‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 17 sur 123 · FACHEUX DÉNOUEMENT · texte numérisé non relu

FACHEUX DÉNOUEMENT

Je pressais sa main dans la mienne,

Je l'attirai vers moi ; Je lui dis : " Pour que je revienne,

I' m'faut partir, ma foi ! "

Elle me présentait sa bouche ;

(Elle avait mangé dTail,) Je l'appelais Ma cher* Minouche -

Aux lèvres de corail.

J'allongeais déjà là babine Pour lui fair* péter l'bec,

Lorsque je reçu* sur l'échiné Un coup d'pied pas mal sec.

C'était l'papa, d'humeur maussade, Qui v'nait mal à propos

Gâter l'plaisir d'notre embrassade En tapant sur mon dos.

D'ordinair' je ne tiens pas compte De c'qu'on fait denier' moi,

Mais jamais semblable mécompte N'm'a causé tant d'émoi.

Avant d'y ^tourner, j'me frai faire Un fond d'culott' d'airain :

Faut, en amour comme à la guerre, Protéger Parrièr' train.

Montréal, 23 mai 1881,

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