TOUCHANTS ADIEUX
Air : — Un beau navire à la riche carène*
Un muscadin, à l'œil terne, au front pâle, Allait quitter la Chambre d'Ottawa, Lorsqu'un loustic de notre capitale, Sur son passage ainsi l'apostropha :
" Si tu reviens je veux manger ma tête !
On ne veut plus de toi dans ton cdmté ; On t'avait pris pour une bonne bête, Tu t'es conduit comme un âne bâté.
Prends à l'instant la poudre d'escampette ; Au Parlement fais d'éternels adieux.
Tu n'y peux rien ; on ferme la buvette ; Ton travail cesse, il faut vider les lieux.
Si tu reviens, etc.
N'entreprends, pas la prochaine campagne, Dans ton comté l'on sait ce que tu vaux.
Nul, excepté ta fidèle compagne, N'est satisfait de tes obscurs travaux.
Si tu reviens, etc.
A tes projets si l'on se montre hostile, C'est qu'on voudrait changer de nullité.
Le peuple, hélas ! n'est pas bien difficile, Mais s'il l'était, serais-tu député ?
Si tu reviens, etc.
Ottawa, 8 mai 1882.