‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 45 sur 123 · A SIR JOHN A. MACDONALD · texte numérisé non relu

A SIR JOHN A. MACDONALD

(traduction)

Mille fois bienvenu ! C'est le cri général !

Tu nous reviens doué d'une vigueur nouvelle.

Un peuple entier, ému, suit ton char triomphal, Et proclame bien haut ce qu'il doit à ton zèle.

Employant pour nous seuls tes merveilleux talents, Tu guides notre esquif contre le flot qui gronde ; Par ton jugement sain, tes discours éloquents, Ta parole si claire et ta verve féconde,

D'un légitime orgueil, tu fais battre nos cœurs. Patriote zélé, dans le moment critique Tu sus nous commander. Tes bataillons vainqueurs, Te réclament pour chef de notre politique.

On voit dans le lointain s'enfuir des spectres sombres, Fantômes du malheur et de l'adversité ; L'aurore du travail, chassant ces tristes ombres, Embellit l'horizon de sa blanche clarté.

Grâce à toi, de ce jour, nous saluons Paurore, Heureux de te revoir reprendre tes travaux, Nous venons acclamer un chef qui nous honore, Et nous lui souhaitons mille succès nouveaux.

Peuple reconnaissant, tes ferventes prières, Pour cet ami si cher, s'exhalent vers les Cieux ! Qu'il vive encor longtemps ! Que les Destins prospères Le conservent pour nous, et le rendent heureux !

Montréal, 21 septembre 1881.

LE JOUR D'MON MARIAGE Air : — Annette et puis Lubin.

La fille au gros Gustin, Cette grande Julie Que j'aime à la folie Est à moi d'puis c'matin.

Je Tdis sans hyperbole, De plaisir mon cœur vole ; Il danse la carmagnole Sous mon gilet d'satin.

C'est aujourd'hui le jour d'mon mariage ; J'suis si bien mis que les belP du village Veul' s'marracher. J'n'en dis pas davantage On a des mœurs, et puis Ton est époux.

Quoiqu'il soit doux

D'fair* des jaloux,

Contentons-nous D'être heureux en ménage.

Fallait bien inviter, Pour venir à not' noce, La femme du second boss (*) Et Yarrangeux tfmtquier.

(*) Terme usité dans les manufactures américaines, veut dire sous-contremaître. Prenoncez a l'anglaise.

Les ouiveurs, les ouiveuses.

Les spineurs, les spineuses, Les dâfeursy les spouleuses (*j Viendront après souper.

C'est aujourd'hui, etc.

Un grand Amérinquin Qui danse avec ma femme Trébuche et dit : Goddame !

Moi j'saisis c't'égrefin, Je lui flanqu' par la tête Un coup d'poing, que j'répète, Et j'iui crie à tue-tête :

N'sais-tu pas, grand coquin,

Qu'c'est aujourd'hui, etc.

Alors le bacchanal Redoublant de furie, Tandis qu'on s'injurie, Ma femm' veut s'trouver mal ; Je m'empresse autour d'elle, J'ia chéris, je l'appelle ; Un r*gard de sa prunelle M'dit qu'il faut quitter l'bal.

C'est aujourd'hui, etc.

(*) En anglais : '* Doffers, ** " spoolers, " " spinners " et " weavers "

Ne vous mariez pas, Surtout Tjour de vos noces ; Si vous craignez les bosses, Evitez les faux pas ; Fuyez Paventurière, Et la femme légère, Ou pleine de mystère, Qui nVeut plus à'ces lits bas.

C'est aujourd'hui, etc.

Montréal, 27 septembre 188 1.

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