SES VINGT ANS
(Parodie)
Je ne sais s'il a dès l'enfance Eprouvé du sort la rigueur, S'il s'abandonne à la souffrance A l'amertume, à la langueur, Si des soucis le noir cortège Nargue ses efforts impuissants, Mais ses vers sont froids comme neige.
Et pourtant il n'a que vingt ans.
Pourquoi rimer, jeune poète ?
Ne vois-tu pas que l'aquilon Profane le jour de ta fête En te soufflant un froid sans nom ?
Peut-être active-t-il la flamme Qui te consume en ton printemps ; Pardon, c'est l'hiver, mais ton âme Se refroidira dans vingt ans.
Lorsque tu plains la pauvre mère Qui voit à ses pieds son enfant Mourir, vaincu par la misère, Ton cœur s'émeut Rien d'étonnant Ma foi c'est un triste spectacle, Ce tableau des plus émouvants Tu Tas vu cent fois. C'est miracle !
Hélas ! car tu n'as que vingt ans.