3 juin 1883.

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