MES VERS
Air : — Thomas et moi.
Amis, notre grandeur future Etonnera tout l'univers ; Déjà notre littérature A produit Pauteur de mes vers.
Enfourchant son Pégase étique, Bélanger courtise Apollon, Sa muse est bien un peu rustique, Mais lui devrait être colon.
A Bytown, ville où les poètes
Sont bien pervers, Quelles blagues n'a-t-on pas faites, Témoin, témoin " Mes vers. "
Bien loin de faire le bravache,
Il préféra tout bonnement
Dire : " C'est trop fort pour ma vache, "
Puis, il pondit énormément.
Il n'osait pas tendre au Parnasse
Sur un dada non décoré
Mais voilà qu'en France il menace
De faire oublier Honoré,
A Bytown, etc.
(*) Les italiques désignent les expressions empruntées au volume de poét-s ayant pour titre " Mes Vers " et publié par M. Bélanger.
C'est certain, son Pégase amuse ; Levant la queue en amateur, Il contemple les Ris, la Muse Et l'homme " au pied de la hauteur. " " II ira , " jusqu'à ce qu'il crève, Si l'auteur tend à dégoûter Le lecteur, sans merci ni trêve Il voudrait nous asticoter.
A Bytown etc.
Allez, dit-il, courez le monde Mes chers petits vers (à péchés) ; Proclamez ma verve féconde Qui dans ma cour vous a lâchés.
Depuis longtemps, vers domestiques, Vous pulluliez à la maison, Allez écœurer les critiques ; Cherchez un nouvel horizon.
A Bytown etc.
Or, dès qu'il eut lâché la bride A ces enfants si bien gâtés, Chacun voulut perdre une ride.
Ses asticots sont mal goûtés.
Un jour, plus sérieux que frivole > Ayant chanté son président.
Il fonda la nouvelle école Qui met la poire sur la dent A Bytown etc.
Ottawa 17 mars 1882.