‹ Caprices poétiques et chansons satiriquesChapitre 79 sur 123 · MES VERS · texte numérisé non relu

MES VERS

Air : — Thomas et moi.

Amis, notre grandeur future Etonnera tout l'univers ; Déjà notre littérature A produit Pauteur de mes vers.

Enfourchant son Pégase étique, Bélanger courtise Apollon, Sa muse est bien un peu rustique, Mais lui devrait être colon.

A Bytown, ville où les poètes

Sont bien pervers, Quelles blagues n'a-t-on pas faites, Témoin, témoin " Mes vers. "

Bien loin de faire le bravache,

Il préféra tout bonnement

Dire : " C'est trop fort pour ma vache, "

Puis, il pondit énormément.

Il n'osait pas tendre au Parnasse

Sur un dada non décoré

Mais voilà qu'en France il menace

De faire oublier Honoré,

A Bytown, etc.

(*) Les italiques désignent les expressions empruntées au volume de poét-s ayant pour titre " Mes Vers " et publié par M. Bélanger.

C'est certain, son Pégase amuse ; Levant la queue en amateur, Il contemple les Ris, la Muse Et l'homme " au pied de la hauteur. " " II ira , " jusqu'à ce qu'il crève, Si l'auteur tend à dégoûter Le lecteur, sans merci ni trêve Il voudrait nous asticoter.

A Bytown etc.

Allez, dit-il, courez le monde Mes chers petits vers (à péchés) ; Proclamez ma verve féconde Qui dans ma cour vous a lâchés.

Depuis longtemps, vers domestiques, Vous pulluliez à la maison, Allez écœurer les critiques ; Cherchez un nouvel horizon.

A Bytown etc.

Or, dès qu'il eut lâché la bride A ces enfants si bien gâtés, Chacun voulut perdre une ride.

Ses asticots sont mal goûtés.

Un jour, plus sérieux que frivole > Ayant chanté son président.

Il fonda la nouvelle école Qui met la poire sur la dent A Bytown etc.

Ottawa 17 mars 1882.

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