‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 15 sur 123 · LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT

Air ; — E ombre s'évapore.

Tous nos mandataires, Plusieurs dignitaires, Quelques prolétaires, Ont pu se placer.

Chacun se découvre, L'Orateur se couvre, La séance s'ouvre, Ça va commencer.

Plusieurs actionnaires Sont pétitionnaires, Et des doctrinaires Suivent les débats.

Quelques journalistes, En bons nouvellistes, Se font analystes Des futurs combats.

Pétitions lues Sont débattues ; Elles sont reçues Ou vont au panier.

Fuis on examine Les " bills. " Lœ. routine Veut qu'on baragouine, Qu'on soit moutonnier..

On dit des bêtises, On fait des sottises, Mais avant qu'aux prises On en soit venu, Vlà qu'on crie : " A l'ordre !

I' n'faut pas vous mordre ; Qu'veut dir* ce désordre, Clangage saugrenu ?

Mais le mot magique, Qu'y faut qu'j'vous explique, Qui n'souffr' pas d'réplique, C'est le mot " Ordeur ! " Aussi les querelles Et les kyrielles D'injur's cessent-elles A c'mot d'I'Orateur.

C'mot anglais veut dire :

" Je n'entends pas rire, " C'est pas pour médire " Qu'vous êtes élus.

" Pas d'effervescence, " Trêve de licence, " Ou j'iève la séance, " Tas d'saprés goglus ! "

J'suis un homme d' l'église :

C'mot-là m'scandalise, Et je scande à Lise Des vers mal tournés.

Je lui dis : " Je t'aime ! " EU' me répond d'même.

Grâce à ce système, L'z'ennuis sont cernés.

Ici j'me repose, J'd'mand' pardon d'ia chose, Mais p't'Çt' ben que j'cause DTennui au lecteur.

Qu'auprès de sa brune L'amant qu'j'importune Pleur' son infortune J'suis vot* serviteur.

Québec, 18 mai 1881.

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